‹ Les blancs et les bleus: 1.[-3.] sérChapitre 6 sur 29 · LE GÉNÉRAL TÊTE-]\ONDB ET LE CHEF DES COMPAGNONS DE JÉUU · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL TÊTE-]\ONDB ET LE CHEF DES COMPAGNONS DE JÉUU

Lemaistre les présenta Pun à Tautrc*

— Le général Tète-Ronde, dit-il en désignant le chouan. Le citoyen Morgan, chef des compagnons de Jéhu, ujoulat-il en s'inclinant devant le président de la section Le Pc* lelicr.

Les mains des deux jeunes gens se serrèrent.

— Bien que le hasard nous ait fait naître aux deux extrémités de la France, dit Morgan, une même opinion nous réunit. Seulement, quoique nous soyons du même âge, vous, général, vous êtes déjà célèbre, taudis que je suis encore ignoré, ou connu seulement par les malheurs de ma famille. C'est à ces malheurs et au désir que j'ai de les venger, que je dois la recommandation du comité royaliste du Jura, et la position que m'a faite la section Le Peleticr, en me nommant son pré* Bident, sur la présentation de M. Lemaistre.

— Monsieur le comte, répondit le général royaliste en s'inciinant, je n'ai pas Phonneur d'appartenir ainsi que vous à la noblesse de France. Non, je suis tout simplement un enfant du chaume et de lacharrue; quand ouest appelé, comme uou;9, à ri^'quer su tête sur le même CcUafaud, il est bon de 6o

connaître; on n'aime point à mourir eu compagnie de qui l'on n'eût pas voulu vivre.

— Tous les enfants du chaume et de la charrue ont-iis chez vous, général, cette élégante manière de s'exprimer? En ce cas, vous n'avez pas de regrets à garder de n'être point né au sein de cette noblesse à laquelle le hasard me fait appartenir,

— Je dois dire, monsieur le comte, reprit le jeune général, que mon éducation n'a pas été tout à fait celle du paysan breton. Aîné de dix enfants, j'ai été envoyé de bonne heure au collège de Vannes, et j'y ai fait de solides études.

— Puis j'ai entendu dire, ajouta en souriant celui que le chouan avait désigné sous le titre de comte, que vous êtes un enfant prédestiné, et qu'une prédiction vous avait été faite, qui vous réservait à de grandes choses.

— Je ne sais si je dois me vanter de cette prédiction, accomplie déjà en partie. J'étais au sein de ma mère, qui, ellemême, était assise au seuil de notre maison, lorsqu'un men-« diant passa, s'appuya sur son bâton et se mit à nous regarder.

« Ma mère, selon son habitude, lui fit couper un morceau de pain et lui mit un sou dans la main.

» Le mendiant secoua la tête, et, touchant mon front de son doigt décharné :

» — Voilà un enfant, dit-il, qui apportera de grands changements dans sa famille et de grands troubles dans FÉtatl

» Puis, après m'avoir contemplé avec une certaine tristesse ;

» — U mourra jeune I ajouta-t-ii, mais ayant plus fait que tel vieillard centenaire!

» Et il continua son chemiUé

» L'année dernière, la prédiction s'accomplit pour ma famille.

» J'ai pris part, vous le savez, à l'insurrection vendéenne 3e 93 et de 94.

— Et glorieusement ! interrompit Morgan.

-- J*ai fait de mon mieux...

»L'an dernier, au moment où j'organisais le Morbihan, les gendarmes et les soldats entrèrent de nuit à Kerliaoo, et enveloppèrent notre maison. Père, mère, oncle, enfants, nous fûmes tous pris, et conduits dans les prisons de Brest.

