‹ Les Bois-Francs (volume 2)Chapitre 39 sur 115 · LE FOULAGE DE L'ÉTOFFE · texte numérisé non relu

LE FOULAGE DE L'ÉTOFFE

Le foulage de l'étoffe du pays se faisait pendant les veillées de l'automne. On creusait un tronc d'arbre, en forme d'auge que l'on remplissait d'eau bien chaude avec beaucoup de savon, et on déposait dans cette eau l'étoffe que l'on voulait fouler. Quatre hommes munis de foulons en bois-francs, bien unis pour ne pas déchirer l'étoff'e, frappaient en cadence régulière sur l'étoffe, tandis qu'un cinquième, placé au milieu de l'auge, armé d'une petite massue en bois, frappait de manière à la tenir en place.

Ce foulage se faisait toujours en chantant quelques chansons. Quand il n'y avait pas de chant, on disait que c'était plus fatiguant et que l'étoffe ne se foulait pas également. La chanson la plus en usage pendant le foulage de l'étoffe était :

C'est la belle Françoise Qui veut se marier

Une autre de ces chansons de circonstance commençait par ces mots :

Je le mène bien, je le mène droit, Je le mène bien, mon beau dévidait.

Oh ! Si mon papa le savait, Comme je le mène bien mon dévidoit !

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