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larsiennes, et au tiers supérieur pour les arrachements du tiers inférieur. Les lésions des décollements musculaires et d'hémorragies interstitielles remontent parfois si haut que l’amputation doit être pratiquée auniveau du genou. La technique est classique et li inmexpérience de l'opérateur nous semble moins préjudiciable au blessé qu’un retard indéterminable. Nous avons pratiqué deux amputations du tiers Supérieur du tibia, et la difficulté majeure nous a semblé résider dans l'obtention d'un bon lambeau de recouvrement. Les lésions tégumentaires et musculaires superficielles remontent bien au-dessus des lésions musculaires profondes et
sseuses, et l’on est obligé de scier l’os assez haut pour avoir un coussinet ou des lambeaux acceptables. La suture primitive nous semble à proscrire absolument, encore que certains chirurgiens allemands la pratiquent.
Un léger suintement plus ou moins purulent fait généralement suite à l'intervention. Dans les cas où il se montre inquiétant, les sulfamides et la pénicilline mis en jeu donnent d'excellents résultats. La cicatrisation par bourgeon charnu en l'absence de complication se fait rapidement dans le mois qui suit. Les hémorragies secondaires surviennent parfois et sont peut-être dues à une lésion artérielle, qui ne s’est pas manifestée pendant le stade d'hypotension périphérique et aboutit à la perforation quand la ténsion remonte avec les injections de plasma, la transfusion ou plus simplenient la récupération du malade.
Les suites opératoires sont étonnamment bonnes pour un traumatisme aussi important et en dehors de quelques suppurations persistantes, nous n'avons vu qu'une escarre du moignon chez un blessé de 54 ans, pour lequel la réintervention a été nécessaire. Son état général était délficient, et l'atrophie des masses musculaires particulièrement gênante . pour l’amputation pratiquée assez bas. Dans les cas normaux et chez les sujets jeunes, le blessé se déplace sur des béquilles après le premier mois, peut être appareillé au troisième et circule normalement six mois après. :
PeuCHOT.
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B. —— En station allongée: personnel déminant.
Le pionnier est atteint soit lorsque, penché vers le sol, il cherche à détecter l'engin, soit lorsque, l’ayant découvert, allongé à plat ventre, il cherche à le neutraliser. Dans les deux cas, la déflagration le surprend, offrant sa face aux projections.
“La tête présente des éléments osseux, dont la résistance et la cohésion rendent négligeable l'effet de Blast, qui n'aura d'action que, sur les orilices naturels, en particulier. les oreilles. L'effet de brülure est important, tout en restant fonction de la proximité du foyer d’explosion. Généralement, lésions du deuxième degré avec épiderme décollé, phanères calcinées. Les lésions de projection vont se présenter comme un tatouage sans gravité; les corps étrangers s'arrêtent au uiveau de l'os, leur action sur les parties molles étant très limitée, puisqu'ils ne traversent ni les joues, ni les ailes du nez. is
Malheureusement, deux points faibles vont assombrir le pronostic bénin de ces projections : les lésions oculaires d’une part, qui donnent lieu à une diminution physique telle qu’elles vont renverser complètement le pronostic fonctionnel, les déchirures de l'artère temporale d'autre part, qui demandent une intervention immédiate et délicate. |
Nous nous libérons des déchirures de l'artère temporale, incomparablement moins importantes en gravité et en fréquence que les lésions oculaires. Elles semblent dues à la trajectoire tangentielle d’un projectile qui vient labourer la fosse temporale. Les hémorragies qui en résultent se révèlent comme particulièrement désagréables à neutraliser, elles sont très importantes d'emblée, et il'faut souvent faire plusieurs prises à la pince, avant que l’une d'elles ne donne une compression efficace.
Les lésions oculaires, qui ne se signalent pas obligatoirement à l’extérieur par des points d'impact sur les paupières,
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doivent immédiatement retenir l'attention du médecin. Il remarquera Souvent un écoulement séro-sanguinolent venant de l'humeur aqueuse et du corps vitré. Dans la même règle, la Hésion est une perforation de dimension et de siège variable, dont les caractéristiques sont : une perte totale ou partielle de la tension oculaire, qui donnera une idée à peu près exacte des dimensions de la perforation, un tatouage plus ou moins marqué de la cornée. Ce tatouage semble être beau- . coup plus le fait dé résidus de combustion que celui d’éléments telluriques, dont la pénétration serait plus profonde.
Lorsque l’on se trouve dans des conditions de travail acceptables, l’instillation de quelques gouttes de bleu de métylène signale efficacement la position des impacts, dont beaucoup risquéraient sans cela de passer inaperçus. Il est très difficile de localiser l'emplacement des corps étrangers, la radio elle-même restera muette en raison de leur nature.
L'examen minutieux permet de constater dans de nombreux Cas une hernie de l'iris et l'invasion de la chambre antérieure par le sang.
Le traitement se peut diviser en traitement d'urgence eË intervention. £
Urgence : Il se bornera à peu de choses : nettoyage au sérum, pansement protecteur, monocle ou ,binocle selon l'étendue des lésions et précautions sérologiques d'usage. Pratiquement, nous observions la plus grande prudence dans la crainte d’érailler la cornée. En réalité, ce qu'il faut au blessé, c’est un spécialiste, et le plus tôt possible.