» C'est alors que la prédiction qui na'ayaii; été faittï, quand j'étais enfant, revint à la mémoire de mn mère, la pauvre femme, tout en pleurs, me reprocha d'être la Cftuee du ruftlr heur de ma famille. J'essayai de la consoler et de la fortifier en lui disant qu'elle soutirait pour son Dieu et pour 3on roi. Que Yûule:5-vous ! les femmes ne savent pa3 toutes la valeur de ces deux mots. Ma mère continua de pleurer et mourut dans les prisons de Brest en donnant le jour à un iiouvel enfant.

» Mon oncle, un mois après, expira dans la môme prison.

» A son lit de mort, il me dit le nom d'un de ses amis à qui il avait prêté une somme de neuf mille francs, avec promesse, de la part de celui-ci, de la lui rendre à sa première réquisition. — Mon oncle mort, je n'eus plus qu'une idée : m'enfuir de la prison, venir réclamer la somme et l'appliquer à la cause de l'insurrection. — J'y parvins.

» L'ami de mon oncle habitait Rennes. Je me présentai chez lui. Il était à Paris,

» Je pris son adresse et l'y suivis. Je viens de le voir, et, en fidèle et loyal breton qu'il est, il m'a rendu en or la somme qu'il avait empruntée en or. Je l'ai là dans ma ceinturci

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continua le jeune homme en frappant sur sa Uanche. Neui mille francs en or en valent deux cent mille aujourd'liai.

» Bouleversez Paris de votre côté; dans quinze jours^ tout le Morbihan sera en feu. »

Les deux jeunes gens s*étaient éloignés insensiblement du groupe et se trouvaient isolés dans l'embrasure d'une fenêtre.

Le président de la section Le Peletier regarda autour de lui, et, se voyant assez éloigné des autres conspirateurs pour qu'on n'entendit point ce qu'il allait dire, il appuya la main sur le bras du général :

— Vous m'avez parlé de vous et de votre famille, général. Je vous dois les mêmes éclaircissements sur ma famille et sur moi-même.

« Morgan est mon nom de guerre. Je me nomme Edouard de Sainte-Hermine; mon frère, le comte Prosper de Sainte- Ilcrmine, a été guillotiné; ma mère est morte de douleur; mon frère, Léon de Sainte-Hermine, a été fusillé.

» De même que mon père avait légué sa vengeance à mon frère aîné, naon frère m'a légué celle de mon père et la sienne. Un enfant de notre pays, qui assistait à son exécution, m'a apporté son bonnet de police, seul et dernier legs fraternel qu'il ait pu me faire. C'était me dire :

» —A ton tourl...

» Je me suis rais à l'œuvre. Ne pouvant faire révolter le Jura et l'Alsace, qui sont essentiellement patriotes, j'ai, avec mes amis, les jeunes nobles des environs de Lyon, organisé des bandes pour enlever l'argent du gouvernement et le faire passer à vous et à vos amis dans le Morbihan et la Vendée. Voilà pourquoi j'ai désiré vous voir. Nous sommes destinés ù nous donner la main aux deux bouts de la Franco*

— Seulement, dit en riant le général, je vous tends la mienne vide et vous me donnez la vôtre pleine.

— C'est une petite compensation de la gloire que vous ac* ((Uérez tous les jours, et qui nous manquera, à nous. Mais, q[ue voulez-vous! il faut que chacun opère pour la cause de Dieu, sur le terrain où Dieu Ta placé. C'est pour cela que j'ai eu hâte de faire quelque chose qui en valût la peine pendant les jours qui vont s'écouler.

» Quel sera le résultat de ce qui va se passer ici? Nul ne le peut savoir. S'ils n'ont pas d'autre homme à nous opposer que Menou, la Convention est perdue, et, le lendemain du jour où elle est dissoute, la monarchie est proclamée et Louis XVIII monte sur le trône.

— Comment, Louis XVIU? fit le chouan.

— Oui... Louis XVII, mort en prison, au compte de la royauté, n'a point cessé de régner.

» Vous connaissez le cri de la monarchie française : Le roi est mort : Vive le roi !

