‹ Les bisexuésChapitre 11 sur 104 · Liv. VIII, chap · texte numérisé non relu

Liv. VIII, chap

ORIGINES PATHOGÉNIQUES

Onne possède pas de documents sur ce sujet; néanmoins, Milne-Edwards1 dit : « L’extirpation des ovaires exerce sur la constitution une influence remarquable : pratiquée dans le jeune âge, cette opération empêche le bassin de s’élargir et les mamelles de se développer; le pubis reste dénudé; les règles ne s’établissent pas. Il paraît que, dans quelques contrées de l’Asie, on a souvent occasion de rencontrer de ces eunuques femelles et qu’elles ont quelque chose de viril dans leur aspect et dans le timbre de leur voix. »

Selon Adelon2, « la femme castrée revêt la constitution de l’homme; les fonctions sexuelles s’anéantissent; les règles cessent; les seins s’affaissent; en même temps la peau perd sa blancheur; les formes deviennent viriles; le menton se recouvre de barbe et la voix devient rauque et grave ».

Je ne rapporterai pas ici cette histoire d’un châtreur de porcs qui exerça son art sur sa fille que ses débauches' avaient irrité et qu’aucun moyen n’avait pu empêcher de forniquer. Le succès de l’opération aurait été complet, selon Frankins.

Virchow lui-même, paraphrasant la parole de Van Helmon, proper solum uterum mulier est id quod est , n’a-t-il pas dit : « La femme n’est femme que par les ovaires ; toutes les propriétés spécifiques de son corps et de son esprit, de sa nutrition et de sa sensibilité nerveuse, la délicatesse et la rondeur de ses membres, tout cela et toutes les autres qualités caractéristiques de la femme sont dans la dépendance de l’ovaire. »

Il est bien peu de personnes qui n’aient pas vu, au moins une fois dans leur vie, une de ces femmes à barbe que l’on exhibe comme curiosité dans les fêtes foraines. 11 suffit d’en avoir vu une pour se souvenir toujours de sa voix rauque, de ses formes masculines, de sa poitrine plate et

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