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Rokitanski. Wiener med. Wochenschr

LE PSEUDO-HERMAPHRODISME EXTERNE

divisé, simulant une vulve, un vagin court et un utérus rudimentaire avec deux testicules.

En 1884, Gérin-Rose a présenté un cas à peu près semblable à la Société médicale des hôpitaux.

Julie D..., âgée de vingt-six ans, est restée à Lariboisière, du 6 septembre au 8 octobre, pour une fièvre typhoïde. Elle est sortie guérie; mais, avant son départ, M. Gérin- Rose ayant été frappé de la singulière anomalie de ses parties génitales, en a fait prendre un moule exact. C’est une personne qui, par la longueur des cheveux, la finesse et la douceur des traits, le développement des seins, l’absence de poils sur le corps, ressemble parfaitement à une femme. La vulve paraît au premier aspect normale. Mais on est bientôt étonné de la dimension exagérée du clitoris, qui a 35 millimètres de long, est curviligne et ressemble à un gland avec sa couronne préputiale. Ce gland est imperforé; on voit cependant une petite dépression linéaire à la place où devrait se trouver le méat urinaire. Celui-ci, auquel fait suite un urèthre très court, s’ouvre en réalité à 1 centimètre au-dessous du pénis clitoriforme ou du clitoris péniforme, qui augmente de volume pendant l’érection, en se recourbant comme une verge. A l’orifice vaginal ne se trouvent ni hymen, ni caroncules myrtiformes. Le vagin, de 9 centimètres de long, se termine par un cul-de-sac derrière lequel le doigt qui s’y meut à l’aise ne perçoit aucune saillie pouvant faire admettre la présence d’un col utérin. La palpation profonde de la région hypogastrique et des fosses iliaques n’y rencontre aucun organe pouvant être un utérus ou des ovaires.

Cette femme n’a jamais eu de règles, ni aucun symptôme qui ressemble aune fluxion utéro-ovarienne périodique. En revanche, dans l’épaisseur des grandes lèvres, sur les parties latérales de ce pénis ébauché ou clitoris gigantesque, se sentent par la palpation et se voient par le relief deux saillies qui doivent être des testicules. Cet être anormal ne s’est jamais senti attiré que vers le sexe masculin; Julie a

eu des relations sexuelles avec un homme, mais n’a éprouvé de sensation voluptueuse que par la friction de la muqueuse vaginale; les attouchements du pseudo-clitoris lui sont indifférents.

Tel est encore le cas signalé par Magitot à la Société de chirurgie , en 1881.

Il s’agit d’une personne âgée de quarante ans, enregistrée, à sa naissance, dans la catégorie des individus appartenant au sexe féminin, et dont l’éducation a été dirigée dans ce sens. Vers l’âge de quatorze ans, est survenu, à trois reprises différentes et à trois mois d’intervalle chaque fois, un écoulement sanguin par les organes génitaux, mais qui ne s’est plus reproduit. En même temps les seins ont augmenté sensiblement de volume. Ayant alors du penchant pour les hommes, elle se maria à dix-sept ans; les rapports sexuels furent très incomplets.

Après son mariage, une révolution complète s’est opérée dans ses instincts génésiques, c’est vers les femmes que se sont décidément portés depuis lors ses penchants; si bien que, devenue veuve depuis une dizaine d’années, elle a été l’amant de plusieurs femmes.

Sa taille est de 1 mètre 78; les cheveux sont noirs, ainsi que la barbe, qui est assez abondante; la voix et les allures sont efféminées; les mains sont charnues et vigoureuses. Les seins sont assez volumineux; le bassin manque d’ampleur. Le volume de la verge est celui du pénis d’un enfant d’une douzaine d’années; il y a hypospadias, scrotum bifide, et contenant un testicule dans chacune de ses parties. Au fond du sillon de séparation des parties scro taies existe un infundibulum admettant à peine le petit doigt, et dans lequel on ne constate pas trace de col utérin.

Le pénis est susceptible d’érection; il se produit des éjaculations spermatiques; le sperme a les apparences du liquide normal, mais le microscope n'y découvre pas de spermatozoïdes.

LE PSEUDO-HERMAPHRODISME EXTERNE

Je ne citerai que pour mémoire les observations anciennes de Columbus, Faroni, Seul te t, Fabricius d Aquapendente, Diemerbrœck, Corigliani, Pinel, Duguès et Toussaint, Desgenettes, Wrisberg, Vallisneri, Sabatier, Breschet, et celles plus récentes de G. Underhill l,Forest Willard 2 3, Rodriguez ', P. Garnier4, J. Godlee5, Cummings6.

Enfin, je terminerai en citant le cas où Porro est intervenu

si heureusement 7.

Le 15 novembre 1882 se présente au dispensaire de M. le professeur Porro, la nommée T. G. F..., âgée de vingt-deux ans, à l'effet de savoir à quel sexe elle appartenait réellement. Elevée depuis son enfance comme une fille, T... n’en a jamais eu les goûts; au contraire, tout décelait dans scs instincts des idées masculines; sa taille est de 1 mètre 59, son poids de 51 kil. 400; les traits du visage sont virils, la lèvre supérieure et les joues sont ombragées de quelques poils noirs. Le thorax est celui d'un homme, les seins sont développés comme chez les jeunes filles vierges, le mamelon n'est pas érectile. Le ventre est plat, mais la conformation du bassin est celle d'une femme ; les bras sont secs et non arrondis; les membres inférieurs, par contre, offrent la conformation féminine, ils convergent vers les genoux.

Le pénil est peu proéminent; il est garni de poils durs et a l'aspect ordinaire de celui de toute femme adulte, les jambes étant rapprochées. Si on écarte celles-ci, on découvre une vulve avec un clitoris très développé, dont le gland dépasse seulement de 1 cent. 1/2 le prépuce ou capuchon. A la base du gland, partent deux replis de la muqueuse vulvaire qui simulent les petites lèvres; en les entrouvrant,

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