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RR. FF. OCTAVIUS ET JUSTIN

CENTENAIRE DE LA FONDATION DE L'INSTITUT DES REVERENDS FRERES DU SACRE-CŒUR LES 13 ET 14 JUILLET 1921

POUSSES par de bien légitimes motifs, les Parères du Sacré-Cœur ont tenu à commémoier, par de grandioses démonstrations, le premier Centenaire de leur établissement : c'était d'abord pour se conformer au désir de notre Saint Père le Pape qui, pour encourager les Frères à célébrer dignement cet événement mémorable, leur a concédé de précieuses faveurs spirituelles et en a rendu participants tous ceux qui ont pris part à ces solennités. C'était ensuite pour répondre à l'appel de leur Supérieur Général qui avait fixé les 13 et 14 juillet comme jours d'actions de grâces pour remercier le Sacré-Cœur des faveurs répandues sur l'Institut pendant le premier siècle de son existence ; c'était aussi pour obéir à la voix du cœur qui les poussait à offrir un solennel tribut d'hom-

mages et de reconnaissance envers tous ceux qui ont participé à la fondation, à la conservation et au développement de la Congrégation.

Ces Fêtes ont été célébrées à Victoriaville et à Arthabaska sous le distingué patronage de Sa Grandeur Mgr J.-S.-H. Brunault, évêque de Nicolet. Le Très Cher Frère Albéric était venu d'Europe en compagnie de deux de ses Assistants, les Chers Frères Théodule et Maurice, pour y prendre part ; la province ^e Montréal y était représentée par une délégation composée du Cher Frère Edouard, provincial, et des Frères Lucius, Félix, Edmond, Antonius, Laurent, Irénée, Albertus, Joseph, Amédée. Le Frère Ludovic, directeur à Indianapolis, représentait la province des Etats-Unis. Un grand nombre de membres du clergé, ainsi que des représentants de communautés étaient présents.

Les Fêtes commencèrent le 13 juillet, à 8 heures du soir, par la réception cjfficielle au Collège de Victoriaville de Sa Grandeur Mgr J.-S.-H. Brunault, du Révérend Frère Albéric, Supérieur Général, de ses Assistants, du Clergé et des autorités religieuses.

Après avoir souhaité la bienvenue aux invités par un chant composé pour la circonstance, la Communauté, par Tentremise du Cher Frère Antoine, provincial, présente à Sa Grandeur Mgr Brunault l'adresse suivante :

A Sa Grandeur Mgr J.-S.-H. Brunault, >

Evêque de Nicolet.

Monseigneur, ]

En cette circonstance mémorable de la célébration du Centenaire de la fondation de notre Communauté, de pressants motifs nous invitent à faire monter vers le ciel de vives actions de grâces. En jetant un regard sur le développement progressif de notre œuvre, nous ne pouvons faire rien de moins que reconnaître Faction manifeste de la Providence sur la marche de notre Société.

Pour se constituer un corps d'apôtres auquel il voulait confier une sublime mission, le bon Dieu choisit des hommes de vertu et de dévouement qui réussirent, au milieu d'obstacles sans nombre, à asseoir l'édifice de l'Institut naissant sur des bases solides et à assurer sa marche dans la voie du succès. Mais les énergies intérieures ne pouvaient suffire pour mener à bonne fin une entreprise si importante ; il fallait encore compter sur l'assistance de concours extérieurs.

Nous sommes heureux de constater que notre Institut a toujours bénéficié abondamment de cette aide si nécessaire au maintien d'une œuvre de cette nature et à l'extension de son influence. Il est très consolant pour nous de noter en premier lieu la sollicitude toute paternelle que les membres de l'Episcopat nous ont sans cesse témoignée. Grâce à leur protection, notre Congrégation a pu s'étendre dans un grand nombre de diocèses de France ; elle a même pu dépasser les frontières de son pays d'origine et rayonner loin de son berceau pour y poursuivre sa destinée providentielle. Parmi les bienfaits insignes dont nous sommes

redevables à Nos Seigneurs les Evêques, nous ne saurions oublier, Monseigneur, les témoignages élogieux qu'ils ont bien voulu décerner et qui nous ont valu l'honneur d'un décret laudatif de la part du Saint-Siège et d'un décret plus consolant encore d'approbation canonique.

