‹ Les Bois-Francs (volume 3)Chapitre 117 sur 127 · DANS LA NUIT DU MARDI AU MERCREDI 20-21 JUILLET · texte numérisé non relu

DANS LA NUIT DU MARDI AU MERCREDI 20-21 JUILLET

j j ANS la nuit du 20 au 21 juillet de l'année 1862, la (f' Paroisse de St-Eusèbe de Stanfold fut le théâtre

d'un drame qui jeta la stupeur et l'effroi parmi tous les gens des Bois-Francs. Une femme accomplissait un acte des plus lamentables et des plus horribles, une mère de famille, dans un moment de découragement, de désespoir, égorgeait ses propres enfants. Elle avait bien déjà donné des signes d'aliénation mentale, mais personne ne pouvait supposer qu'elle en viendrait à perpétrer un massacre dont le seul récit fait frémir de frayeur. Au commencement de juillet 1862, Fabien Bourret laissait St-Eusèbe de Stanfold dans le but de gagner la vie de ses nombreux enfants et de leur pauvre mère. Il se rendit dans les environs de Sherbrooke pour y faire la récolte du foin. Les années précédentes il avait déjà fait des voyages semblables. Ces absences duraient un mois, un mois et demi.

En 1862, Fabien Bourret entreprit un nouveau voyage du même genre. Il laissa chez lui son épouse, née Domi-

thilde Laventure, (1) et sept enfants, dont la plus âgée avait treize ans ; une autre de ses enfants, l'aînée, âgée de quatorze ans, demeurait dans la paroisse voisine, Saint- Norbert d'Arthabaska, chez un de ses oncles.

Domithilde Laventure, comme toutes les bonnes épouses, les mères de famille dévouées, ne laissait pas à son mari le soin de pourvoir seul aux besoins de sa nombreuse famille ; au contraire, elle faisait tout en son pouvoir pour aider, par son travail incessant, au maintien, à la nourriture et à l'entretien de ses enfants.

Aussi, la voyait-on toujours occupée, toujours travaillant à procurer le bien être à ceux que Dieu lui avait confiés.

Quelques jours avant le départ de son mari, elle était allée chez une voisine chercher de l'ouvrage, du filage dont son amie devait lui payer le coût en nature, en effets qui devaient servir à la nourriture de ses enfants.

La voisine amie, confiante en son honnêteté, en lui donnant les efïets qu'elle devait travailler chez elle, lui remit en même temps une partie du paiement de son travail, sous forme de provisions de bouche.

Quelques jours après le départ de Bourret pour les Etats-Unis, un dimanche après-midi, 20 juillet, Domithilde Laventure se rendait chez sa voisine amie, rapportant avec elle l'ouvrage qu'elle lui avait confié, en même temps ce qu'elle avait eu de provisions, en paiement de son futur travail.

(1) Le 11 janvier 1847, Fabien Bourret, fils de Joseph Bourret et de Geneviève Lafaure, de la paroisse de St-Eusèbe de Stanfold. avait épousé à St-Calixte de Somerset, Mathilde (Domithilde) Laventure, fille de Pierre Laventure et de Geneviève Sylvestre, aussi de St-Eusèbe de Stanfold.

Elle arriva en disant qu'elle avait trop présumé de ses forces, qu'elle prévoyait ne jamais être capable de remplir sa promesse, et, ne voulant pas tromper son amie, elle préférait lui rapporter son ouvrage et le paiement qu'elle avait bien voulu lui en faire d'avance, et elle ajoutait que quelque chose lui faisait pressentir qu'elle mourrait sous peu, et, ne voulant pas être engagée en faisant tort à quelqu'un, elle préférait rapporter ce que son amie lui avait mis en main, qu'ainsi elle serait sans inquiétude de ce côté.

L'amie fut très suprise des démarches de sa pauvre voisine ; après lui avoir dit qu'elle avait tort de se décourager, elle tâcha de la réconforter et lui inspirer confiance en l'avenir, en lui disant qu'elle devait avoir bientôt de l'aide par ses enfants, qui ne manqueraient pas de donner à leurs parents les secours dont ils auraient besoin, et que bientôt. Dieu aidant, ils vivraient tous ensemble heureux et prospères.

Les sages conseils de son amie parurent lui faire du bien, et en partant pour retourner chez elle, elle lui dit un amical bonsoir.

