MORTUAIRE
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CROTALIUM.
Latins les appelaient inaures. Bien que les jeunes Grecs en aient quelquefois porté à une seule oreille, il est certain que les dames seules en faisaient un constant usage, en Italie et en Grèce. Lorsque ces bijoux étaient faits d'une seule pendeloque, ils leur donnaient le nom de stalagmium. Le Musée britannique en possède un original antique.
Ils appelaient crotalium un pendant fait de deux ou de plusieurs perles d'un volume assez gros pour produire un bruit aigu, lorsque le mouvement de la tête les faisait s'entre-choquer. Je regrette de n'avoir rencontré nulle part ce bijou musical, sur lequel Pline et Pétrone ont fourni le renseignement qui précède ; mais, à défaut d'autres, je donne les dessins des crotalium que j'ai eu l'occasion de voir et
qui ne produisaient pas le ^ ^^ ^ ^ ^ -^
moindre bruit. Il en existe %j^^mP ^^^4b5'^
trois paires dans la collée- """ "
tion de M. Auguste Castel-
lani. L'une est faite d'un grenat cabochon retenu par un croissant d'or,
auquel sont suspendues deux pendeloques en verre bleuâtre. Les pendants des deux autres sont faits de perles fines percées de part en part et retenues par une tige dont on aperçoit en bas l'extrémité.
Le Musée de Naples en possède une grande quantité, de tous points semblables les uns aux autres. Elles proviennent des fouilles de Pompéi.
Il n'était pas rare que les anciens fissent des trous aux oreilles de leurs statues pour y passer des anneaux d'or souvent enrichis de pierreries. On en a trouvé plusieurs exemples à Herculanum et ailleurs, et il est facile de voir au Louvre, dans une des vitrines gréco-babyloniennes, deux
PENDANTS d'oreilles ROMAINS.
ANNEAUX ET PENDANTS
Statuettes en marbre blanc dont les oreilles percées sont encore ornées d'anneaux de métal. On se rappelle également les belles têtes de Ramsès II, qui sont conservées au British Muséum, et dont les oreilles ont été préparées pour recevoir des bijoux.
La fabrication romaine, surtout vers la fin de l'Empire, devient lourde et empâtée. Elle vise à l'effet; le souci de bien faire disparaît. A voir la prodigalité avec laquelle on emploie l'or, on peut juger que la vanité de la richesse a remplacé le goût de la recherche et des fins détails.
Le numéro m, au musée du Louvre, avec son petit mascaron en haut, sa grosse perle baroque et son gland fait de chaînes terminées par des perles, rappelle encore quelques souvenirs des époques précédentes; mais le numéro 166 est barbare, et l'originalité de ceux qui sont au British Muséum ne peut faire oublier le peu de finesse qu'ils comportent. Au Cabinet des Antiques, je vois trois pièces qui appartiennent à la même période.
Le numéro 2848 est si pesant d'or, que je doute qu'une oreille humaine ait jamais pu le supporter, et cependant il nous semble difficile de lui attribuer une autre destination que celle que nous avons cru devoir lui donner ici.
Celle sans numéro est également bien pesante, surtout à cause de la pièce d'or qui s'y trouve suspendue.
On retrouve encore dans les deux objets que nous venons de décrire l'emploi des fils et des grains; mais déjà, il faut le reconnaître, la dénomination àt Jiligranes, avec l'idée de finesse que ce travail comporte, ne peut plus leur être appliquée.
PENDANT
d'oreille
ROMAIN
PENDANTS d'oreilles ROMAINS.
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BOUCLE
d'oreille
ROMAINE
Les granulations sont énormes, les fils sont gros, le travail en est bâclé.
Le numéro 2854 est conçu dans un autre ordre d'idées. Il est fait d'un assemblage de pierres. Celles d'en haut et celles d'en bas paraissent être des cornalines, et celles du centre, un grenat. On remarquera que le pendant ne présente pas, sa face sur le même plan que l'anneau, mais bien sur le côté, de sorte que, quelle que soit celle des deux parties de l'objet qu'on regarde de face, l'autre est toujours vue de profil. La même disposition existe dans la pièce précédente sans numéro et constitue l'originalité de la construction de ces deux objets. Je mets ici un pendant d'oreille, de provenance inconnue, catalogué, au Musée de Saint-Germain, sous le numéro 26801, parce qu'il est plein d'originalité et qu'il me semble appartenir à la même époque.
Le musée de Poldi-Pezzoli, à Milan, en conserve trois ou quatre du même type. La forme du pendant est hémisphérique. — La partie qui se présente de face est plate, pleine et ornée d'une émeraude fausse au centre et de quatre verres rouges, disposés en branches de croix, que séparent quatre granulations posées sur des anneaux, le tout entouré d'une cordelette.
Le dessous, qui est au contraire bombé et à jour, est fait de rubans d'or tournés sur champ, formant une ornementation qui ne manque pas d'élégance. Une sorte de coulant, orné de cinq petites verroteries, assez originalement placé, relie ce motif au fil qui lui sert de brisuret. Cette pièce, dans sa rudesse, offre quelque analogie d'agencement avec les bijoux italo-grecs.
Je n'ai pu trouver d'anneaux d'oreilles gaulois d'une provenance bien certaine, mais j'en rencontre quelques-uns d'origine gallo-romaine. Le numéro 27634, que conserve le Musée des antiquités nationales à Saint-Germain, est répété à plusieurs exemplaires. Il provient de Saint-Jean- sur-Tourbe, dans la Marne. M. Frédéric Moreau en possède également un qui a été trouvé à Trugny. Ce modèle semble avoir été passablement répandu. Il est en or assez mince, orné de
BOUCLE d'OREILLX ROMAINE.
ANNEAUX ET PENDANTS