CHAPITRE IV
COLLIERS ET PENDANTS DE COU
Il n'est pas, dans l'architecture du corps humain, une place plus indiquée pour recevoir un bijou que l'attache du col.
Le contour du collier y est admirablement tracé. Son inflexion sera charmante, par derrière, sur la nuque, au-dessous des cheveuxfollets ; les épaules, en le relevant légèrement de chaque côté, lui fourniront un point d'appui gracieux, et la poitrine lui réserve, par devant, un nid privilégié, où son élégance et sa richesse viendront s'étaler à plaisir. Aussi peut-on affirmer, sans crainte de se tromper, que la première femme qui fit son apparition sur la terre y vint bien peu de temps avant le premier collier.
Des fleurs, des baies éclatantes, des coquilles nacrées, des plumes aux vives couleurs apportèrent leur tribut à sa coquetterie, jusqu'au jour où furent découverts l'ambre, le corail, le verre et enfin l'or, l'argent, le bronze et les pierres précieuses.
L'homme aussi s'était paré du collier, mais il lui donnait une autre signification. Il le composait d'annelets de pierre ou d'os, de dents et de griffes des grands carnassiers ; c'étaient les trophées de ses victoires sanglantes, de ses luttes avec la nature, des premières conquêtes qu'il faisait sur elle. Il les montrait avec orgueil.
Peut-être une suite de traditions conserva-t-elle ce prestige glorieux au collier, lorsque la civilisation modifia les rudes éléments dont il était composé, et les remplaça par des produits industriels, car chez les Égyptiens, auxquels nous devons la connaissance des usages les plus anciens, il était resté le signe de la virilité. « Il orne le cou du dieu Klem, seigneur de la virilité... » « Le collier d'or était une haute récompense accordée par le roi, en retour de services éclatants. L'in-
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vestiture du collier est souvent figurée sur les monuments, et nous trouvons dans la Bible, à l'histoire de Joseph, un écho de cette cérémonie. Les colliers ordinaires se composaient de scarabées, d'amu-