SOUVENIR
Je neus jamais en mon destin
Tour son vertige Un don plus doux^ plus clandestin ,
Que cette tige
Tendue en bois d'arc^ teinté d'or,
Jonc merveilleux^ Qu'était l'offrande de ce corps.
Voluptueux.
Vous étie:^ nue et m'appelle':^
Comme mon rêve^ Joute au plaisir^ vous tremblieT^,
Plus belle (^u'Eve,
Et moi\ tout noir d'un autre amour.
Qui m'assassine^ Je devins sur voire poitrine
Le Dieu du jour!
Vous rappele^^-vous cette ivresse^
Limmense élan De nos désirs^ puis la tendresse,
A pas plus lents.
Qui nous berçait ensuite^ bas.
Tout baSj le cœur ?
Car vous^ non plus, ne tenie:^ pas
Le vrai bonheur,
Gest d'une double confidence
De trahison Que nous supportions en silence^
Lourds de passion^
Que nos yeux troubles ^ ce grand soir , A trop mêler leur a:^ur sombre^ Composèrent un seul miroir Dont plus d'un astre étoila t ombre.
i\ous nous sommes quittés depuis^
Bien entendu.
Puis chacun de nous a repris
L'amour perdu ^
^ous votre amant ^ moi ma maîtresse,..
Un peu plus calmes^ Nous savons sur notre allégresse
Bercer ses palmes.
Mais quand le doute nous reprend
Vers ce quon aime. Comme moi^ songez-vous au temps
Oii^ tout de même,
Pour vaincre, enfin, V affreux mensonge
A notre tour, Nous y plongions mieux que le songe
Dun double amour?
LE TLAISIR DANS UAMITIE
Aboli le jeu du mensonge, La recherche du seul Plaisir Aux longs délices oii il plonge Nous a tous deux fait nous choisir.
La Tendresse ourle le Désir D'un liseré gui le prolonge, Oest un fil d'or qu'il faut saisir Sans en interrompre le songe^
Libre à travers la trame obscure De la merveilleuse aventure Qui nous dénude et nous enlace
Sans qu'en ce lien toujours dénoué U Amour corrode V Amitié Qui mène à ce qui la dépasse.
NOUVEAU -T^OMANTISME.
« La mélancolie de l'amertume
expérimentée qui est au fond du plaisir. ;?
Gauguin. Noa — Noa.
Très de l'urne d'albâtre orange^ T)ans un soupir^ tu chanteras Sur la guitare ou la gu^la, En russe, une ballade étrange.
Tous tes colliers sur tes seins lourds. Mais durs jusqu'en leurs pointes brunes y M' égrèneront^ comme une a une^ Les couleurs de tous les amours.
Sous tes longs cheveux noirs, la vie De ta peau sombre., mate, rare Aux plis de ta ga^e iartare, Tentera ma mélancolie.
M'aimes-tu ? Ne rn aimes-tu pas ?
Ailleurs aimes-tu comme moi ?
Qu'importe ! Ici nous sommes las Vers un même oubli las et bas.
Tout est terrible, triste et fort, Dans les cœurs qui ont trop aimé.
Malheureux de notre passé Dont le présent voile la mort^
!7Xj)us nous apaisons d'être là.
Et, quand ton chant s'arrêtera, Toute ouverte.^ tu me prendras Sur ton beau ventre, dans tes bras.