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UNE DES MOUCHES DU COLLIER DU MUSÉE DE BOULAQ

mode pour colorer l'or, mais qu'ils n'étaient pas en possession du moyen d'y appliquer de l'émail.

Je n'ai trouvé dans les bas-reliefs assyriens que trois colliers figurés. Ils paraissent être composés de grains enfilés, Les personnages qui en sont ornés représentent des divinités fantastiques pourvues d'énormes ailes et revêtues de la robe assyrienne. L'une de ces sculptures a une tête d'aigle; les deux autres, plus grandes, ont des têtes humaines. Elles proviennent du palais de Nemrod, x® siècle.. Je n'ai trouvé trace de collier sur aucun des autres bas-reliefs représentant des personnages de marque, bien qu'ils aient tous des pendants d'oreilles. De sorte que j'ai fait cette singulière réflexion que les Assyriens avaient des boucles d'oreilles et pas de colliers, tandis qu'au contraire les Égyptiens portaient des colliers et n'avaient rien aux oreilles.

Au fond de la salle du rez-de-chaussée, contenant les grands monuments assyriens, il existe une petite vitrine en forme de table, qui renferme de nombreux débris de colliers trouvés à Chypre, en Phénicie et en Chaldée. Ce sont des grains tantôt sphériques, tantôt allongés en olive, quelquefois cylindriques, en cornaline, en agate, en cristal de roche. Ils sont mêlés à quelques débris d'or dont if a été question au chapitre des boucles d'oreilles. En continuant . nos recherches dans la même partie du musée, nous trouverons trois statues qui vont nous fournir des renseignements très précis sur la manière dont les dames se paraient de ces colliers.

Deux statues dont j'ai déjà eu l'occasion de parler, celles à l'ourlet de l'oreille de laquelle pend accroché un rang de perles, sont ornées du même collier. D'abord quatre rangs de perles serrés, autour du cou, en occupent presque toute la hauteur; au dernier rang d'en bas est accroché devant un petit motif qui le dépasse. Un cinquième rang libre s'étend sur le haut de la poitrine, un autre pend plus bas encore. A chacun des deux est accrochée une pendeloque. Il faut convenir que l'ensemble de ce bijou est absolument élégant.

La troisième statue assise, dont j'ai également eu l'occasion d'entretenir le liecteur, à propos de ses anneaux de cheveux, formés chacun d'une triple rangée de perles, indique d'une façon plus précise encore l'emploi des pierres percées, cornalines, agates, etc.

Le collier est formé de quatre rangs montés, pour employer l'expression technique, en esclavage, c'est-à-dire que, se touchant tqus

COLLIERS ET PENDANTS DE COU

au point de départ, ils s'éloignent l'un de l'autre de plus en plus en décrivant leur circuit, de façon à laisser par devant un espace égal entre chacun d'eux. Le premier rang, composé de cylindres percés et enfilés, séparés par des perles, maintient au centre, sur le devant, une

STATUB TROUVEE A CHYPRE.

pierre de forme rectangulaire dont la sertissure est parfaitement figurée. Le second rang est semblable au premier, moins la pierre centrale; mais il tient suspendu un petit croissant tourné les deux pointes en bas. Deux autres croissants sont attachés de même, après les deux derniers rangs formés de perles rondes. Il est curieux de voir là, représentés en sculpture, les colliers tout montés, dont les grains désenfilés sont conservés dans une salle voisine.

Le caractère asiatique d'un collier trouvé à Rhodes est véritablement remarquable. Il est composé de sept plaques estampées suspendues à un fil, et répétant les deux mêmes sujets alternés. Quatre de ces plaques représentent une femme munie d'ailes éployées et coiffée du klaft. Elle tient de chaque main, suspendu par la queue, un animal dont Tun pourrait être un lion et l'autre une panthère. C'est TArthémis

persique. Elle représente un mythe dont, au temps de Pausanias déjà, personne ne comprenait plus le sens*. Deux fleurettes à dix pétales occupent l'espace laissé libre audessous des deux bêtes.

Les trois autres plaques nous montrent un centaure coiifédu klaft, ayant des jambes humaines au train de devant, ce qui est la figuration la plus ancienne du centaure. Il tient dans la main gauche, élevée au-dessus de sa croupe, une gazelle qu'il étreint par le cou.

A chacune des sept plaques sont suspendues cinq perles creuses en or, simulant des grenades et se touchant presque. Cette heureuse disposition forme au bas du collier et dans toute sa longueur une sorte de ligne droite mobile, jouant sous l'action de la lumière et rompant ainsi la rigidité par trop accusée des plaques, tout en les reliant entre elles. Ces plaques estampées ont dû être reproduites à un grand nombre d'exemplaires, car il en existe des répétitions, entre autres celles qui sont au British Muséum, qui, bien que paraissant avoir été obtenues par la même estampe, ont sur les nôtres l'avantage d'être ornéçs de granulations.

La fabrication de ce bijou est tout à fait primitive, mais l'heureux

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