■ Le roi Louis XVI est mort : vive le roi Louis XVll! Le roi Louis XVll est mort : vive le roi Louis XVIU!

» Le régent ne succède pas à son frère, il succède à son neveu. »

— Singulier règne, dit le chouan en haussant les épaules, que celui de ce pauvre enfant. Règne pendant lequel on a guillotiné son père, sa mère et sa tante, règne pendant lequel il a été prisonnier au Temple, et a eu pour professeur un savetier ! Je vous l'avouerai, mon cher comte, le parti auquel je me suis donné corps et ùme a parfois des aberrations qui m'épouvantent. Ainsi, supposez — Dieu nous en garde! — que Sa Majesté Louis XVIU ne monte sur le trône que dans douze ou quinze ans, il aura donc régné, ces douze

OÙ (iiiinze années-là, sur la France, quel que soit le coin du monde qu'il aura habité?

— Parfaitement!

— C'est absurde! Mais pardon, je suis un paysan. Je n*ai pas besoin de tout comprendre. La royauté est ma seconde religion, et, pour celle-là comme pour la première, j'ai la foi.

— Vous êtes un brave cœur, général, dit Morgan, et, foe nous nous revoyions ou que nous ne nous revoyions {irati, je vous demande votre amitié. Si nous ne nous revoyons fts, c'est que j'aurai été tué, fusillé ou guillotiné. Dans ce cis-là, de même que mon frère aîné a hérité de la vengeance de mon père, de même que j'ai hérité de la vengeance de mon frère aîné, mon jeune frère héritera de ma vengeance, à moi... Si la royauté, grâce au sacrifice que nous lui aurons fait, est sauvée, nous serons des héros. Si, malgré ce sacrifice, elle est perdue, nous serons des martyrs. Vous voyez que, dans Tun ou l'autre cas, nous n'aurons rien à regretter.

Le chouan resta un instant muet.

Puis, plongeant profondément son regard dans les yeux du jeune noble :

— Monsieur le comte, lui dit-il, quand des hommes comme vous et moi se rencontrent et ont le bonheur de se trouver au service de la même cause, ils doivent se jurer, je ne dirai pas une amitié éternelle, car peut-être le gentilhomme hésiterait il à descendre Jusqu'au paysan, mais une inaltérable estime, — Monsieur le comte, recevez l'assurance de la mienne.

— Général, dit Morgan, les larmes aux yeux, j'acceptij l'estime, et je vous offre plus que Famitié, je vous offre la fraternité,

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Les deux jeunes gens se jetèrent dans les bras Fan de l'autre, et se pressèrent mutuellement sur le cœur, comme ils eussent fait dans Tôtreinte d'une vieille amitié.

l'homme a l'babit vbrt

Toué les assistants le^ avaient regardés et écoutés de loin, sans les interrompre, reconnaissant qu'ils avaient devant les yeux l'expression de deux puissantes personnalités.

Le chef de l'agence royaliste rompit le premier le silence :

— Messieurs, dit-il, il n'y a jamais rien de perdu à ce que deux chefs d'un même parti, dussent-ils se séparer pour aller combattre, l'un à l'est, l'autre à l'ouest de la France , dussent-ils ne se revoir jamais; échangent une dé ces fraternités d'armes, comme faisaient, au moyen ùge, nos anciens chevaliers.

» Vous êtes tous témoins du serment que viennent de faire ces deux chefs d'une même cause, qui est la nôtre. Ce sont de ces hommes qui tiennent plus qu'ils ne promettent; Mais l'un a besoin de retourner dans le Morbihan, pour relier son mouvement à celui que nous allons faire ici. L'autre a besoin de préparer, de suivre et de diriger notre mouvement à nous.

Prenons donc congé du général, qui a fini ses affaires à Paris, et mettons-nous aux nôtres, qui sont si bien cornmencées.