Intervention : Après constatation des lésions, examen à la chambre noire, radiographie (souvent négative), heureux étaient les cas où l’éviscération du globe n'apparaissait pas comme la seule intervention possible, L'issue de ces perfoations oculaires nous a semblé se solder par une cécité totale ou partielle dans plus de 80 p. 100 des cas. On en percoit la gravité en prenant connaissance de l’âge des blessés, qui ont fait l'objet des observations ci-jointes. |
ME. Ms
L'éviscération était retardée pour laisser refroidir les lésions, et si un espoir pouvait être gardé, l’intervention consistait en l’ablation des corps étrangers; la préparation d’un lambeau de recouvrement et, le cas échéant, la résection de l'iris et le favage de la chambre antérieure. Si pour l’amputation traumatique les suites opératoires étaient favorables, on ne peut en dire autant ici, toutes sortes de complications venant encore assombrir le pronostie : phtisie du globe, leucome adhérent, synéchies, cataracte traumatique; cette dernière éventualité, pour laquelle une intervention ultérieure est possible, reste la plus favorable, puisqu'elle laisse place à un espoir de-vision très atténuée.
Quel est le résultat fonctionnel ? Il sera bien faible. La cécité est, dans 80 p. 100 des cas, le sort de l'œil atteint, et les deux yeux nous ont semblé touchés dans 50 p. 400 des cas. Le nombre des cécités complètes est donc très élevé, encore accru par les accidents secondaires; l'œil que l’on a réussi à sauver momentanément se mettant à présenter une suite d'accidents infectieux ou d’irritation sympathique ne se terminant pas toujours sans dommages. |
Certaines mesures préventives nous ont paru pouvoir être adoptées; la spécificité de ces lésions, leur caractère de gravité dus à des localisations électives sur les yeux et les artères temporales, la masse et par suite la force vive réduite des éléments telluriques à considérer nous ont donné à penser qu'un écran, même de peu de résistance, suffirait à protéger efficacement dans la plupart des cas. Normalement, les pion-. niers étaient munis d'un casque; si celui-ci protège dans une certaine mesure le cuir chevelu et l'artère temporale, on ne saurait compter sur lui pour arrêter les projectiles au niveau des yeux. Qu'il nous soit permis d'ouvrir une parenthèse au sujet du casque; la formation, dans laquelle nous avons servi, était équipée du casque américain, dit casque double. Il comprend un élément interne de galalithe entoilée, un élément externe métallique. L'un recouvre l’autre, chacun étant pourvu de sa jugulaire. Ce casque, d’un poids total élevé et
à base. évasée, offre une prise importante au souffle de l'expiosion. La traction, transmise par les brides et s'exerçant au niveau des veines jugulaires et des carotides, donne lieu à des lésions vasculaires. Nous avons constaté. que des hématomes d’origine veineuse, mais des lésions artérielles ont pu se produire, puisque le règlement américain conseille de ne pas utiliser la bride-jugulaire de l'élément métallique. Il s'ensuit une instabilité telle du casque sur la têle que les pionniers, travaillant en position horizontale, préféraient se priver de la protection du casque que de subir la gêne de sa chute sur les yeux. Pour cette raison, le casque français . du type « char », avec ses bords étroits et sa jugulaire large, nous à paru de beaucoup préférable. Quoi qu’il en soit, le rôle du casque reste secondaire, les yeux présentent l'objectif n° 1;ete ‘est à eux que nous avons pensé dans |’ étude du dispositif ci-dessous.
Le problème qui se pose est le DE : offrir une visibilité suffisante el une protection efficace contre les petits éclats. Une bonne solution nous semble apparaître dans l'adoption de lunettes, tenant à la fois de celles qu'utilisent les plongeurs de pêche sous-marine et de celles des coureurs motocyclistes. Les lunettes de plongée comprennent une grande vitre plane, dont l’adhérence au visage est.assurée par une monture de caoutchouc, qui se continue par ses bords latéraux en un lien ajustable derrière la tête. Les lunettes de coureurs motocyclistes sont des lunettes métalliques, portant deux fentes en croix, l’une horizontale, l’autre verticale, dont les points d’intersection correspondent aux centres des pupilles. M. le Professeur Beauvieux, à qui nous en parlions, nous a dit que c'était là une disposition bien connue en optique, qui réduit la luminosité des images, en accentuant leur relief sans limitation appréciable du champ visuel. Nous pen- : sons que les démineurs pourraient être utilement protégés par ‘une plaque métallique en alliage léger de 2 millimètres d'épaisseur, monté dans la formule précédente sur une carcasse de caoutchouc entoilée, Il serait bon d'en élargir les
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bords pariétaux au niveau des fosses temporales, pour assurer un large recouvrement de l'artère. Notre expérimentation se borne à un unique essai, où, encore que le front et la face fussent criblés de petits éclats, les yeux sont restés indemnes, la plaque protectrice, en aluminium, ayant rempli son office, comme en témoignaient les éraflures supportées par elle. Un appareil de ce genre serait mieux qu'accepté et toléré par les démineurs, bien plus inquiets du risque de cécité que du risque d’amputation.