Cela n'empêcha pas Domithilde Laventure de se rendre chez ses autres voisines, leur faire une visite, ce qui n'était pas dans ses habitudes, car elle ne sortait jamais de sa maisonnette. Là encore, elle faisait un récit de ses inquiétudes, de ses appréhensions d'une mort prochaine.

Ses voisines tâchèrent de la consoler, de l'encourager, en lui disant qu'elle était malade, que l'ennui causé par le départ de son mari allait disparaître aussitôt la réception de la première lettre, qu'il ne tarderait pas à écrire.

Vains efforts de la part des voisines. La pauvre femme ne voulait pas se rendre à leurs sages conseils de ne plus penser à de si tristes choses.

Une de ses amies lui disait qu'elle était malade, que la fièvre dont elle était menacée, une fois disparue, tout rentrerait dans le calme, et alors elle serait ce qu'elle avait toujours été jusque là, pleine de courage et d'énergie, ne penserait plus à mourir, mais plutôt à vivre, afin de pouvoir faire ce qu'elle avait toujours fait jusqu'alors : travailler pour élever ses nombreux enfants.

Ujie amie lui conseillait, avant de partir de chez elle, de ne pas tarder à se soigner, en prenant, dès le soir même, un bain bien chaud, et le lendemain, à bonne heure, elle irait la voir pour lui prodiguer ses soins, si toutefois elle n'était pas mieux.

La Fabien Bourret paraissait contente de l'offre de sa bonne voisine, et partait en souhaitant le bonsoir à son amie.

Pendant qu'elle faisait ses visites chez ses voisines, l'aînée de ses enfants, venue, le matin même, de Saint- Norbert d'Arthabaska, était à la maison, lorsqu'elle arriva.

La jeune fille dit à sa mère qu'elle ne voulait pas partir sans lui souhaiter le bonsoir. La mère fit beaucoup d'instances auprès de sa fille pour l'engager à passer la nuit avec elle, mais l'enfant, après avoir passé la veillée à la maison, alla coucher chez une amie.

On se sépara vers dix heures et demie.

Il avait été convenu, la veille au soir, que la jeune fille, avant de partir pour St-Norbert, viendrait voir comment était sa mère, et lui souhaiter le bonjour.

Quelle ne fut pas la surprise de Tenfant de trouver la porte d'entrée de la maison barricadée en dedans, et la seule fenêtre qu'il y eût, hermétiquement fermée ! Après avoir vainement frappé et appelé, elle aperçoit, par une petite ouverture de la porte, sa pauvre mère étendue sur le plancher, immobile et ne paraissant pas donner signe de vie ! Affolée, elle part, en toute hâte, avertir le plus proche voisin de ce qu'elle venait de voir.

On revient immédiatement, on essaie d'ouvrir la porte ; rien ne cède ; alors on se fait une entrée à coups de hache.

Spectacle horrible ! la maison est transformée en abattoir : huit cadavres sont là gisant dans le sang !

Voyez devant vous une chaumière de dix-huit pieds de longueur par une largeur de quinze pieds environ, toute basse, n'ayant qu'une porte et un petit châssis, des planchers tout raboteux et disjoints, de petites couchettes faites avec du bois rond, une petite table, quelques chaises plus ou moins boiteuses, un poêle ; voilà l'ameublement de cette pauvre demeure ! ajoutez à cela du sang, toujours du sang, couvrant le plancher et les pauvres meubles.

Trois cadavres sont dans le haut de la maison ; le sang de ces pauvres victimes, après avoir coulé à flots à travers le plancher disjoint du haut de la maison, s'écoule maintenant goutte à goutte et reste figé, coagulé, suspendu aux poutres et au plancher.

La plus âgée des victimes avait dû opposer beaucoup de résistance à la pauvre mère ! Elle avait été frappée de sept coups de hache dans le dos ; quelques-uns de ces coups de hache la traversaient de part en part. Un enfant de quatre ans avait le cou coupé, la tête n'étant retenue que

par un lambeau de chair. Les cinq autres baignaient dans leur sang. La pauvre mère avait mis fin à ses jours en se coupant le cou avec un rasoir.

Quel spectacle terrifiant !

Ce n'était pas un malheur domestique, c'était un malheur public. Tous les citoyens, non seulement de la paroisse de Stanfold, mais aussi ceux des paroisses environnantes, étaient dans le deuil, dans la consternation.

On ne pouvait croire qu'une mère pût en venir à un tel état de démence et être l'auteur d'un tel forfait.

Etait-il possible, qu'une mère, même en proie à la folie, aurait poussé la barbarie jusqu'à égorger ses propres enfants ?

