‹ Les blasons du plaisirChapitre 1 sur 6 · BLASONS D'UNE AMIE · texte numérisé non relu

BLASONS D'UNE AMIE

En souvenir d'une coupe persane et d'une robe

D'une coupe, vers une robe, Je tire une pipe allumée Dont je mêlerai la fumée "Vers vous au rêve que dérobe

En l'enveloppant voire robe Uiolette^ ronde^ coupe aussi T)' un frêle et délicieux lys Qu'en ceinture oîi tout le dérobe

Y enguirlandent^ argentées Sur leur ébène, diamantées^ Des roses au cœur éclatant^

cMoins merveilleux et doux, pourtant , Que le vôtre^ rubis royal Sous son écrin épiscopal.

Comme à travers les aigles noirs Crispés au taillis féodal Var les forêts oii les miroirs D'un moyen âge occidental

Reflètent dans leur eau profonde T)es rêves jusqu au bout du monde ^ Ainsi vous passe^, souveraine^ Mystérieuse châtelaine

Du plus haut donjon d'amitié^

Mélisande de vos cheveux,

Fils d'or de harpe sur vos yeux.

Reine au blason dun chevalier.

Fée de nacre dont Thermine Sémeraude vers Mélusine.

Du vitrail dune cathédrale^ Du parvis d'un temple païen, Des piliers des nefs médiévales ^ D'un promontoire aux feux anciens,

Pileuse aux roses des rosaces^ Etoile des gemmes mystiques^ Liane d'Orient^ roseau de Thrace, Sirène des deux Atlantiques,

D oîi vene^-vous vers ma douleur, Musicienne de mon cœur^ Echo^ souvent, de son murmure?

De l'ogive d'un sceau gothique Oii ïabbesse^ mélancolique, Tient l'oiseau bleu de la Nature^

En secret^ sans quon la regarde ?

// ne m importe si je garde En vouSy à travers vos amours, La bonne place et qu'elle tarde Tant à s'effacer, à son tour,

Quelle vous rappelle la garde Que nous montions contre le cœur Tour qu un vœu de trop grand bonheur Ne nous sépare ou ne retarde

Celui qui nous mène si loin

Tar delà la loi du Destin,

Et d'autres glanes, nymphe, faune

Tour le miel de notre festin Il est salutaire, il est bien Que vous soyie^ une ama^^one.

Mais vous devene^ la Walkûre !

Plus d'une fois, sur vos cheveux, J'ai vii^ contre un casque de feu ^ TJeux ailes à la pointe dure.

Plus d'une fois, dans l'aventure Oiije m'ouvrais^ trop langi iireux^ S ai senti fermer la serrure TD^une porte à notre ciel bleu.

Et^ quelquefois^ je me demande Lorsque f épuise votre offrande Au beau déclin de sa lumière

Si, Vun de ces jours, contre moi^ Trop heureuse de mon émoi^ Vous ne me fere-^ pas la guerre.

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