‹ Les blasphèmesChapitre 42 sur 64 · LE FLORENTIN · texte numérisé non relu

LE FLORENTIN

Je suis poète, peintre et sculpteur, et sans trêve Je cherche la Beauté qui fuit devant mes yeux. Dans la couleur, le marbre et les mots précieux J'emprisonne, pour la fixer, sa splendeur brève.

Le monde est une ébauche et c'est moi qui Tachève. N'est-ce pas moi qui fais, ou forts ou gracieux, Visibles sur la terre et presque dans les cieux, Ces Dieux qui ne sont pas, sinon quand je lés rêve?

Moi qui chante leur gloire et montre leur portrait Je n'aurais qu'à cesser, le monde apparaîtrait Comme un chaos informe, obscur, sans harmonie.

Mais j'aime mieux i^e pas causer un tel émoi Il me plaît de créer ces Êtres que je nie; Car, en les adorant, on n'adore que moi.

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