‹ Les blasphèmesChapitre 41 sur 64 · LE GOINFRE · texte numérisé non relu

LE GOINFRE

Avec le fin Théophile

Ou le bon gros Saint-Amant,

Je dépense savamment

Les jours que Clotho me file.

Sitôt que Phœbus paraît,

Je me rends au cabaret,

Et là, vieux vin, tu réveilles

Les chansons dans mon gosier^

Ainsi qu'un essaim d'abeilles

Bourdonnant sur un rosier.

Lorsque l'ivresse opportune N'a point noyé mon soucia Vite, pour qu'il soit roussi, A sa barbe je pétune.

Et le lâche empoisonneur Qui corrompait mon bonheur, Éternuant» pris de rhume, Se sauve à ce feu vermeil, Comme s'envole une brume Au baiser d'or du soleil.

. Je sais ce qu'il faut qu'on pense Et des hommes et des dieux.

Mais voulant devenir vieux D'en parler je me dispense.

Docteurs et théologiens Sont bons à jeter aux chiens.

Mais pour l'avoir dit à Rome, Théophile est en exil; Moi, je crains les juges comme La vigne craint le grésil.

Puisqu'une fois sous la terre On rentre dans le néant,

Vivons en nous récréant Sans chercher d'autre mystère.

Pour moi, mes vœux sont contents Si je puis boire longtemps, Et si l'on veut condescendre A faire sans plus de frais Un pichet avec ma cendre Pour y tenir le vin frais.

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