ANNEAUX RAPPORTÉS DE STRIE
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ANNEAU D'OREILLB, Om ET AMBRE.
ANNEAU DE CHEVEUX
ment proportionnée à la grosseur de la corne tordue, à laquelle elle est rattachée par une collerette granulée, produit tout d'abord un harmonieux effet. Un anneau, jouant librement dans la corne, supporte un petit génie ailé dont le dessin et le modelé révèlent un art absolument maître de lui. Le génie de Tun des pendants joue de la lyre, celui de l'autre tient des crotales.
Ces petits sujets, obtenus par le procédé du repoussé, ont une hardiesse de mouvement étonnante. Les contours en sont habilement accentués, quoique traités grassement. Ces quatre beaux objets ont été rapportés de Syrie.
Le musée du Louvre, qui en possède dans le même genre, n'en indique pas la provenance ; mais on est fondé à leur attribuer la même origine, non seulement à cause de la similitude de fabrication, mais aussi parce que beaucoup d'entre eux représentent des têtes de nègres, du numéro 85 au numéro 89. Ces têtes sont en ambre et fixées après la partie renflée de la corne. Le catalogue indique qu'elles sont relativement modernes, les anciennes ayant été détruites. A côté de celles-ci, j'en vois d'autres terminées par des têtes de lion en or, allant du numéro 95 au numéro 98.
Il faut encore mentionner une grande et belle paire d'anneaux, numéros 2826 et 2826, au Cabinet des Antiques, dont le motif principal est une tête de panthère d'un beau travail repoussé, d'origine grecque probablement. Cette tête est reliée à la torsade d'or, qui est faite de deux fils d'inégale grosseur, par une succession d'astragales découpés en collerettes, encadrant un grain rond de couleur verte. Elle mord des chatons dans lesquels des pâtes de verre rouges et vertes sont serties pour imiter le grenat et l'émeraude. Les artisans d'alors, amoureux de la couleur, employaient quelquefois, on le voit, des perles de verre taillées, dans les objets les plus finement travaillés, afin de produire un effet analogue à celui des pierreries.
Pour clore cette série, j'ai conservé à dessein un grand pendant, numéro 465 de la collection de Luynes, parce qu'il est fort beau, et
ANNEAU DE CHEVEUX
ANNEAUX ET PENDANTS
aussi parce qu'il nous révèle quelle devait être l'importance du rôle de ce bijou dans la toilette d'une grande dame. Il provient de Syrie, c'est dire qu'il est empreint d'un grand sentiment décoratif, comme toutes les pièces de cette provenance, qu'à la rigueur on pourrait considérer comme des bijoux phéniciens.
Une belle tête de bacchante, d'un travail repoussé gras et spirituel, est gracieusement renversée en arrière et supportée par deux perles d'or d'inégale grosseur. Trois astragales, formés par des grains d'or disposés en collerettes, relient ces différents motifs qui se terminent par la torsade, que je trouverais un peu grêle à la base, si elle n'était destinée à porter le pendant qui vient la compléter, et qui se compose d'une agate rubannée taillée en amphore, ornée de deux petites anses en or et reposant sur un socle carré, au-dessous duquel pend encore un chaton orné de grains dont la pierre manque. Une chaînette composée de petites perles d'or, alternant avec d'autres en pâtes de verre reliées par des mailles d'or idéalement légères, part de Ja racine de la torsade.
Il faut admirer, dans cet ensemble, avec quelle entente de l'effet, le gros chaton qui pend en bas rappelle la note solide que donne en haut la tête de bacchante, et combien ces deux points importants sont habilement mis en opposition par la délicieuse petite amphore qui les relie. La chaîne n'est pas entière. Il en manque certainement. Elle était sans doute destinée, dans la parure, à se rattacher par son extrémité à une épingle dans les cheveux. Il y a là toute une révélation. Ce mélange du goût oriental et du raffinement grec, cet amour du grand décoratif allié à la recherche du mignon et du délicat, jettent un jour très vif sur cette civilisation disparue.
Cette belle pièce va nous servir de transition pour aborder une variante du type que nous étudions. Cette variante diffère en ce que la corne devient fine et prend l'allure d'une simple torsade destinée à attacher un sujet quelconque à l'oreille. L'acheminement vers la boucle d'oreille, telle que nous la comprenons de nos jours, continue. A part
PENDANT d'oreille TROUVÉ EN aYRIE.
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BOUCLE D'OREILLK JTALO-GRBC<^UE.
une pièce, qui représente i'avant-corps d'un sphinx aux ailes étendues et ciselées et qui porte le numéro 90 au musée du Louvre, c'est au Cabinet des Antiques qu'il faut aller pour trouver cette variante.
Un couple de colombes, posé sur un petit socle carré, soutient un chaton rond en or, garni d'une pâte de verre imitant le grenat. Ce chaton est surmonté d'un motif léger filigrane, ne forme d'aigrette. De la queue de chacune des colombes part une torsade faite de deux fils, qui vont s'amoindrissant jusqu'à se réunir pour n'en faire qu'un et former le petit crochet de la brisure. La gorge des colombes est ornée d'un granulé très fin, disposé en lignes horizontales, et se terminant en deux pointes, qui descendent à droite et à gauche de l'oiseau. Les plumes des ailes sont indiquées par des cordelettes. Ce bijou porte le numéro 2866.
Il est naïf et charmant.
Un sphinx femelle, accroupi sur un petit socle carré, et dont la queue prolongée en torsade se termine par le crochet de la brisure. Il a sur la tête un écusson orné d'une pâte grenat; numéro 283 1.
Signalons en terminant l'aigle enlevant Ganymède, numéro 2865, travail moulé et ciselé dont l'anneau manque.
Le musée Poldi-Pezzoli, à Milan, possède, dans ce genre d'ouvrage, un lion accroupi, dont la tête est couronnée d'un motif assez semblable à celui qui est sur la tête des deux colombes.
Ces pièces suffisent pour donner une idée de la variante qui nous conduit insensiblement au type qui suit, dans lequel l'anneau cesse de participer à l'ornementation et devient une simple brisure, comme, par exemple, ce pendant d'oreille, numéro 2842, au Cabinet des Antiques, dont le centre est orné d'une pâte de verre imitant le grenat, et dans. l'anneau duquel pend une colombe posée sur une base carrée. Les ornements de fils et
BOUCLE O OREILLE ITALO-GRECq,UE.
BOUCLE d'oreille ITALO-GRECq.UE.
ANNEAUX ET PENDANTS. 109
de grains, très finement traités, qui décorent cette pièce, sont disposés d'une manière simple et cependant fort originale. La colombe est estampée de deux coquilles.
Deux autres paires, du même genre, ne sont plus munies que de crochets simples, dits à ntalienne, et à la suite^ nous rencontrons nombre de sujets, de petits génies particulièrement, que l'ouvrier s'est contenté de suspendre par le même procédé, ce qui nous amène directement au mode de suspension moderne, qui forme le cinquième type.
Des cygnes, des colombes, des paons, des coqs moulés, ciselés et émaillés, suspendus à de petites patères en or, ornés de filigranes et accompagnés «o""-"^ D'o»EittB