COLLIER EGYPTIEN AVEC AMUIETTEI
jettes et de verroteries. Un contrepoids nommé menât le retenait sur répaule *. »
Ce collier était fait d'une bande circulaire de verroteries enfilées, formant des dessins divers, souvent ingénieux, et dont la largeur variait entre six et dix centimètres. On y suspendait tout autour des amulettes
r. Catalogue de la galerie égyptienne, par Paul Pierret, au mot Collier»
COLLIERS ET PENDANTS DE COU. ij|
attachées au bord extérieur. Non seulement le dessin en était formé par des combinaisons d'enfilages variées, mais souvent il était rendu plus intéressant encore par la disposition des couleurs. Les perles de corail, de lapis, d'or ou d'autres matières étaient groupées par zones alternées, de façon à produire de jolies oppositions. On peut juger à quelle variété infinie pouvait atteindre ce mode de fabrication, dont les exemples, du reste, sont aussi nombreux dans les bracelets que dans les colliers.
Les figurines funéraires de la V® dynastie, numéro A, Sg, 43, 46, 102, io3, 104, io5 et 106, au musée du Louvre, sont ornées de ce collier, qui leur plastronne les épaules et le haut de la poitrine.
On comprend que le poids énorme de ces colliers devait, à chaque mouvement du corps, les entraîner tout entiers par devant, et qu'un contrepoids fût nécessaire pour les maintenir en place. La note du catalogue, que j'ai citée plus haut, nous apprend que ce contrepoids est désigné sous le nom de menât. L'usage du menât était commun à d'autres peuples, car le Cabinet des Antiques en conserve un de provenance asiatique qui ressemble à une petite borne à quatre degrés, et qui n'a pas moins de cinq centimètres de hauteur, sans compter la bélière en or qui en a deux. Il est fait d'une simple pierre gravée sur toutes les faces et ne doit pas peser loin de cent grammes. Il passe pour avoir été trouvé sur le champ de bataille de Marathon. Les ménats étaient de formes variées, ceux qui nous restent des Égyptiens sont faits d'une lame métallique.
Ce collier, signe de virilité, n'était rien moins qu'un objet de coquetterie. Il avait une signification sérieuse qui primait absolument et reléguait à l'arrière-plan toute idée de parure. On se rappelle que nous avons à peine rencontré de boucles d'oreilles chez les Égyptiens, et que la bague y était le signe du pouvoir et de la fonction. Il faut donc admettre que, pendant de longs siècles, la bijouterie n'a pas eu chez ce peuple la destination qu'elle avait chez tous les autres. Le collier, porté par les hommes seulement, semble n'avoir eu pour objet que d'y suspendre de nombreuses amulettes, scarabées, ouza, angles, dad, colonnettes, olives, ta, cornes et divinités de toutes sortes. Ces amulettes fournissaient des armes préservatrices contre les dangers des jours néfastes, les puissances ennemies, etc., etc. En y trouvant la petite corne encore en usage en Italie et en rapprochant cette coïncidence de la vertu qui était attribuée aux amulettes, on peut supposer
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