On ne savait que penser.

Des soupçons, des conjectures furent à l'ordre du jour. Une main criminelle ou étrangère ne serait-elle pas la vraie coupable ?

Même, ô horreur ! on en vint jusqu'à laisser planer des doutes sur la possibilité de la culpabilité du père luimême. On crut devoir députer quelqu'un pour aller s'enquérir des faits et gestes de Fabien Bourret, le jour et l'heure où s'accomplissait ce multiple meurtre. On ne fut pas lent à constater qu'à ce moment, Bourret était chez son bourgeois et bien loin, hélas ! de penser au malheur qui l'attendait.

D'ailleurs, l'enquête présidée par le docteur Médéric Poisson, coroner du district d'Arthabaska, prouva complètement que Mathilde alias Domithilde Laventure était, bien que trop malheureusement elle-même, l'auteur de ce crime atroce.

Le rasoir qu'elle tenait dans sa main gauche, (elle

était gauchère) ne pouvait laisser aucun doute qu'après avoir mis à mort ses enfants, elle avait mis fin à ses jours en se tranchant la gorge.

Le vingt-cinq juillet au matin, huit voitures, portant chacune un cercueil, défilèrent en face de l'église de Saint- Eusèbe de Stanfold. Plus de cent voitures, tant de la paroisse que des paroisses environnantes, formaient le cortège funèbre. La tristesse la plus profonde était peinte sur toutes les figures. Le père faisait peine à voir, accablé qu'il était par la douleur.

Province de Québec,

Enquête du Coroner, District d'Arthabaska.

Attendu qu'une enquête a été, ce jour, tenue à la vue des corps de Domithilde Laventure, femme Bourret, laquelle s'est suicidée en se coupant la gorge avec un rasoir, dans un moment d'aliénation mentale, et de Délima Bourret, de Marie Elise, de Ludger, de Joséphine, de Julie, d'Adélard et d'Olivier Bourret, tous sept enfants de la dite Domithilde Laventure, lesquels ont été massacrés par leur dite mère, lorsque cette dernière était dans un moment d'aliénation mentale, tous, lesquels corps, sont maintenant gisant dans votre paroisse. Ces présentes sont en conséquence pour certifier que vous pouvez légalement permettre que leurs corps soient enterrés.

Et pour ce faire ceci est votre garant.

Donné à Princeville, ce vingt-unième jour de juillet de l'an mil huit cent soixante et deux.

Sous mon seing et sceau,

URGEL MEDERICK POISSON,

Coronaire (Coroner)

D'Arthabaska.

Au Rév. Messire Pelletier, curé de St-Eusèbe de Stanfold, et à tous les autres que les présentes pourront concerner :

Le vingt-cinq juillet mil huit cent soixante et deux, nous, prêtre curé soussigné, avons inhumé, dans le cimetière de cette paroisse, les corps de Domithilde alias Mathilde Laventure, épouse de Fabien Bourret, qui s'est suicidée le vingt et un du courant, en cette paroisse, à Tâge de trente-trois ans, sous Tinfluence de la folie, après avoir égorgé sept de ses enfants, dont les noms suivent comme il appert par le verdict du conoraire (coroner), Marie Rose de Lima, âgée de treize ans, de Sophie, Marie Mérélice, alias Elise, âgée de onze ans, de Fabien Ludger Napoléon, âgé de neuf ans, Joséphine, âgée de six ans, de Marie Julie, âgée de quatre ans, de Henri Adélard, âgé de deux ans, et de Olivier, âgé de quatre mois et cinq jours, tous sept enfants de Fabien Bourret et de défunte Domithilde alias Mathilde Laventure.

Parents :

PIERRE COULOMBE et AUGUSTIN POISSON,

ainsi qu'un grand nombre d'autres qui n'ont su signer.

N. PELLETIER, Pire.

La maison qui avait été le théâtre de ce drame terrifiant ne fut pas laissée longtemps debout ; on la fit brûler pour efifacer toute trace de cette sinistre hécatombe.

Fabien Bourret fut inhumé à St-Eusèbe de Stanfold le 9 février 1907. Il était alors veuf de Adélaïde Chandonnet.

M. L'ABBE C.-F. BAILLARGEON

Eglise de St-Eusèbe de Stanfold

DESCRIPTION DE LA DECORATION INTERIEURE DE L'EGLISE DE SAINT-EUSEBE DE STANFOLD FAITE PAR M. L'ABBE C.-F. BAILLARGEON, EN 1888.

