LE COMTE DE FAAGAS
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C'étaient l8g «eux danûarft in^jet^M d'oii^ viiUte fos^lip de Pioveûoe. Leur père, anfii^a flieali» # om^> 9^îw ekevRliep de SaM»Loui|^, était né d&aa lamémt lUlA q^#Sai^ FQS. avee loqu^ il ««ait élâ Ué dm» m. ieuoefli^i^c'iitt-À^l^ à Fos-Ëmphoux. Un oncle qui était mort à Âvig^iMi^Q^ rftVfilfc fftjfe §pa héritWi lui ».y4t lafesé vue mai«on;ilYint*?ers l*/^?» Mit#r(Q#]lte «A^isQU fy^q s^ de»^ enfaats* hmm ,et Di?.na. Lucien, à cette époque, avait douze ans, Diana eu
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avait iiuil. On élait alors dans toutô Tardeur des premières eôpérancea et des premières craintes révolutionnaires, selon que Ton était patriote ou royaliste. w.
Pour ceux qui connaissent Avignon, il y avait alors^ et il y a ^core aujourd'hui, il y a toujours eu deux villes dans Ja .ville : la .ville romaine, la ville française.
La Tille romaine, avec son magnifique palais des papes, ses cent églises plus somptueuses les unes que les autres, ses cloches innombrables, toujours prêtes à sonner le tocsin de rincendie ou le glas du meurtre.
La ville française, avec son Rhône, ses ouvriers en soie* ries, et son transit croisé qui va du nord au sud, de Touest h Test, de Lyon à Marseille, de Nîmes à Turin ; la ville française était la ville damnée, la ville envieuse d'avoir un roi, jalouse d'obtenir des libertés , et qui frémissait de se sentir terre esclave, terre ayant le clergé pour seigneur.
Le clergé, non pas le clergé tel qu'il a été de tout temps dans l'Eglise gallicane, et tel que nous le connaissons aujour- U'hui, pieux, tolérant, austère aux devoirs, prompt à la charité, vivant dans le monde pour le consoler et TédiQer sans ¥0 mêler à ses joies ni à ses passions; mais le clergé, tel que l'avaient fait Tinlrigue, l'ambition et la cupidité, c'est-à-dire ces abbés de cour rivaux des abbés romains, oisifs, élégants, hardis, rois de la mode, autocrates des salons et coureurs ûe ruelles. Voulez-vous un type de ces abbés-là? Prenez l'abbé Maury, orgueilleux comme un duc, insolent comme un laquais, fils d'un cordonnier, et plus aristocrate qu'un fils de grand seigneur.
Nous avons dit: Avignon, ville romaine; ajoutons: Avignon, irillc de haines. Le cœur de l'enfant , pur partout ailleurs de
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mauvaises passions, naissait là plein de haines héréditaire?, léguées de père en 4il3 depuis huit cents ans, et, après une vie haineuse, léguait à son tour Tliéritage diabolique à ses enfants. Dans une pareille ville, il fallait prendre un parti, et selon rimportance de sa position , jouer un rôle dans ce parti.
Le comte de Fargas était royaliste avant d*habiter Avignon ; en arrivant à Avignon, pour se mettre au niveau, il dut deve-» nir fanatique. Dès lors, on le compta comme un des chefs royalistes et comme un des étendards religieux*
C'était, nous le répétons, en 87, c'est-à-dire à Faurore de notre indépendance. Aussi, au premier cri de liberté que poussa la France, la ville française se leva-t-elle, pleine de joie et d'espérance. Le moment était enfin venu pour elle de contester tout haut la concession faite par une jeune reine mineure, pour racheter ses crimes, d'une ville, d'une province, et, avec elle, d'un demi-million d'âmes. De quel droit ces âmes avaient-elles été vendues pour toujours à un maître étranger?
La France allait se réunir au Champ de Mars dans Tem» brassement fraternel de la Fédération. Paris tout entier avait travaillé à préparer cette immense terrasse ofi, soixantesept ans après ce baiser fraternel donné, il vient de convoquer TËurope entière à TËxposition universelle, c'est-à-dire, au triomphe de la paix et de l'industrie sur la guerre. Avignon seule était exceptée de cette grande agape ; Avignon seuk ne devait point avoir part à la communion universelle; Avignon, elle aussi, n'était-elle donc pas la France? '.
