‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 81 sur 250 · AMULETTE · texte numérisé non relu

AMULETTE

soient tous dépourvus de numéros, car j'aimerais en signaler quelquesuns, et je n'ai pour ce faire que la reproduction en gravure, moyen

FIGURINES iOTPTlBNNBS PORTéBS EN AMULETTES.

qu'on ne peut employer pour tous les objets. Je donne ci-dessus le dessin d'une petite figure qui est très fine, bien que très largement modelée

et remplie d'indications savantes.

On retrouvera au Cabinet des Antiques un Harpocrate et quelques autres sujets moulés et ciselés qui viennent compléter cette série.

Les mêmes figures ont été fréquemment reproduites en cornaline et en onyx. Ces matières dures ont toujours été difficiles à travailler, mais la fréquence des spécimens qui sont au Louvre nous dit assez combien la matière première était alors abondante, et combien la sculpture en pierres fines était habilement et usuellement pratiquée par les anciens Égyptiens.

On verra dans la salle civile P une série de six petits sujets, découpés à plat en or mince, qui sont le dad, l'urne, le ta, l'osiris, l'uraeus ailé et l'épervier, qui semblent avoir appartenu à un bijou sur lequel ils étaient incrustés ou collés. La fermeté et l'accent des contours en sont remarquables. Une

PENDANT éOYPTIEN.

COLLIERS ET PENDANTS DE COU

pièce d'un genre tout différent se trouve dans la même vitrine. C'est une grande plaque de forme ronde, munie dans le haut de deux charnons qui la relient à une sorte de gros anneau par lequel sans doute passait la chaîne de cou. Le repoussé, assez grossièrement exécuté en or mince, représente un épervier vu de face, les ailes éployées. Ce motif est agrémenté de granulations très fines, qui lui donne Taspect de passementerie ou de papier doré. Si cette fabrication est égyptienne, elle n'en a pas l'air. Elle doit appartenir, dans tous les cas, aux derniers temps de la monarchie.

Je ferai la même observation au sujet d'un collier en or estampé, composé de poissons, de crocodiles et de fleurs de lotus alternant avec de petites amphores, tous ces sujets étant reliés par le bas à l'aide d'un

COLLIBR écYPTIBN d' A R R A N C EM EN T ITALO-CREC.

cordon de billes en onyx rubannés, et soutenus dans le haut par une ligne faite d'olives estampées. La fabrication de ce bijou, qui semble n'avoir eu pour objet qu'un grand écoulement commercial, est lourde et grossière. Le dessin de la fleur indique, du reste, l'introduction en Egypte d'éléments étrangers.

Le pêle-mêle expectatif dans lequel sont présentés ces souvenirs d'un passé encore obscur met le curieux dans une grande perplexité. Il eût été désirable d'en pouvoir faire le classement, mais cette tâche m'a semblé impossible à remplir. Il est des monuments, tels que les bagues et les pectoraux, qui fournissent des renseignements chronologiques; mais les autres restent muets. Il en est même un grand nombre qui ont été trouvés par morceaux et reconstitués ensuite.

Les chaînes d'or que nous allons examiner ont au moins cet avantage de nous apporter quelque lumière.

Les Égyptiens faisaient admirablement la chaîne de fils d'or tressés. Ils la fabriquaient de toutes les grosseurs. On en verra comme exemples :

Dans la salle civile P, un collier fait de deux gros cordonnets qui sont reliés par un cadenas à trois autres plus fins, auxquels sont sus-

COLLIER éoYPTIEN FAIT EN CORDONNET d'OR TRBSSé.

pendus deux poissons et une fleur de lotus, et les chaînes d'or tressées, Tune à huit fils et l'autre à cinq, désignés sous les numéros 537 et 538, et trouvés par Mariette bey au sérapéum de Memphis.

Le musée de Boulaq conserve une grande et magnifique chaîne tressée, ayant o°',9o de longueur, dont chaque extrémité se termine par une tête d'oie recourbée. Après cette chaîne est suspendu un scarabée merveilleux, dont le carrelet et les élytres sont en pâte de verre bleu tendre rayé par de fins linéaments d'or. C'est un spécimen remarquable de la perfection qu'avaient acquise les ouvriers égyptiens dans les travaux d'incrustation. Les pattes du scarabée, dit Mariette

COLLIERS ET PENDANTS DE COU

bey, sont si fines, qu'on les croirait moulées sur nature. Elles sont soudées au corps, qui est d^or massif.

Cette chaîne et ce scarabée nous mettent en possession de renseignements précis. Ils proviennent du tombeau de la reine Aoh-hotep de la XVIIP dynastie. Ils permettent d'affirmer que, dix-huit cents ans avant notre ère, la chaîne tressée était non seulement connue, mais fabriquée dans la perfection, que l'art d'incruster les pâtes de verre avait dit son dernier mot, et que les Égyptiens connaissaient la soudure d'or à cette époque reculée, puisque, d'après Mariette bey, les pattes du scarabée ont été soudées après le corps.

Il a été trouvé dans la même sépulture une longue chaîne faite de mailles souples, dont le point de départ est un anneau rond fait d'un fil dor très mince dont on rapproche les deux côtés, en ménageant une boucle à chaque bout, et qu'on plie ensuite. Les anneaux ainsi préparés s'enfilent facilement les uns dans les autres. On peut voir une chaîne faite d'après ce principe, dans la salle civile P, au Louvre, sous le numéro 538. Après cette chaîne sont suspendues trois énormes mouches en or massif d'un très grand style. Le Musée de Boulaq possède un bijou semblable à celui-ci, dont les mouches en or massif n'ont pas moins de neuf à dix centimètres de longueur.

Un autre collier de même provenance est composé de plusieurs rosaces, auxquelles sont suspendues des ornements en forme d'amandes. Les rosaces en or sont incrustées de pierres, et les amandes en or sont recouvertes de pâtes bleues et rouges imitant l'émaiL On voit par ce renseignement précis que les anciens égyptiens cherchaient un

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