‹ Les blasphèmesChapitre 7 sur 64 · TES PÈRE ET MERE · texte numérisé non relu

TES PÈRE ET MERE

Voici la chose! C'est un couple de lourdauds, Paysans, ouvriers, au cuir épais^ que gerce Le noir travail; ou bien, des gens dans le commerce^ Le monsieur à faux-col et la vierge à bandeaux.

Mais, quels qu'ils soient, voici la chose. Les rideaux Sont tirés. L'homme, sur la femme à la renverse, Lui bave entre les dents, lui met le ventre en perce. Leurs corps, de par la loi, font la hôte à deux dos.

Et c'est ça que le prêtre a béni! Ça qu'on nomme

Un saint mystère! Et c'est de ça qu'il sort un homme !

Et vous voulez me voir à genoux devant ça !

Des père et mère, ça ! C'est ça que Ton révère ! Allons donc! On est fils du hasard qui lança Un spermatozoïde aveugle dans l'ovaire.

LE BON ÏExMPS

Je ne regrette pas mon enfance. Les jours Du collège me sont un souvenir morose :

Leçons, devoirs, pensums, haricots et chlorose, Et l'ennui qui suintait aux quatre murs des cours.

Je ne regrette pas ma jeunesse. Bien courts Ces temps de poésie, et qui meurent en prose ! . Toujours la dent gâtée est sous la lèvre rose, Et le pire dégoût suit les meilleurs amours.

Je ne regrette pas non plus l'heure bénie

Où j'espérais la gloire à force de génie.

C'est là semer son cœur pour récolter du vent.

Jb regrette le temps où, sans vœu, sans chimère,

Sans penser, végétant encore et non vivant.

Je n'étais qu'un fœtus au ventre de ma mère.

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