M. Antoine Gérin-Lajoie 5. M. H. St Germain
velle destination de manière à y être rendu, s'il est possible, pour dimanche prochain.
En attendant que vous receviez de moi des pouvoirs plus détaillés, je vous autorise à exercer à Gentilly les pouvoirs de vicaire, et pour les townships, si besoin est, ceux que M. Larue est autorisé à y exercer.
Je suis etc.,
t Jos. Ev. DE Québec.
Ces deux lettres de Monseigneur de Québec sont des documents attestant par écrit ce que nous n'aurions su autrement que par la tradition. C'est une reconnaissance officielle par l'autorité religieuse de l'expression " Les Bois-Francs" alors en usage dans ces places nouvelles. La lettre de 1838 nous fait connaître le territoire considéré à cette époque comme composant les Bois-Francs : les Cantons de Blandford (i), Somerset, Stanfold, Arthabaska, Warwick et Bulstrode. (2)
La lettre de 1839 indique l'endroit oii sont situés les Bois-Francs : les divers établissements qui se trouvent derrière la paroisse de Gentilly et celles du voisinage, c'est-à-dire : St-Pierre, Bécancour, St-Grégoire.
Notons que les expressions Cantons de l'Est et Bois- Francs ne sont pas synonymes. Les Bois-Francs ne sont qu'une portion des Cantons de l'Est.
Pourquoi a-t-on appelé cette partie des Cantons de l'Est "Les Bois-Francs" ?
(1) La partie sud de Blaudford appelée la " Rivière Bécancour.
(2) Une partie du 1er et 12èine rangs de Bulstrode, alors habitée.
Cette dénomination est toute naturelle, rationnelle. C'est la qualité du bois même qui croissait et recouvrait le sol de ce territoire qui lui a valu son nom. En effet, en contemplant cette immense forêt composée de hêtres, d'érables, de merisiers, de chênes, d'ormes, les premiers colons et visiteurs furent naturellement inspirés de baptiser sous le nom de "Les Bois-Francs" le pays qu'ils venaient de découvrir et destiné à devenir leur future patrie.
Avouons, comme le disait L.-H. Fréchette un jour, que ce nom des " Bois-Francs" se recommande à plus d'un titre. Il porte avec lui comme un parfum de sol vierge. Sa tournure pittoresque fait rêver de vallous perdus, de collines boisées, de montagnes abruptes, de chênes robustes et d'érablières sans fin.