ÉTUDE DE STYLE CONTEMPORAIN
La fille de mon hôtesse, quoique vêtue d’un peignoir rose à l’européenne, roulait, sous un masque pâle serti dans des cheveux noirs d’un ton mat, des yeux langoureusement asiatiques ; une jeune servante grecque, fort jolie sous, le petit mouchoir tortillé autour de sa tète, et une sorte de Jocrisse des Cyclades, complé-
taient le personnel de la maison, et lui donnaient une espèce de couleur orientale.
Au milieu de la rue, une lice rogneuse allaitait ses petits d’un air fier.
Çà et là, des vaches cherchent quelques maigres brins d’herbe, et paissent, au lieu de verdure, des quartiers de savates et des morceaux de vieux chapeaux.
Un pauvre petit âne aux oreilles flasques, aux flancs maigres et saigneux.
De vieilles mendiantes assises sur leurs cuisses plates reployées comme des articulations de sauterelle, tendaient piteusement vers moi, hors d’un féredgé en haillons, leurs mains cle momie démailiottée ; leurs yeux de chouette tachaient de deux trous bruns la loque de mousseline, bos-
suée par l’arqûre de leur bec d’oiseau de proie, et jetée comme un suaire sur leur visage hideux.
J’en passe et des meilleures.
La littérature lui doit en outre le Ballet de Giselle et la Péri, dont les succès ont été étourdissants.
Théophile n’a jamais aimé d’amour que les tulipes bleues de M. Alfred de Musset. — On a dit qu’il avait été le Gautier d’Aulnay de mademoiselle Ernesta Grisi. C’est un bruit qu’on a fait courir. La preuve qu’il n’en est rien, c’est qu’il n’a pas encore été assassiné.