On nomma des députés; ces députés se rendirent chez le légat et lui donnèrent vingt-quatre heures pour quitter la ville* Pendant la nuit, le paru romain, pour se venger, ayant Il li
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le comte de Fargas à sa tête, s'amusa à pendre à une potence un manneqain portant la cocarde tricolore. v
On dirige le Rhône, on canalise la Darance, on met des digues aux ftpres torrents qui, au moment de la fonte des neiges, ce précipitent en avalanches liquides des sommets du mont Venteux. Mais ce flot terrible, ce flot vivant, ce torrent humain qui bondit sur la pente rapide des rues d'Avignon, une fois I&chô, une fois bondissant» le ciel luimôms A'a point encore essayé de l'arrêter.
A la vue de ce mannequin aux couleurs nationales se balançant au bout d'une cordt% la ville française se souleva de ses fondements en poussant des cris de rage. Le comto de Fargas, qui connaissait ses Avignon ais, s'était retiré, la nuit même de la belle expédition dont il avait été le chef, ches un de ses amis, habitant la vallée de Vaucluse. Quatre des siens» soupçonnés à juste titre d'avoir fait partie de la l)ande qui avait arboré le mannequin, furent arrachés de leurs maisons et pesdus à sa place. On prit de fbrce, pour cette exécution, des cordes chez un brave homme nommé Lescoyer, qui, dans le parti royaliste, fut à tort accusé de les avoir ofibites. Gela se passait le 11 juin 1790.
La ville française» tout entière, écrivit à TAssemblée na^o» nale qu'elle se donnaU à la France, et avec elle son Rhône^ son commerce, le Midi, la moitié de la Provence. L'Assemblée nationale était dans un ses jours de réaction; elle ne voulait pas se brouiller avec Borne, elle ménageait le roi; elle sgourna raiTaire.
Dès lors, le mouvement patriote d'Avignon était une révolte, et le pape était en droit de punir et de réprimer. Le pape Pie VI ordonna d'annuler toqt ce qui s'était fait dans lo Cfifl^lit Voi^aissio» de rétablir le privilège des nobles et du
cierge et de relever rinquisition dans toute sa rigueur. Le comte de Fargas rentra triomphant à Avignon, et nourseulement ne cacha plus que c'était lui qui avait arboré le mannequin à la cocarde tricolore, mais encore il s'en vanta. Personne n'osa rien diret Les décrets pontificaux furent af* fichés. V ^
Un homme, un seul, en plein jour» à la face de tous, alla droit à la muraille où était affiché le décret et l'en arracha. 11 se nommait Lescuyer. C'était le même qui avait déjà été accusé d'avoir fourni des cordes pour pendre les royalistes. On se rappelle qu'il avait été accusé à tort. Ce n'était point un Jeune homme, il n'était donc point emporté par la fougue de l'âge. Non, c'était presque un vieillard qui n'était pas même du pays. Il était Français, Picard, ardent et réfléchi à la fois. C'était un ancien notaire établi depuis longtemps à Avignon. Ce fut un crime dont l'Avignon romaine tressaillit; un crime si grande que la statue de la Vierge en pleura.
Vous le voyez, Avignon, c'est déjà l'Italie; il lui faut à tout prix des miracles, et, si le ciel n'en fait pas, il se trouve quel« qu'un pour en inventer. Ce fut dans l'église des Cordeliers que le miracle se fit. La foule y accourut.
Un bruit se répandit en même temps, qui mit le comble É Pémotion. Un grand coffre bien fermé avait été transporté par la ville. Ce coffre avait excité la curiosité des Avignonnais. Que pouvait-il contenir? Deux heures après, ce n'était plsis nn coffre dont il était question, c'était dix-huit malles se jrendant au RhOne. Quant aux objets que contenaient ces malles, un portefaix Tavait révélé : c'étaient les effets du moQ<t*de-piété> que le parti français emportait avec lui en s'exitafiit d'Avignon. Les effets du mont-de-piété 1 c'est-à-dire
k4é{i9siltoâes piflTrep! Plus W9 v^le est olsêiablc, plus
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le moTît-dé-piétéest riche. Peu de monts-de-piélê pourraient se vaDter d'être aussi riches que Tétait celui d'ÂYignoo. Ce n'était plus une affaire d'opinion, c'était un vol, un vol in« fâme. Blancs et bleus, c'est-à-dire patriotes et royalistes cou« rurent à l'église des Gordeliers, non pas pour voir le miraclei mais criant qu'il fallait que la municipalité leur rendit compte.
M. de Fargas était naturellement à la tête de ceux qui criaient le plus fort.