DE LA PUBERTÉ
Jusqu’à l’époque de la puberté, les individus des deux sexes ne présentent en général aucune différence sous le rapport du volume et de la forme des mamelles. Chez le jeune homme impubère, comme chez la jeune fille qui n’est pas encore développée, les mamelles ne consistent qu’en deux espèces de tubercules rougeâtres, les mamelons, et une aréole couleur brunâtre et à surface inégale. Mais, vers l’époque de la puberté, cette parité entre l’un et l’autre sexe cesse complètement; chez le jeune homme, cette époque ne détermine aucun phénomène sensible, si ce n’est, disent quelques auteurs, un engorgement passager du tissu cellulaire, quelquefois accompagné de légères douleurs; tandis que, chez la jeune hile, en même temps que les menstrues s’établissent, le sein se développe, s’élève, s’arrondit, le mamelon prend une couleur rosée, la peau s’amincit et devient fine et blanche.
Telle est la marche habituelle de la nature. Mais il est
des cas exceptionnels où, obéissant à des causes inconnues et s’écartant des lois uniformes qui président au développement des êtrhs, elle produit ces anomalies qui confondent l’esprit de l’observateur et le raisonnement du philosophe.
Un jeune garçon, sans avoir rien présenté de particulier dans sa conformation physique ou morale, si ce n'est un peu de timidité, des allures et des goûts un peu féminins, arrive à l’âge de la puberté. On croit que, comme tous ses camarades, cet enfant va devenir un homme ; que ses formes vont prendre un rapide développement, ses muscles faire saillie sous la peau de ses membres, les traits de son visage devenir énergiques, son menton se recouvrir de barbe ; que son épithélium génital va se développer et qu’en même temps ses testicules et sa verge vont prendre un accroissement remarquable ; on croit que ses goûts vont changer et qu’un instinct secret va le pousser à la recherche du sexe opposé. Eh bien ! chez ce garçon, il n’en sera rien. Arrivé à la puberté, il semble que chez lui la nature hésite. Ses membres restent grêles, ses formes adoucies, son visage reste glabre et ses testicules cessent de s’accroître; il fuit le bruit et la société de ses semblables, sans avoir d’attrait pour l’autre sexe, puis sa poilrine s’arrondit et ses seins se développent comme ceux d’une fille pubère. Sans être ce qu’on est convenu d’appeler un hermaphrodite, ce n’est qu’un homme incomplet et une femme manquée; c’est ce qu’on appelle un gynécomaste.