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CHARLES BEAUCHESNE

Fondateur de Saint-C'hristophe

repas. Ils passèrent la nuit n'ayant pour abri que le ciel et les arbres dépouillés de leurs feuilles, et pour lit des branches de sapin et d'épinette jetées sur une épaisse couche de neige.

Le lendemain matin, dès que le soleil parut, Charles Beauchesne visita le terrain et décida de se bâtir une cabane, sur une petite élévation, à un arpent environ des bords de la rivière Nicolet, du côté sud, sur le Sième lot du 3ième rang d'Arthabaska, à une distance d'une douzaine d'arpents, du Mont-Christo.

Ce choix fait, les deux bûcherons se mirent à l'œuvre pour préparer une place pour la cabane et le bois nécessaire pour la bâtir.

Quelques années plus tard, quand Beauchesne fut en état de se rebâtir une maison plus convenable, plus spacieuse, il se fixa près du cordon qui sépare le deuxième rang du troisième. Cette maison est aujourd'hui occupée par Ulric Pellerin.

Après avoir mis sa cabane logeable, Charles Beauchesne redescendit à Bécancour chercher sa femme et ses enfants, au nombre de cinq : Elzéar, baptisé le 23 mai 1822 ; Nérée, baptisé le 21 mai 1824 ; Zoé, baptisée le 14 mai 1826 ; Cyrille, baptisé le 10 décembre 1828 ; Victor, baptisé le 27 novembre 1830 ; Urbain, baptisé vers 1832.

L'avoir de Charles Beauchesne consistait alors en un cheval, une voiture, une hache, un grand chaudron, seize piastres en argent, quelques meubles et ustensiles de cuisine.

Partis de grand matin de Bécancour, les voyageurs arrivèrent tard dans la veillée chez François Marchand, résidant dans les Pointes Bulstrode. Ils y passèrent la

nuit, et le lendemain matin ils se remirent en marche et arrivèrent dans l'après-midi, en face de la cabane destinée à les abriter pendant quelques années, car à un moment donné, la crue des eaux de la rivière Nicolet les obligea à s'en éloigner, et ils se fixèrent définitivement aii cordon qui sépare le troisième rang du deuxième rang. Arrivés en face de leur cabane, ils constatèrent que la débâcle avait eu lieu ; il fallut donc faire un long détour pour y arriver. Le cheval était, à cette heure, épuisé, il perdait son sang par de larges blessures contractées pendant le voyage, enfin il mourut quelques heures après.

Dans les circonstances, ce fut une bien lourde perte pour le nouveau colon, sachant bien qu'il ne pourrait pas s'en procurer un autre avant l'été. Résigné et plein de courage, Beauchesne descendit avec Olivier Morissette et se mit à abattre les arbres près de la cabane. Tout le long du jour, on entendait les coups de hache des bûcherons et le bruit des grands arbres tombant sur la neige. Comme il y avait beaucoup d'érables, Beauchesne songea tout naturellement à en tirer '' profit ". On fabriqua des casseaux d'écorce de bouleau, des goudrelles, et on entailla un certain nombre d'érables. La récolte de sucre fut assez abondante. Le sucre et le sirop furent d'un grand secours pour aider à nourrir la famille.

La neige disparue, on travailla hardiment au défrichement, à faire brûler les troncs d'arbres, à sarcler le terrain. Ce fut l'ouvrage des bûcherons pendant tout l'été. Rendu à l'automne, quelques arpents de terre étaient prêts à être ensemencés. On pouvait donc espérer faire une petite récolte l'année suivante. C'était bien peu, mais le courage et le travail surmontent tous les obstacles. L'espérance d'un avenir meilleur réconforte les exilés dans

1^ forêt. Aussi, quelques années après son arrivée au pied du Mont Christo, Charles Beauchesne était en lieu de faire vivre convenablement sa famille.

Le 28 novembre 1835, Marguerite Levasseur, épouse de Charles Beauchesne, donna naissance à une enfant qui fut baptisée à Gentilly le 2 janvier 1836, sous le nom de Scholastique. Elle fut la première enfant née sur le territoire de la paroisse de Saint-Christophe et la seconde dans le canton d'Arthabaska. Le premier enfant né dans le canton d'Arthabaska, sur le territoire de Sainte-Victoire, fut Jean-Baptiste Marchand, fils de François Marchand et de Marguerite Beauchesne. Jean-Baptiste Marchand, né le 18 mai 1835, fut baptisé à Gentilly, le 2 janvier 1836. Jean-Baptiste Marchand était le cousin germain de Scholastique Beauchesne.

Le 19 octobre 1858, il épousa, à Saint-Christophe, Clarence Pépin, fille de Abraham Pépin et de Marie-Anne Durand. Jean-Baptiste Marchand ( 1 ) mourut à Manchester, N. H., le 23 décembre 1917. Scholastique Beauchesne fit sa première Communion en 1840. Le 12 janvier 1858, elle épousa, à Saint-Christophe, Joseph Pouliot, fils de Charles Pouliot et de Madeleine Boucher. Elle fut inhumée à Saint-Christophe le 1er septembre 1906. Joseph Pouliot fut inhumé à Saint-Christophe, le 18 mars 1911, âgé de 77 ans. Ce sont le grand-père et la grand'mère de Tabbé Elphège Houde, fils de Albert Houde et de Exilia Pouliot, ordonné prêtre, à Nicolet, le 14 juin 1924.

(1) Généalogie Marchand, volume 2, page 53.

Charles Beauchesne, fondateur de Saint-Christophe, fut le type du parfait chrétien, de l'honnête citoyen, et du brave défricheur. Il donna Texemple^ ainsi que sa courageuse et vertueuse épouse, de la plus constante persévérance. Ils ont occupé jusqu'à leur mort la terre sur laquelle Charles Beauchesne avait abattu le premier arbre. Elle appartient aujourd'hui à Ulric Pellerin.

Après avoir vécu quarante-huit ans à Saint-Christophe, Charles Beauchesne y fut inhumé le 9 jum 1883. Son épouse, Marguerite Levasseur, l'avait précédé dans la tombe depuis le 8 juillet 1867.

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