LE PAIN BÉNIT
Une autre bonne vieille coutume aussi disparue est celle de la présentation du pain bénit.
Le pain bénit était donné par chacun des citoyens d'une paroisse, à tour de rôle.
Le paroissien qui devait donner le pain bénit en était prévenu par le dépôt que l'on faisait entre ses mains, à son banc à l'église, d'un morceau du pain bénit que l'on distribuait le dimanche et qui avait été donné par son voisin. On appelait ce morceau de pain bénit "chanteau," et aucun ne donnait le pain bénit s'il n'était prévenu par la mise en main de ce chanteau ; c'était la manière officielle d'avertir, et on n'avait garde d'y manquer.
A part le pain bénit de rigueur, on donnait aussi des pains bénits dits de dévotion aux fêtes patronales de la paroisse, au jour de l'An, au jour des Rois, à Pâques, à la fête de Saint-Pierre, à la Fête-Dieu, etc.
Les pains bénits de dévotion étaient quelquefois très hauts, à plusieurs étages, garnis de morceaux appelés cousins et écoiles ; on distribuait un cousin à chacun des bancs, ainsi que des étoiles ; on tranchait le pain par petits morceaux et on le distribuait au peuple.
La croix ou la couronne du pain bénit était toujours destinée à monsieur le curé.