‹ Les bijoux, anciens et modernesChapitre 87 sur 250 · COLLIER AMPHORES · texte numérisé non relu

COLLIER AMPHORES

Cet arrangement si simple est d'un effet agréable. Les nombreuses répétitions dont il a été l'objet semblent indiquer qu'il était très goûté. Il est resté absolument typique. Nous retrouverons souvent l'amphore surmontée d'une bélière destinée à la retenir après le cordon d'or qui enfile les différentes parties du collier. Cette bélière est faite d'un tube coupé en sifflet des deux bouts. Elle est toujours décorée de fils et de grains. Le musée du Louvre nous en montre plusieurs spécimens. Le numéro 208, plein de caractère, auquel malheureusement sont mêlées plusieurs adjonctions modernes, garde encore assez de parties originaires pour qu'il soit possible d'apprécier le travail élégant et bien proportionné qui décore les amphores. La simple inspection permettra

de discerner facilement celles qui sont authentiques de celles qui ont été ajoutées.

Nous retrouvons la même bélière après la bulle d'or gréco-étrusque, numéro igS, ornée de granulations, mais fortement détériorée, et, cette

BULLE GllécO-éTRUSq.U B.

fois, nous la trouvons enfilée par une chaînette très délicate, composée de petits nœuds d'or alternant avec des perlettes de verre.

Cette indication de la manière dont se portait la bulle est précieuse à recueillir. Sans compter la statue d'enfant, ornée de la buUa, qui est conservée au Louvre, dans la salle dite des bronzes antiques, nous en rencontrerons encore d'autres exemples.

La même bélière était aussi employée pour rattacher des pierres gravées formant collier. Celui fait de cornalines intaillées, qui porte le

COLLIER A CORNALINES INTAILL^BS.

numéro i8i, nous en fournit un exemple. Il est à remarquer que, dans cette dernière pièce, le travail des perles d'or décorées de filigranes qui forment entre-deux est de beaucoup supérieur à celui des montures qui entourent les pierres. L'heureux enchevêtrement de ces perles d'or et des bélières est une des combinaisons les plus réussies que les anciens nous aient laissées. Leur jonction produit une sorte d'articulation savante, un harmonieux mariage de formes bien fait pour cares-

COLLIERS BT PENDANTS DE COU

ser rœil. La bélière, en embrassant et en couvrant légèrement, de chaque côté, la partie haute de la boule, rompt Tuniformité du contour sphérique, tout en le laissant deviner; elle y produit en même temps une petite ombre portée qui accentue la ligne. Cest charmant et irréprochable. On retrouvera plus d'une fois ce Joli arrangement dans les bijoux étrusques, notamment dans le numéro 208, cité plus haut.

Le Cabinet des Antiques possède cinq pièces enfilées par un cordon noir, dont deux amphores et trois médaillons décorés diversement. Elles portent le numéro 2782. La forme des bélières de ces objets indique qu'ils ont été, dans Torigine , accolés à des boules.

M. Chabouillet donne comme certain que, dans TÉtrurie, cette forme et ce nombre de pendants étaient en quelque sorte consacrés. On peut voir un collier tout semblable au cou d'une statuette étrusque d'Apollon lauré, conservé au Cabinet des Médailles*. Nous verrons aussi les amphores mélangées avec divers autres motifs et concourant à former des ensembles. Le remarquable collier numéro 196, au musée du Louvre, qui devait être au porter d'un effet décoratif charmant, nous en offre un

exemple. Je ne suis pas bien cer- ; ,;-*^ -^^^^^HP^'» o.-.-U tain que toutes les parties de cet objet proviennent de la même fabrication. Je crois que la pomme de pin si soignée, si finement formée de pédoncules assemblés un à un, a primitivement été suspendue ailleurs. La petite amphore du haut est

Page 1