I Ç A bénédiction de la pierre angulaire de cette église avait été faite le 25 septembre 1860 par M. Tabbé Joseph Auclair, curé de Notre-Dame de Québec.

Le 4 février 1863, M. Tabbé Antoine Racine, desservant de réglise de Saint- Jean-Baptiste de Québec, en fit la bénédiction solennelle. Elle fut restaurée en 1887. Le 3 mars 1911, elle devint la proie des flammes.

HONOR, eux HONOR

J'ai fait, ces jours-ci, une étude spéciale des travaux de décoration que l'on vient de faire subir à la modeste église de Stanfold, construction en pierres de 60 pieds de longueur. Elle a deux jubés, dont Fun se projette dans la nef principale, et deux rangées doubles de galeries, ce qui fait que l'ensemble des travaux exécutés ne peut se laisser voir dans son éclat. MM. Beaulieu et Rochon, artistes-décorateurs de Montréal, ont su, malgré ces difficultés, tirer un excellent parti de la position et ont fait

ici une œuvre d'art. Ces messieurs, dont le talent d'exécution est justement et depuis longtemps apprécié du public, se sont montrés à la hauteur de leur réputation.

En dedans de Tare doubleau qui sépare la coquille du Rond-Point de la voûte principale est une colombe sculptée, en or, qui représente le Saint-Esprit dirigeant sa lumière et sa vue sur l'Eglise entière. Au fond de la coque et sur le versant du Rond-Point, sont peintes une tiare et les armes du Pape. Cette peinture domine tous les autres tableaux, comme pour nous indiquer que la Papauté est élevée au-dessus de toutes les couronnes de la terre et les tient soumises à sa juridiction spirituelle.

Quatre tableaux, de grandeur naturelle, dont deux à droite et deux à gauche de la tiare, représentent les ciuatre Evangélistes, Saint Mathieu, Saint Luc, Saint Jean et Saint Marc. Ils sont peints sur un fond mosaïque d'or, et leurs riches couleurs sont très vives et très accentuées, comme pour nous rappeler l'empressement des apôtres a obéir à la voix de leur maître : '' Allez et enseignez toutes les nations." La couche d'or est disposée de manière à surprendre l'œil le plus exercé ; on dirait qu'ils reçoivent la lumière par de petites fenêtres pratiquées dans la voûte du Rond-Point. Il n'en est rien cependant ; ça été le secret des artistes. Au-dessus du maître-autel et dans deux des grands panneaux des côtés, on a placé les trois anciens tableaux, celui de Saint Eusèbe, patron de la paroisse, celui du Sacré-Cœur de Jésus et celui du Cœur immaculé de Marie. Ces toiles sortent de l'atelier de M. Eugène Hamel, peintre en renommée de Québec.

La voûte de la nef est ornée de six grands tableaux aux moulures et ornements à fresque.

Le premier représente Moïse, sur le Mont Sinaï, s'entretenant avec Dieu et recevant ses ordres sur la manière de préparer son peuple à la promulgation des dix commandements, le tout suivant le dix-neuvième chapitre de TExode. ''Et le Seigneur descendit sur le Sinaï au sommet de la montagne, et appela Moïse au lieu le plus élevé."

Le second représente Joseph, en Egypte, recevant Jacob, son père et sa famille. On sait que Joseph, vendu par ses frères, devint intendant de la cour de Pharaon, qu'en prévision des sept années de famine qui devaient désoler le pays, il fit remplir de grains les vastes greniers du Roi, que Jacob y envoya ses enfants chercher des provisions et qu'en cette circonstance Joseph se fit connaître à ses frères. Il les pourvut abondamment et leur donna ordre, avec l'agrément du Roi, d'aller chercher Jacob et sa famille pour demeurer près de lui. L'Ecriture Sainte, au quarante-sixième chapitre de la Genèse, dit : '' Jacob envoya Judas devant lui vers Joseph pour l'avertir de sa venue, afin qu'il vînt au-devant de lui en terre de Jessen. Quand Jacob y fut arrivé, Joseph fit mettre les chevaux à son charriot, et vint au même lieu au-devant de lui ; et le voyant, il se jeta à son cou et l'embrassa en pleurant." La scène que ce tableau nous met devant les yeux est parfaite et saisissante.

