‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 61 sur 250 · A * 1 • 1 A /» . , ITALO-ORECQ.UE · texte numérisé non relu

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de chaque cote de petites chaînes fines terminées par des clochettes, forment une série qui va du numéro loi au numéro 107 au musée du Louvre.

Presque toutes ces pièces ont été trouvées dans une tombe, à Vulci. Les qualités de ces mignons bijoux sont presque invariablement les mêmes; il serait fastidieux d'insister à propos de chacun; cependant il importe de remarquer dans ceux-ci l'emploi de Témail. L'émail blanc du corps du cygne, par exemple, devient d'un bleu verdàtre sur la tête, et les ailes sont nuancées; le pson est émaillé en bleu. C'est la première occasion que nous ayons de constater l'apparition de l'émail posé et fondu sur la pièce même, dans les bijoux de l'antiquité. Nous avons vu, en étudiant les bagues, que les anciens Égyptiens émaillaient par la fusion des scarabées de schiste. Nous verrons, dans une autre partie de ces études, qu'ils faisaient emploi d'émaux, ou plutôt de pâtes vitrifiées BOUCLE D'OREILLE qu'lls ajustalcnt dans des alvéoles et qu'ils y faisaient

A CTGNE ^MAILLé. «in

tenir en les collant; mais nous n avons encore rencontré nulle part l'emploi de l'émail fusible fondu au feu sur l'or même. Cependant L. Falize, dans son remarquable rapport sur l'exposition de Nuremberg*, dit qu'il a tenu entre ses mains un bracelet égyptien, dont les cloisons étaient remplies de véritable émail vitrifié sur la pièce même. Il ajoute que ce bijou ne remonte pas plus haut que les Ptolé-

I. Lettre de M. Josse {Revue des Arts décoratifs, 6« année, n" 2 et 3).

,io LES BIJOUX ANCIENS ET MODERNES.

mées. Alexandre Castellani m'avait déjà affirmé le même fait. Or les boucles d'oreilles émaillées dont je parle ont été trouvées dans les tombeaux de l'ancienne Tarquinies; elles remontent, par conséquent, aux Romains de la première république. Je dois à l'obligeance de M. Danicourt d'avoir vu, dans sa collection, une autre paire de boutons d'oreilles en or pâle, après lesquels sont suspendus de petits oiseaux émaillés en plein, d'un bleu turquoise aussi frais, aussi brillant que s'il venait d'être posé^ et sur la nature duquel, par conséquent, il ne peut exister aucun doute : ils sont de même provenance. On peut donc conclure que si l'émail fusible était employé par les Romains de la première république, il n'existe aucune raison pour que les Égyptiens ne le connussent point sous les Ptolémées, surtout si Ton tient compte de l'empressement avec lequel Ptolémée-Soter attira dans son royaume tous ceux des peuples dont les arts et les sciences pouvaient contribuer à y faire fleurir l'industrie et le commerce.

Il faut donner une attention particulière aux numéros io8 et de 119 à 120, au musée du Louvre. Leur ensemble offre d'heureuses variations du même thème. C'est une sorte de petite amphore toujours suspendue après un motif charmant et bien proportionné. Le numéro 108 me semble particulièrement joli. Le bouton en est fait d'un grenat

PENDANTS D'ORBILLBS ^TRUS^VES.

rond, tenu dans un chaton formé de cercles concentriques en astragale et en fil, avec un bord dentelé et granulé; un vase, dont la panse est faite d'un grenat tenu dans des ornements d'or, est suspendu au bord inférieur du chaton et porte latéralement deux chaînettes terminées par des clochettes. L'un des deux pendants n'est pas en tous points semblable à l'autre, mais toutes les parties dont il est composé sont égale-

ANNEAUX ET PENDANTS. m

ment antiques. Le numéro 1 14, tout en or, est aussi d'un dessin agréable, et le numéro 119 est remarquablement coquet. J'ai eu l'occasion d'admirer à Rome, dans la collection d'Aug. Castellani, un délicieux petit bijou à peu près semblable. J'y ai vu aussi, et je saisis cette occasion d'en parler, une paire de pendants de la plus belle époque grecque, faits de deux jolies têtes diadémées, repoussées en ronde bosse et d'un travail absolument délicieux. Les diadèmes ou stephanes sont enrichis de filigranes d'une ténuité extrême, la figure est ornée d'un collier et de boucles d'oreilles travaillés de même à la main et rapportés. Le contour général de la pièce et la disposition des plans sont d'une élégance dont rien n'approche. Elle a été trouvée à Kertch.

Un grand pendant qui a fait beaucoup de bruit, ^Èt^V

et que tout le monde a admiré de confiance, est celui ^^

que décrit ainsi le catalogue du ci-devant musée Napo- pendant d'o»eille léon III, sous le numéro 112: °^^^'

« Croissant bordé, à sa partie supérieure et inférieure, d'une suite d'anneaux disposés en astragale, et garni aux deux extrémités d'une palmette en cordelé. Au-dessus du croissant, s'élève le char du soleil, conduit par le dieu lui-même qui a la tête radiée. Au-dessous est suspendue une sorte de coupole, ornée de fleurs et de feuilles en cordelé, et supportant cinq groupes de chaînettes terminées en palmettes, en rosettes et en amphore, ou en perles de verre rouge. La chaînette du milieu de l'un des pendants porte une perle de verre rouge avec une zone d'émail blanc. Les divers groupes sont séparés les uns des autres par de petites amphores. De chaque côté du croissant, une Victoire ailée dont un des pieds pose sur la coupole, et qui porte d'une main un trophée et de l'autre une fleur. Ces admirables pendants d'oreilles ont été trouvés dans une tombe de Bolsena, l'ancienne Vulcinii. »

Voilà bien des choses ! Si je veux me figurer ce bijou sans l'avoir vu et d'après la description qui précède; j'y trouve plus sujet encore à étonnement qu'à admiration ; mais si je le regarde, mon étonnement change d'objet et vient de ce que je ne comprends pas aisément qu'on l'ait tant admiré.

La première qualité d'un bijou, c'est l'élégance de la forme. Je n'en trouve aucune dans cet assemblage de chaînes et d'amphores tombant en une lourde masse perpendiculaire. Je conviens que le

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