‹ Les Bois-Francs (volume 3)Chapitre 82 sur 127 · LA FAMILLE RICHARD · texte numérisé non relu

LA FAMILLE RICHARD

C'est probablement de la Saintonge qu'était originaire le premier acadien du nom de Richard, Michel Richard, venu avec l'expédition Le Borgne et Guilbeau, en 1654, et arrivée à Port-Royal tout juste pour être témoin de la prise de la place par Robert Sedgwick, 16 août 1654. Michel Richard était alors un jeune homme de 24 ans, dans toute la vigueur de l'âge, qui venait chercher fortune sur la terre d'Amérique, mais en n'y apportant que la force de ses bras. Il se mit immédiatement à l'œuvre en travaillant au défrichement d'une terre que lui concéda le nouveau seigneur Le Borgne, dont les Anglais avaient reconnu les titres de propriété.

Bientôt il voulut se marier, mais les filles françaises étaient rares dans la colonie et dans les quelques familles établies à l'Acadie, celles qui en avaient l'âge trouvaient vite à se marier. Regardant donc autour de lui, Michel Richard vit que la petite Madeleine Blanchard, fille de Jean et de Radegonde Lambert, qui arrivait à sa douzième année, pourrait bientôt lui faire une bonne compagne. En

effet, il célébrait son mariage au plus tard vers 1656, car au recensement de 1671, l'aîné de ses fils, René, est déjà âgé de 14 ans.

Ce même recensement fait constater que Michel Richard, arrivé à peine à 41 ans, était devenu l'un des habitants les plus aisés de Port-Royal par le nombre d'arpents qu'il avait mis en valeur, 14, et par le lot d'animaux qui remplissait ses étables, 15 bêtes à cornes et 14 moutons.

Autour de sa table se rangeaient déjà sept ou huit enfants : René, né en 1657 ; Pierre, né en 1661 ; Catherine, née en 1663 ; Martin, en 1665 ; Alexandre, en 1668; Marie-Anne et Marie-Madeleine, jumelles, nées en 1671. Le bonheur et l'aisance commençaient à sourire à cette famille qui continua à se développer par la naissance de nouveaux enfants : Marie, née en 1674 ; Cécile, en 1676 ; Marguerite, en 1679.

Après la mort de sa femme, survenue vers cette époque, Michel Richard, épousa en secondes noces Jeanne Babin, à peine âgée de 15 ans, fille d'Antoine et de Marie Mercier.

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