— Messieurs, dit le chouan, je vous offrirais bien de rester ici, pour faire avec vous le coup de fusil, deniain, après-demain, le jour où on le fera; mais, je vous l'avoue en toute humilité, je n'entends pas grand'chose à la guerre des . rues ; ma guerre , à moi, c'est celle des ravins , des fossés, •des buissons, des forêts épaisses. Ici, je serais un soldat de plus, mais je serais un chef de moins là-bas, et, depuis Quiberon, de funeste mémoire, nous ne sommes que deux : Mercier et moi.

* — Allez, mon cher général, lui dit Morgan; vous êtes bien heureux de combattre au grand air et de ne pas avoir à craindre que la cheminée d'une maison vous tombe sur la tète. Dieu me conduise de votre côté, ou vous amène du mien! L'officier chouan prit congé de tout le monde, et plus

particulièrement, peut-être, de son nouvel ami que des anciens.

Puis, sans bruit, à pied, comme le dernier des officiers royalistes, il gagna la barrière d'Orléans, tandis que le général Danican, Lemaistre et le jeune président de la section Le Peletier arrêtaient le plan de la journée du lendemain, tout en murmurant :

— C'est un rude compagnon que ce Cadoudal ?..•

Vers la même heure où celui dont nous venons de trahir l'incognito prenait congé du citoyen Morgan, et s'acheminait du côté de la barrière d'Orléans, un de ces groupes déjeunes gens, dont nous avons déjà parlé dans un de nos chapitres précédents, passait de la rue de la Loi dans la rue Feydeau, en criant ;

^ Âbas la Convention! à bas les deux tiers! Vivent les sections!

Au coin de cette dernière rue, il se trouva face à face avec une patrouille de soldats patriotes, à qui les derniers ordres reçus de la Convention commandaient la plus implacable sévérité pour ces tapageurs nocturnes.

Le groupe était au moins en nombre égal à la patrouille, de sorte que les trois sommations voulues par la loi furent reçues par des ricanements et des huées, et que la seule réponse qui fut faite à )a troisième, fut un coup de pistolet parti du groupe, et qui blessa un des soldats.

Ceux-ci ripostèrent par une décharge qui tua un des jeunes gens et en blessa deux autres.

Les fusils déchargés, les armes étaient à peu près égales ; grâce à leurs énormes gourdins qui, dans des mains habituées à les manier, devenaient des massues, les sectionnaires écartaient les baïonnettes comme ils eussent fait de la pointe d'une épée dans un duel, rendaient des coups droits , qui , pour ne pas pénétrer dans la poitrine, n'en étaient pas moins dangereux, et des coups de tète, qui, quand ils n'étaient point parés, assommaient un homme de même qu'un coup de masse assomme un bœuf.

Comme toujours, cette rixe, qui, d'ailleurs, à cause de la quantité de personnes qui s'y trouvaient engagées, prenait des proportions effrayantes, avait mis en émoi tout le quartier. La rumeur et le trouble étaient d'autant plus grands, qu'il 7 avait, ce soir-là première représentation au théâtre Feydeau, le théâtre aristocratique^de l'époque.

On y jouait Toberne ou le Pêcheur suédois^ paroles de Patras, musique de Bruni, et le Bon fils, paroles de Louis Hennequin, musique de Lebrun.

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Or, la place Feydeaii était encombrée de voitures; et le passage Feydeau de futurs spectateurs faisant la queue. ^

Aux eris de « Â bas la Gonventioa 1 à bas les deux tiers / » au bfttit de la fusillade qui les suivit, aux vociférations qui suivirent la fusillade^ les voitures partirent comme un traita s'accrochant les unes les autres ; les spectateurs craignant d'être pris $ étouffés dans les étroits couloirs, brisèrent les barrières} eniin les fenêtres s^ouvrirent^ et les imprécations commencèrent à pleuvoir sur les soldats de la part des hommes, tandis que des voix plus douces encourageaient la jeunesse sectionnaire, composée^ comme nous Tavona dit^ des plus beauxi des plus élégants et des plus riches jeaUfes gens de Paris.

