L'ENGIN
Il comporte trois éléments : le coffre, la charge, le percuteur.
Le. coffre est formé d’une boîte en bois de 12x8x5 cm., munie d'un couvercle qui assure l'étanchéité avant complet rabattement, qui ne devient effectif que sous un effort de pression, dont l'effet sera signalé plus loin. Boîte et couvercle sont entaillés pour le passage du percuteur.
La charge est un parallélépipède de 250 grammes de tolite, portant sur une de ses faces un logement circulaire de 4 centimètre de diamètre, pouvant recevoir l'extrémité du dispositif de mise de feu. c
Le percuteur — et je comprends sous ce nom tout le dispositif de mise de feu — est un cylindre de galalithe de 1 centimètre de diamètre et de 6 centimètres de longueur. Une de ses extrémités sort de la boîte, portant le percuteur proprement dit, fixé à son extrémité par une goupille dans la position du ressort bandé.
Le fonctionnement en est le suivant : sous un'eïfet de pression, ie couvercle est rabattu:à fond. Dans son mouvément, il arrache la goupille, qui libère le ressort. Celui-ci chasse le percuteur jusqu’à une capsule de fulminate, noyée dans la tolite. | |
-Pour son emploi, l'engin demande à être placé sous une épaisseur d'environ 5 centimètres de terre, et dans la plupart des cas ne comporte pas l’adjonction de pièces métalliques, projectiles éventuels.
BLESSURES OCCASIONNEES
Elles seront variables suivant la position du sujet, par rapport à la mine au moment de l'explosion. Nous envisagerons successivement l'effet sur le sujet debout, le sujet couché, les lésions secondaires communes aux deux cas, et enfin les lésions d”° ordre général.
A. — En station debout: personnel progressant.
C'est l'acccident, classique des hommes qui posent le pied sur engin et déclenchent le dispositif d'allumage. Tout se passe comme Si la force de déflagration s exerçait SUT un segment rigide, fixé par ses deux extrémités. Le segment, c'est la jambe. Les éléments de fixation sont le poids du corps -d'une part, la résistance du sol de l’autre. Les lésions por- - tent généralement. uniquement sur le membre à l'appui; le membre en mouvement reste indemne à quelques éclaboussures près. Nous pensons que ce dernier membre, n'étant pas fixé, a pu mieux se conformer à la direction du souffle et à été dévié, pivotant autour de l'articulation de la hanche et de celle du genou. Une autre preuve que la lésion principale est bien due à la déflagration, en dehors de toute action de projectile, se trouve dans le fait que l’amputation traumatique, qui est de règle en ce genre d'accident, se produit élec- {riquement aux deux points de moindre résistance de la jambe : articulation tibio-tarsienne d’une part, jonction du tiers inférieur et du tiers moyen du tibia d'autre part.
Signalons enfin un cas rapporté dans nos observations