QUELLE DÈGHE, MON EMPEREUR I
Le Père dit au Saint-Esprit :
« Ça ne va plus, ça ne va guère.
Et notre splendeur de naguère Finit son temps. C'était écrit.
L'homme a poussé son cri de guerre.
Et voici que l'audacieux Nous flanque à la porte des cieux.
Ça ne va plus, ça ne va guère. »
Le Saint-Esprit lui répondit :
« Faudra-t-il que je déménage, Moi, pauvre colombe, à mon âge?
Mais c'est donc vrai, tout ce qu'on dit?
rÀ-
Tu n'es donc plus millionnaire?
Qui, toi, pané, sans un radis I Qu'as-tu fait de ton paradis, De ton sceptre, de ton tonnerre?
Et ton azur, où nous trempons Les pans de tes chemises bleues, Et tes comètes et leurs queues, Et ton auréole à trois ponts ?
— Rien, plus rien ! Tout est sur la terre, Reprit le vieux. Tout est flambé.
L'homme a prouvé par a -f- h Qu'il en était propriétaire;
Et moi, l'empereur des filous.
Dépouillé par ce coupe-bourse.
Je n'ai plus même la ressource De remettre mon Fils aux clous. »