‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 63 sur 250 · IJ · texte numérisé non relu

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PENDANTS A PYRAMIDES R B N V ERS é E S.

repoussé. Chacun des angles de la base de la pyramide est relevé en palme, et il y pend une chaîne terminée par un motif, aveline ou amphore. Ceux qui portent le numéro 478, dans la collection de Luynes, au Cabinet des Antiques peuvent en donner une idée, comme construction, bien qu'ils soient de proportions plus acceptables et qu'ils soient dépourvus de chaînes pendantes.

On raconte que les boucles d'oreilles ornées de pendants atteignaient quelquefois un poids tel, que les oreilles en étaient blessées, au point de nécessiter des soins spéciaux, et que certaines femmes nommées aiiriculœ ornatrices faisaient métier de soigner et de guérir ces blessures.

Il faut convenir que, si les énormes objets dont il vient d'être question se portaient réellement suspendus aux oreilles, ce récit n'a rien qui doive étonner.

Nous retrouvons encore le motif de la pyramide renversée, à trois faces, dans un petit objet portant le numéro 126 au musée du Louvre. Il est d'origine étrusque et a été trouvé à Vulci.

Un dernier type nous reste à examiner chez les Italo- Grecs. C'est celui qui a la forme d'une sorte de petit manchon ou de selle, et dont l'effet à l'oreille ne me paraît pas avoir été incontestablement joli.

Celui (numéro 477) de la collection de Luynes est recouvert d'un fouillis d'ornementation rappelant quelque peu les cannetilles faites en carton doré dans lesquels on a coutume d'enfermer les reliques.

Le Louvre possède une collection de ces bijoux qui va du numéro 68 au numéro 88. Ils offrent des variantes nombreuses par la façon dont ils sont décorés. La finesse en est très grande.

BOUCLE

d'oreille étrusq^ue.

BOUCLE d'oreille ÉTRU8<^UE.

BOUCLE

d'orfille italo grecq.ue.

BOUCLE

d'oreille

roriginalité de Tinvention est très grande aussi. Bien qu'on puisse faire la remarque que ce bijou était un peu lourd d'aspect et qu'il devait

cacher la partie la plus de'licate de l'oreille, on doit cependant convenir qu'il offre un caractère bien particulier. On serait tenté d'en attribuer l'invention aux Étrusques, car tout ce qu'en conserve le Louvre provient de leur fabrique. M. Aug. Castellani en possède un de même origine, qui est très fin. Il n'est pas aussi fermé par le haut et a plutôt la forme d'une gouttière que celle d'un manchon. Ses proportions réduites la rendent plus aimable que les autres.

Je me suis appliqué à faire, autant que possible, ressortir les six grandes divisions que semblent offrir les anneaux d'oreilles de provenance italo-grecque. 11 reste maintenant à examiner quelques petites fantaisies qui n'ont pu trouver leur place dans cette classification, telles que : Les pendants d'oreilles n° 2846, au Cabinet des Antiques, dont le bouton est fait d'une patère entourée de grains et ornée au centre d'une fleur, après lequel pend un vase à pied carré, décoré de lauriers rapportés à la main. Ce travail, d'une finesse remarquable, est d'origine grecque.

Une petite manne tressée en or très délicatement, pour imiter en miniature le travail du vannier, dans laquelle sont posés des fleurs et des oiseaux. L'anse de la manne est retenu par un ruban sur Jequel figure une petite sauterelle faite à la main, dont l'allure est remarquable d'exactitude. Je suppose que les ailes de la sauterelle ont reçu de l'émail qui a disparu. Ce bijou porte le numéro 482, collection de Luynes. Il révèle dans sa naïve simplicité une conviction sincère de la part de l'ouvrier qui l'a exécuté, ainsi qu'une tranquillité d'esprit, je dirais presque une honnêteté extraordinaire.

Deux paires de pendants d'oreilles sans numéro, au Louvre. L'une dont l'anneau du haut est fait d'un fil rond garni de deux petits

BOUCLE

d'oreillr

ROMAINE

ANNEAUX ET PENDANTS

BOOCLE

d'oreille

ROMAINE

astragales, et dont le pendant est plat, ce qui produit une heureuse opposition. L'autre, faite de deux poissons jumeaux. Peut-être faut-il voir dans ce dernier bijou Temblème si cher aux premiers chrétiens, qui Tavaient choisi à cause de l'arrangement des lettres rt

grecques qui forment le mot l^ô^ç-

Ces deux pièces datent sans doute des dernières années de l'empire romain.

Il me faut encore mentionner un bijou particulier dont j'ai vu, au musée de Naples, beaucoup de semblables, qui ont été trouvés à Pompéi. Ce bijou, fait en or tout uni, est très léger, a la forme du tiers d'une petite pomme d'api. Il est muni derrière d'un crochet fixe à double révolution. La disposition du crochet ne pouvant permettre d'y voir une boucle d'oreille, j'ai cherché quel en pouvait être l'usage, et j'ai acquis la conviction que nous nous trouvons encore une fois en présence d'un anneau de cheveux. La double révolution du fil permettait d'y faire passer la mèche des cheveux deux fois à contresens, ce qui faisait tenir le bijou d'une façon très solide, et les cheveux, en reprenant leur place, venaient s'appuyer de chaque côté sur les faces plates, ne laissant voir ainsi que la partie rebondie. Les dames en semaient certainement plusieurs dans leur coiffure.

La mode qui avait, dans le principe, fait enterrer les morts avec leurs bijoux, ayant été faussée par des raisons de vanité ou d'économie, on adopta, en Italie, la coutume de faire des bijoux spéciaux destinés à cet usage. Il était indispensable que ces bijoux fussent très étendus et, de plus, très bon marché.

Le Louvre en possède plusieurs spécimens allant du numéro 5i au numéro 57. Une feuille d'or quasi-pelliculaire, et estampée d'un seul coup, en fait tous les frais. Je n'en parle que pour mémoire, car s'ils offrent quelque intérêt au point de vue des coutumes, ils n'en ont aucun industriellement parlant. Ils sont presque tous la copie défigurée et démesurément agrandie des- boucles d'oreilles ou anneaux de cheveux portant le numéro 54.

Les Grecs donnaient aux boucles d'oreilles le nom d'ellobes, les

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