JEAN-CHARLES-NOEL BOURBEAU- BEAUCHESNE
Jean-Charles-Noël Bourbeau-Beauchesne, à qui Mgr P. H. Suzor a décerné, à bon droit, le titre de fondateur de Saint-Christophe, était le fils de Charles Bourbeau- Beauchesne et de Agathe Deshaies. Il naquit à Bécancour le 25 décembre 1792.
Comme ses parents étaient pauvres, il fut obligé de hisser la maison paternelle à Tâge de sept ans, pour aller demeurer chez un de ses parents qui le garda jus(]u'à sa première communion, qu'il fit à Tâge de onze ans. Il fut ensuite en service jusqu'à Tâge de vingt ans ; c'était en 1812. Comme le pays réclamait, à cette époque, des bras pour le défendre contre d'injustes agresseurs, il fut désigné prxr le sort pour prendre les armes et ce ne fut qu'après deux années qu'il revit sa paroisse natale.
Le 8 février 1819, Charles Beauchesne épousa, à Bécancour, Marguerite Levasseur, fille de Modeste Levasseur et de Marie-Josette Deshaies.
Aussitôt après son mariage, on l'installa comme traversier sur la rivière Bécancour où, pendant douze années consécutives, il remplit cet office à la grande satisfaction
(1) Généalogie, Tome II, page 276.
de tous les voyageurs. C'est pendant ce laps de temps qu'il réalisa une somme d'argent suffisante pour acheter une terre.
En 1831, il alla se fixer à Gentilly, comme cultivateur, mais le bonheur qu'il s'était acquis par un dur et pénible travail et qu'il se promettait dans sa nouvelle position ne fut pas de longue durée. Il y avait à peine quelques mois qu'il était possesseur de la terre, qu'on lui signifia des redevances dont elle était grevée, et qu'il se vit dans l'obligation de payer, indépendamment du prix du fonds. Toutes ses épargnes furent sacrifiées, et c'est à la suite de ces revers qu'il prit la route d'Arthabaska. Ce fut au commencement de mars 1835 que Charles Beauchesne fit son premier voyage dans les Bois-Francs pour faire l'exploration de ces lieux qui étaient la Californie du temps, et bien vantés par les sauvages qui, au printemps, venaient faire la chasse dans ces parages. Charles Beauchesne avait un beau-frère, François Marchand, déjà établi depuis 1833 dans le canton d'Arthabaska, sur le territoire de la paroisse actuelle de Sainte-Victoire.
Il fut tellement frappé de la grosseur et de la hauteur des arbres qui s'offraient à ses regards et qui annonçaient une terre propre à toutes sortes de culture, qu'il se dit : " C'est ici que je viendrai vivre et mourir." Aussi, quand, au retour de son voyage, il revit sa femme et ses amis, il dit avec une joie mêlée de tristesse : '' J'ai trouvé le pays si beau, que je pars de suite pour aller m'y fixer."
Accompagné d'un nommé Olivier Morissette, de Gentilly, il reprit le chemin des Bois-Francs, où ils arrivèrent, sur Je soir, le 18 mars. Ils abattirent un arbre et, quelques instants après, un bon feu réchauffait nos deux défricheurs et leur permettait de se préparer un frugal