RELIQ^VAIRE TROUVE A HILDESHEIM
COLLIERS ET PENDANTS DE COU
la chaîne pend simplement des deux côtés, sans avoir fait préalablement le tour du cou.
Enfin, le portrait d'un avocat italien, par P. Bordone, peut faire supposer que, dans certaines contrées, cet usage était resté commun aux hommes.
On est en droit de croire, d'après tous ces documents, que la chaîne longue et fine fut une des transformations des jaserans, et que presque tous les pendants qui furent portés au cou, que les chaînes fussent grosses ou minces, étaient des reliquaires. C'est seulement vers la fin du XV* et au commencement du XVI* siècle que le pend-à-col semble prendre un caractère profane et devenir exclusivement un objet de parure.
Ainsi voit-on dans une miniature tirée d'un missel et exécutée en i5o3 à Rouen, qui représente Louis XII et Anne de Bretagne tenant sur ses genoux la petite princesse Claude, la reine porter un pend-à-col historié, sur le devant de son corsage. De même, dans le tableau votif de Notre-Dame-du-Puy d'Amiens, exposé dans la cathédrale et qui date de 1527.
toutes les dames portent attaché à leur jaseran, soit une croix, soit un médaillon, soit un pend-à-col.
Un portrait de dame de Lucas Granach, conservé à la Galerie Nationale à Londres, la représente avec un carcan d'or, au-dessous duquel est un fil d'or plus fin, sous lequel encore vient un troisième collier fait d'une large chaîne gourmette qui pend librement.
C'est à ce moment que les émaux et la ciselure se perfectionnent
PEND -A -COL ORME d'^MAUX.
Musée de Poldi-Pozzoli.
tç6
et font pressentir qu'ils vont bientôt atteindre à leur apogée. Les artisans se préoccupent de fins détails, ils ne se contentent plus d'à peu près. Ils poussent la recherche jusqu'à simuler en noir les brins de la plume, sur l'émail blanc dont elle est revêtue, bien que la plus grande surface en soit couverte par des lignes de rubis. C'est à la même époque que la forme ovale vient se substituer à la forme ronde, jusqu'alors usitée. Le pendant numéro 27, au Cabinet des Antiques,, nous fournit un type remarquable de cette transformation. Quoique la petite pendeloque du bas y manque, il reste encore charmant avec les fins émaux qui en ornent le tour, et surtout le mignon drageoir qui y retient la pierre.
Aussi le numéro 53o8, au musée de Cluny. Le centre est en cristal de roche, la monture et la chaîne sont en or émaillé de couleurs verte et rouge, avec picots d'or réservés et rehaussés de grains 'en émail blanc. Il est de fabrique italienne. Enfi.n, le D 817 à la galerie d'Apollon, qui représente la crucijixion d'un côté et le serpent d'airain de l'autre. Chacun des sujets est en or ciselé et émaillé, et recouvert par une lentille chevée en cristal de roche. La monture est émaillée noir à godrons blancs et rouges, et ornée de quatre rubis. Certaines parties des personnages, frisés au mattoir, produisent une note peu agréable. La fabrication de cette pièce est un peu grossière, mais curieuse. Je la crois de provenance allemande.
Le Cabinet des Antiques possède une collection véritablement remarquable de bijoux de la Renaissance. Les belles choses y sont nombreuses, et leur réunion constitue un sujet d'études des plus instructifs et des plus intéressants. On doit, il est vrai, le bonheur de les posséder encore à cet heureux privilège qu'elles ont de
AIGLE ÉMAILLé BLANC,