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LA MAMMITE DE LA PUBERTÉ

La mammite de la puberté est une chose essentiellement différente de la gynécomastie; cependant, comme les deux affections apparaissent souvent au même âge, il m’a paru indispensable de lui consacrer quelques pages dans le cours de cette étude. De plus, elles ne sont pas sans avoir quelque analogie. On pourrait presque dire que la mammite de la puberté est une gynécomastie aiguë, et la gynécomastie une mammite chronique.

Voyons d’abord comment se comporte la mammite de la puberté.

Chez l’enfant, on trouve dans la mamelle l’élément glandulaire au complet, avec les acini et les conduits excréteurs. Puis, les acini disparaissent, et les canaux galactophores deviennent de moins en moins visibles et de moins en moins nombreux, à mesure qu’on examine des mamelles de sujets

plus âgés. En un mot, la glande s’atrophie avec l’âge. Néanmoins, au moment de la puberté, alors que l’enfant se modifie pour devenir un homme, il semble que la mamelle se ranime, subissant le retentissement de cette transformation générale. Aussi, c’est à cette époque que se montre la mammite de la puberté, c’est-à-dire entre seize et dix-huit ans, le plus ordinairement vers quatorze ou quinze ans*

Est-ce là une affection rare? Plusieurs auteurs le pensent. Je ne le crois pas. Sans doute les observations ne sont pas très nombreuses dans la littérature médicale, mais cela tient très probablement, pour ne pas dire certainement, à ce que, l'affection étant peu grave et peu douloureuse, la plupart des malades négligent de consulter le médecin. Chez beaucoup même la maladie ne consiste qu’en quelques picotements douloureux des seins, mais sans attirer autrement l’attention. « Ce n’est, dit Moizard, qu’une hyperhémie temporaire d’une glande encore incomplètement atrophiée dans laquelle, sous l’influence d’un mouvement général de l’organisme, on voit apparaître une dernière lueur de vitalité. »

Les symptômes de la mammite de la puberté sont bien connus; je n’y insisterai pas longuement.

Généralement le malade ressent des picotements douloureux, des élancements dans les seins, qui deviennent un peu sensibles à la pression. Assez souvent, comme je viens de le dire, tout se borne à cela, et la maladie passe inaperçue.

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