Les lauteroes suspendues sous les arcades éclairaient cette scène;

Tout à coup^ une de ces voix cria distinctement avec Fakcent de Tangoisse :

— CitoyeUi à l'habit vcrlj prends garde à toi!

Le citoyen à Thabit vert^ qui faisait face à deux soldats; comprit qu'il était en outre menacé par derrière i il lit uii bond de c6té( déchargea un coup de bâton au hasard , mais avec tant de bonheur, qu'il brisa le bras du soldat qui, en effet, le menaçait de sa baïonnette; allongea dans le visage un coup de son gourdin ferré à celui qui brandissait déjà^ peur l'assommer^ la crosse de son fusil au-dessus de sa t4te ; leva les yeux vers la fenêtre d'où était venu Tavis , anivoyà un baiser à une blanche et gracieuse forme qui se penchait sur la barre du balcon, et arriva encore à temps à la parade pour écarter la baïonnette d'un fusil qui effleurait sa poitrine;

MaiSy presque en même temps^un secours arrivait aBX sol-

dais do la Convetition. C'était une douzaine d'hommes sortis du corps de garde qui accouraient en criant :

— Mort anx muscadins !

Le jeune homme à Thabit vert se trouva enveloppé; mais, grâce à un vigoureux inoulinet qu'il décrivait autour de lai, en manière d'auréole, il parvint à maintenir les assaillants h distance, tout en battant en retraite et en essayant de se rapprocher des arcades.

Cette retraite, non moins savante, mais à coup sûr plus difficile à exécuter que celle de Xénophoh , avait pour but de gagner une porte à panneaux de fer, artistement travaillés, qu*il venait de voir tomber dans Tobscurité /le concierge ayant éteint la lanterne qui Téclairait.

Mais, avant que la lanterne fût éteinte, le jeune homme avec le coup d'cfeii rapide du partisan^ avait remarqué que la porte n'était pas close, qu'elle était seulement poussée. S'il atteignait cette porte, il la franchissait rapidement, la refermait contre les assaillants et était sauvé; à moins cependant que le portier ne fût assez patriote pour refuser un louis d'or qui, à cette époque, valait plus de douze cents francs d'assignats, patriotisme qui n'était pas probable.

Mais, comme si les adversaires eussent deviné son but, au fur et à mesure qu'il se rapprochait de la porte, l'attaque devenait plus vive; puis, si adroit et si vigoureux que fût le jeune homme, le combat, qui durait depuis plus d'un quart d'heure, avait lassé son adresse et épuisé ses forces. Mais, comme il n'y avait plus que deux pas à faire pour atteindre ce port de sàlut, il fit un dernier appel à son énergie, renversa un de ses adversaires d'un coup sur là tête, écarta le second d'un coup de poing dans la poitrine, toucha enfin la porte... mais, au moment où il la poussait eti arriôî^e, il ne put empé-

clicr la crosse fVun fusiJ de s'abattre, à plat heureusement, sur son front.

* Le coup était violent ; des milliers d'étincelles jaillirent autour des yeux du jeune homme, tandis que son sang battait comme un torrent dans ses artères. Mais, tout aveuglé qu'il était, sa présence d'esprit ne lui échappa point : il bondit en arrière, s'arc-bouta à la porte qu'il referma violemment, jeta, comme il se Tétait promis, un louis au portier, que le bruit avait attiré au seuil de sa loge, et, voyant un escalier éclairé par une lanterne, il s'élança rapidement, saisit la rampe, monta en trébuchant une dizaine de marches... Mais, arrivé là, il lui sembla que les murs de la maison vacillaient, que les marches tremblaient sous lui, que l'escalier s'abîmait, et qu'il roulait dans un précipice.

Par bonheur, il ne faisait que s'évanouir et, en s'ôvanouissant, se couchait tout doucement sur l'escalier.

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