PROSPECTUS
Des Revues à Dusage des jurisconsultes ou des journaux d'un prix élevé à l’usage des cabinets de lecture :
Voilà jusqu’à présent à quoi se borne, en dehors de l’audience, la publicité des débats judiciaires.
Revues et journaux ont conquis la faveur publique. Ce résultat était immanquable. Rien, en effet, n’est plus instructif, plus curieux et plus moral que la justice en action.
Toutefois, les Revues ne s’adressent qu’aux érudits ; et les journaux, par leur périodicité et par leur prix, manquent le double but que nous espérons atteindre.
Obligés de paraître tous les jours pleins ou vides, le remplissage usurpe souvent la place de l’intérêt; et, d’un autre côté, la cherté de l’abonnement en inter-
dit l’usage à la multitude des lecteurs. Ce qu’il fallait chercher, c’était donc un moyen de ne choisir que les causes intéressantes, et, en second lieu, un mode de publication qui les rendît accessibles à toutes les curiosités en les mettant à la portée de toutes les bourses.
Nous croyons avoir trouvé tout cela.
Un volume tous les quinze jours, consacré aux trL bunaux de la France et de l’étranger, c’est juste stféfisantpour ne rien admettre d’oiseux et ne rien omettre d’essentiel; il y a tout au plus assez de place pour l’intérêt, l’ennui ne pourra s’y introduire; on ne saurait où le loger.
Avec du discernement et du goût, il est impossible de ne pas justifier le titre de cette collection : Les Petites Causes célèbres.
La justice est une des grandes faces de l’activité humaine. Son personnel de magistrats et d’orateurs se recrute dans ce qu’il y a de plus honorable et de plus lettré, et les justiciables de ce grand corps sont partout. C’est tout le inonde; c’est la société tout en^ tière depuis le propriétaire ou l’artiste qui vient disputer sa richesse ou sa gloire, jusqu’au scélérat qui vient disputer sa tête.
Dans ce temps-ci, il n’est pas un homme célèbre, à quelque titre que ce soit, qui n’ait, une fois dans sa vie. revendiqué quelque droit inconnu et fait retentir les tribunaux de son nom. Devant la justice, l’homme paraît dans toute sa sincérité. Ses actes sont scrutés, ses intérêts mis à nu, ses secrets percés à jour. Voilà pourquoi tant de causes prennent en flagrant délit une nature et des mœurs que l’observateur le plus sagace ne saurait inventer ; voilà pourquoi tant de
procès dévoilent des situations étranges qui, sans cesser d’être la vérité, ont tout le charme et tout l’imprévu du roman.
C’est dans ce monde d’intérêts, de passions et de crimes, que les Petites Causes célèbres vont choisir leurs récits et puiser deux fois par mois leur chronique des tribunaux.