PENDANT ITALIEN
Coll. de M. S. Koch.
Daniel Du Monstier, conservée au Louvre. La mode se continue pendant tout le xvm® siècle, et si parfois on rencontre une exception, comme, par exemple, le portrait de la Dauphine, Marie de Saxe, l'exception confirme encore davantage la règle, car les pendants d'oreilles de celle-ci sont composés chacun de trois grosses perles poires.
Aussi les quelques dessins de boucles d'oreilles que j'ai eu le bonheur de rencontrer sont-ils d'origine étrangère. En voici un qui est italien. Les deux pierres centrales, qui sont des roses, sont serties à fond dans l'argent. Leurs chatons, formés en demiboules, sont très gros par rapport à la pierre, qui est à peine visible au centre. L'ornementation du tour est formée par des chatons allongés en pépins, entrecoupés de pointes d'argent faisant rayonnement. Les roses n'ont que trois ou quatre facettes et sont sur fonds, mais le serti en est spirituel, comme tout ce qui se faisait alors.- L'emmaillement des deux motifs est dissimulé par un petit ruban transversal en or, ce qui est une des caractéristiques de l'époque. La brisure en argent est munie d'un large anneau, dont la destination est de maintenir le bijou perpendiculairement lorsqu'on en fait usage.
En voici un autre d'origine hollandaise. Il est formé d'une sorte de vase rempli de fleurs, et exécuté tout en diamants façon table, sertis à fond. Le bouquet, en argent, est agrémenté de petites frisures également en argent. La grosse fleur domine, notamment au centre. La joaillerie du vase est faite en or. L'effet de ce bijou est agréable, mais le travail du dessous est massif et grossier. Ces deux pièces appartiennent au commencement du xvii® siècle. Ce grand pendant est bien probablement d'origine portugaise. Il fait songer, à cause de ses dimensions, à ceux d'Éléonore de Castille, dont il est question plus haut. On y remarquera la figuration fréquemment répétée, en petit, de la cosse de pois, qui fut très en vogue à l'époque Louis XIII, et dont Petrus Marchant nous a laissé des dessins. Ces petits motifs sont reliés entre eux par un système d'ornementation fait de fils écrasés au lami-
PBNDANT HOLLANDAIS
Collection de M. S. Koch.
ANNEAUX ET PENDANTS
noir, tournés sur champ et assemblés par la soudure. Les trois chatons, occupant les centres, sont des espèces de cônes tronqués, dont le sommet est occupé par un jargon à quatre facettes serti à fond. L'effet général de ce bijou est coquet et mignon, bien que les procédés d'estampage employés dans certaines parties soient quelquefois grossiers. La gentille conception de l'ensemble fait oublier cette imperfection. Les emmaillements en sont, comme de coutume, dissimulés par des anneaux rubannés à trois côtes. Cette pièce date vraisemblablement de la seconde moitié du xvn® siècle.
Le pendant qui suit commence à ressembler à une pièce de joaillerie. Il appartient au commencement du xvni* siècle. Le serti des roses, taillées à quatre faces et montées à fond, est fait en argent. Il simule, par des filets couchés dans certaines parties, les encoches des feuilles et les retroussis de leurs extrémités. Les rubis, également à fond, sont montés en or dans la forme d'un bouton de rose. La fabrication de cette pièce est grossière par-dessous, mais le serti en est fait avec une telle élégance, une telle entente du mouvement de chacune de ses parties, qu'elle fait plaisir à regarder. Nous aurons à revenir sur cet art séduisant, aujourd'hui complètement ignoré de nos ouvriers, lorsque nous étudierons des pièces plus importantes.
Voici maintenant une délicieuse boucle d'oreille italienne qui date presque de la même époque. Elle est tout en or, exécutée à la main, étonnamment bien faite, d'une élégance de forme très grande et mignonnement ciselée au possible. C'est comme un regain de la belle fabrication du xvr siècle; mais l'exiguïté des pierres par rapport à l'étendue des chatons, et les griffes couchées qui les sertissent, indiquent clairement à quel temps elle appartient.