C'est donc à notre Mère la Sainte Eglise que va en premier lieu l'expression de notre pleine reconnaissance. Ce tribut d'hommages nous sommes heureux. Monseigneur, de pouvoir le déposer, en votre auguste Personne, aux pieds d'un des plus dignes représentants de la hiérarchie catholique. C'est dire. Monseigneur, que nous apprécions hautement votre présence au milieu de nous en cette circonstance et que nous comprenons l'honneur insigne que vous nous faites en daignant présider ces réjouissances de famille. Ce geste de Votre Grandeur est pour nous un des plus puissants motifs de consolation et d'encouragement ; il nous dit éloquemment que l'Eglise, dans la personne de notre premier Pasteur et d'un nombreux clergé, veut bien s'associer, comme une bonne Mère, à la célébration d'un événement cher au cœur d'un groupe privilégié de ses enfants. Le souvenir de ce témoignage de sympathie dont nous sommes honorés en cette circonstance nous fera estimer davantage le rôle si beau que l'Eglise nous confie en nous admettant au sein de la milice des apôtres et en nous associant dans une certaine mesure au ministère de ses Pasteurs.

En offrant à Votre Grandeur ainsi qu'au nombreux clergé qui vous entoure l'expression émue de notre reconnaissance, notre esprit se reporte tout naturellement vers un passé déjà lointain pour évoquer le souvenir d'éminents personnages dont le nom se trouve intimement lié à l'his-

MONSEIGNEUR J.-S.-H. BRUNAULT

toire de notre Institut et sera toujours parmi nous l'objet de notre filiale vénération. Je ne puis en ce moment résister au véhément désir de rendre un hommage public à réminent Prélat dont la Providence se servit, il y aura bientôt un demi-siècle, pour implanter notre Communauté dans ce coin béni de la province de Québec. J'ai désigné Sa Grandeur Mgr L.-F. Laflèche, évêque des Trois- Rivières ; il entoura le berceau de cette colonie de la plus constante sollicitude, lui prodigua les plus précieux encouragements et lui aida à triompher des difficultés inhérentes aux débuts de l'entreprise. Il fut pour nous un bienfaiteur insigne et sa mémoire restera impérissable dans nos coeurs. En 1885, la Providence place notre famille sous l'égide d'un nouveau Pasteur en qui nous devions aussi trouver un Père et un protecteur non moins dévoué. Pendent le cours de son épiscopat, Monseigneur Gravel témoigna, en effet, à notre oeuvre un très vif intérêt. Nous ne saurions oublier les nombreuses marques de sympathies qu'il nous donna dans maintes circonstances et qui lui ont acquis des droits imprescriptibles à notre amour et à notre gratitude. La mort de ce distingué Prélat provoqua d'universels regrets. Pour consoler la grande famille de ce diocèse, la divine Providence lui avait préparé, en votre Personne, un illustre successeur capable de poursuivre avec distinction la tâche de son prédécesseur.

Pour notre part, Monseigneur, nous bénissons le Sacré-Cœur de nous avoir placés sous la direction éclairée d'un vénéré Prélat dont l'un des principaux soucis a été de promouvoir le succès et le développement de nos œuvres. Vous nous avez manifesté votre intérêt de tant de manières qu'il nous serait impossible de les énumérer. Je m'en

voudrais de ne pas mentionner vos aimables visites trop rares pour nous, mais dont vous nous avez cependant honorés aussi souvent que vous Font permis les exigences de votre absorbant ministère. Comment oublier le bienveillant accueil que nous avons toujours trouvé auprès de votre Grandeur et les hautes recommandations dont vous nous avez gratifiés pour favoriser le recrutement de nos maisons de formation ? Je ne saurais non plus passer sous silence votre sollicitude à confier la direction spirituelle de notre Noviciat et de ce Collège à des aumôniers zélés, savants et vertueux qui nous ont puissamment aidés à soutenir les luttes quotidiennes et à poursuivre avec fruit le travail de notre sanctification personnelle. A tous ces prêtres dévoués qui nous ont encouragés et soutenus dans la poursuite de notre formation religieuse ; à ceux qui nous ont fait bénéficier de leur ministère sacré ou de leur précieuse sympathie, nous offrons aujourd'hui le merci sincère de notre reconnaissance.

Au tribut de vénération filiale que nous sommes heureux de présenter à Votre Grandeur, nous voulons joindre la résolution de continuer à nous conformer toujours à votre direction éclairée. Nous suivrons ainsi la volonté du Souverain Pontife qui nous montre dans Tétroite union des prêtres et des religieux à leur Evêque le moyen d'exercer au milieu des populations un apostolat fructueux.

Daignez, Monseigneur, bénir nos résolutions et agréer rhommage de nos remerciements et des vœux que nous formons en ce jour pour la conservation de votre santé et le succès de votre auguste ministère.

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