Le troisième représente l'Archange Gabriel, le Prince de la Cour Céleste, apparaissant à l'humble Vierge de Nazareth et lui annonçant qu'elle concevra un fils à qui elle donnera le nom de Jésus, qu'il sera grand, qu'il sera appelé le Fils du Très-Haut et qu'il régnera éternellement sur la maison de Jacob. Ce tableau est bien réussi et il nous

semble entendre l'humble Marie s'écrier : '' Comment cela se fera-t-il ?" et l'ange de lui répondre : '' Ne craignez rien."

Le quatrième représente Marthe et Marie recevant dans leur maison le Sauveur des hommes. On lit, au dixième chapitre de l'Evangile de Saint Luc : " Jésus, étant en chemin avec ses disciples, entra dans un bourg ; et une femme, nommée Marthe, le reçoit en sa maison. Elle avait une sœur nommée Marie, qui, se tenant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Mais Marthe était fort occupée à préparer tout ce qu'il fallait ; et elle, s'arrêtant devant Jésus, lui dit : Seigneur, ne considérezvous point que ma sœur me laisse servir toute seule ? Dites-lui donc qu'elle m'aide. Mais le Seigneur lui répondit : '' Marthe, Marthe, vous vous empressez et vous vous troublez dans le soin de beaucoup de chose. Cependant une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, qui ne lui sera point ôtée."

Le cinquième met en scène la Samaritaine allant puiser de l'eau au puits de Jacob et y rencontrant Jésus. Notre Sauveur avait fait un long voyage, il s'était même fatigué pour ménager à cette pécheresse une entrevue qui devait avoir pour elle les plus heureuses conséquences. C'est dans cette maison que Jésus l'instruisit, lui déclara qu'il était le Messie, et lui adressa ces paroles à jamais mémorables : " Quiconque boit de l'eau du puits de Jacob aura encore soif : au lieu que celui qui boira de l'eau que je lui donnerai, n'aura jamais soif. Mais l'eau que je lui donnerai deviendra pour lui une fontaine d'eau qui rejaillira jusque dans la vie éternelle."

Le sixième tableau représente David jouant de laharpe devant Saul, selon le premier livre des Rois ; le lendemain il arriva que l'esprit malin, envoyé de, Dieu, se saisit encore de Saiil, et il était agité, au milieu de sa maison, comme un homme qui a perdu le sens. David jouait de la harpe devant lui, comme il avait coutume de faire, et Saiil, ayant la lance à la main, la poussa contre David, avec dessein de le percer d'outre en outre, mais David se détourna et évita le coup par deux fois.

Les côtés de la voûte sont ornés de panneaux en couleur, dont les cintres se rapprochent délicatement des tableaux et dont les bases sont assises près de la corniche. Les panneaux sont décorés de divers emblèmes. Ces emblèmes sont la croix et la sainte face de Notre-Seigneur avec les instruments de sa passion, un agneau immolé, le saint scapulaire et le saint rosaire, deux croix rustiques entrelacées de fleurs, habilement peintes, un calice, un ostensoir, des instruments de musique et deux glaives près du dernier tableau.

Les teintes locales sont en argent et le fond des panneaux ont trois teintes, lilas avec des bandes vert olive. Les doubleaux et les panneaux des colonnes sont ornés de riches dessins en or et en couleur, ainsi que les façades des galeries et des corniches. Les encadrements des tableaux, sont en peinture à fresque avec lumière d'or.

Les trois autels neufs sont d'une riche architecture, avec dorures or, mattes et brunes ; les colonnes sont décorées en or avec de forts jolis dessins dans les panneaux et les gradins.

Les voûtes latérales sont peintes en panneaux aux couleurs éclatantes et des plus variées. Les galeries les plus élevées sont éclairées par des ouvertures ogivales pratiquées dans la voûte, qui transmettent la lumière au moyen des châssis de la couverture de Téglise. Ces différents travaux, exécutés avec goût et talent, nous donnent la mesure de l'aptitude de Messieurs Beaulieu et Rochon comme artistes-décorateurs, les recommandent hautement à l'attention du clergé et du public, et leur méritent un encouragement libéral.

B DE STANFOLD.

Fondation de la paroisse de Saint Albert de Warwick

La paroisse est dans l'Eglise catholique comme la cellule de ce corps immense dont la puissante ossature relie tous les membres en un organisme bien vivant.

L'abbé PHILIPPE PERRIER

I C A paroisse de St-Albert de Warwick a été érigée

^ canoniquement le 8 mars 1877, par Mgr L.-F.

Laflèche, évêque des Trois-Rivières, et civilement le 12

décembre 1877. La municipalité date du 15 octobre 1863.

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