L.'T. Bernard, ptre
Curé de Ste-Claire de Joliette.
Lequel extrait nous soussigné, vicaire de St-Calixte de Somerset, certifions être conforme au registre original déposé dans les archives de la cure de la dite paroisse.
Fait à St-Calixte de Somerset, le 23 avril 1913.
E.-A. Dupont, ptre."
En juin 1886, le corps de l'abbé C.-E. Bélanger fut de nouveau transporté dans le cimetière de St-Calixte. Les restes mortels de M. l 'abbé Bélanger furent placés dans un même cercueil, avec ceux de M. l'abbé Joseph Matte et ceux de M. Ambroise Matte, père de M. l'abbé Joseph Matte.
A l'approche du cinquantième anniversaire de la mort de M. l'abbé Bélanger et de son compagnon Ambroise Pépin, on agita la question d'élever un monument à la mémoire de nos deux héros, à l'endroit oii ils avaient perdu la vie.
Cette idée fut très favorablement accueillie et tous les citoyens des Bois-Francs rivalisèrent de zèle et de o-énérosité pour en assurer la réalisation. Nous étions en
Monsieur l'abbé C.-F. Baillargeon, ancien curé de Stanfold, un des principaux promoteurs de ce noble projet, voulut bien se charger du tiavail de l'organisation de cette fête commémorative et de voir aux moyens à prendre pour se procurer et élever un monument convenable.
M. l'abbé C.-F. Baillargeon fut secondé et approuvé par M.l'abbé D. Matte, curé de Somerset, M. l'abbé P.-P. Dubé, curé de Ste-Julie, M. l'abbé L.-A. Buisson, curé de St-Norbert, M. l'abbé C.-E. Mailhot, curé de St-Louis de Blandford, et par nombre de citoyens marquants des comtés d'Artliabaska et de Mégantic.
M. Baillargeon s'adressa d'abord aux conseils de Plessisville, de Princeville et de St-Louis de Blandford, qui souscrivirent une somme suffisante pour couvrir les frais du monument, qu'on voulait inaugurer en 1895, cinquantième anniversaire de cet événement triste et mémorable.
On avait décidé de placer ce monument aussi près que possible de l'endroit oii M. l'abbé Bélanger avait été trouvé mort.
M. le curé de Stanfold, M. l'abbé A. Désaulniers, fut d'un avis contraire. Il aurait voulu que St-Calixte de Somerset cédât à St-Eusèbe de Stanfold les ossements de M. l'abbé C.-E. Bélanger, pour les placer dans le cimetière de Stanfold, et là y ériger le monument. Somerset ne voulut pas acquiescer à cette proposition.
Les choses étant ainsi, on crut devoir abandonner et remettre à plus tard l'exécution de cet acte de reconnaissance.
Ajoutons que lors de la bénédiction des cloches de Stanfold, en 1890, Mgr Antoine Racine, premier curé de
Stanfold et premier évêque de Sherbrooke, apprenant ce louable projet, l'approuva fortement et promit d'assister à l'inauguration de ce monument qu'on voulait élever en témoignage de reconnaissance et de gratitude, à la mémoire de ce dévoué missionnaire, au sujet duquel, M. C. Trudelle, premier curé de Somerset, en 1850, a dit, à la connaissance d'un grand nombre de témoins de cette lamentable épopée : " Comme toutes les œuvres importantes et qui, dans l'ordre de la Providence ne peuvent réussir qu'au prix de grands sacrifices, la colonisation des Bois-Francs avait eu ses héros, elle venait d'avoir ses
C'était le baptême de sang des Bois-Francs. En effet, l'enfant, digne fruit de l'union du patriotisme avec le dévouement, a dit quelqu'un, méritait d'être tenu sur les fonds baptismaux par son grand-père le sacrifice et d'être aspergé par le plus pur sang de notre religion, le sang du prêtre.
En finissant, me serait-il permis d'exprimer un vœu ? Pourquoi ne pas, au moins, placer une pierre tnmulaire à l'endroit où M. C.-E. Bélanger est mort, et ainsi commémorer un événement dont les anciens des Bois-Francs nous parlaient encore, il y a quelques années, avec tant d'émotion, en versant des larmes ? La génération qui a vu. . . .s'en va !
Les premiers pionniers des Bois-Francs sont descendus dans la tombe ; leurs enfants sont des vieillards, et à mesure que les rangs de ces derniers s'éclaircissent, à mesure que leurs têtes blanchies s'inclinent devant la mort, pour ne plus se relever, le jour s'assombrit, la nuit se fait sur les faits et gestes de ces biaves colons qui ont
ouvert à la civilisation et donné à la patrie le sol qui nous a vu naître, que nous exploitons et qui se refermera bientôt aussi sur nous. La tradition locale, la belle et suave tradition des origines des Bois-Francs, va s'affaiblis» sant chaque fois que nous conduisons au cimetière l'un de ces vieillards, qui désormais ne sera plus là pour l'entretenir, la raviver, pour relater au coin du feu, devant les plus jeunes, les péripéties de nos origines, les vertus, les combats, le courage de nos prédécesseurs.
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Ivi. LV\BBE CHARLES EDOUARD BELANGER
Décédé le 24 novexbre 1843