LE SHERIF QUESNEL ET MME QUESNEL
et que J.-D. Mermet et lui furent les maîtres incontestés de la poésie canadienne au dix-neuvième siècle. Joseph Quesnel, première souche de la famille Quesnel au Canada, décéda à Montréal le 4 juillet 1809. Des treize enfants qui vinrent égayer son foyer, la plupart moururent en bas âge. Timoléon, baptisé à Boucherville le 4 mars 1799 et père de Joseph Auguste, fut Tavant-dernier de cette nombreuse famille. Il fut reçu médecin vers 1822, se fixa à Sainte- Marguerite de Blairfindie, nommée aussi L'Acadie et devenue aujourd'hui St-Jean d'Iberville, et épousa à Saint- Philippe, en premières noces, le 22 octobre 1823, Flavie Singer, fille de Frédéric Singer, ancien voyageur des pays d'en haut, et de Catherine Laman. (En secondes noces, il épousa à L'Acadie, le 19 février 1844, Adélaïde Bourgeois, veuve de François Provost). Timoléon Quesnel ne fut pas favorisé des biens de la fortune, contrairement à ses frères qui la virent leur sourire, soit dans la carrière politique, les professions libérales, le commerce des fourrures, soit dans des spéculations toujours heureuses. L'abbé Moreau, dans l'histoire de la paroisse de L'Acadie, page 92, dit que Timoléon était un bureaucrate et qu'il prêchait le respect des lois. Il a été inhumé à Boucherville le 30 juin 1864. Son second fils, Joseph-Auguste, naquit le 24 mai 1826. D'une intelligence remarquable, celui-ci, vers l'âge de douze ans, voyant peut-être les soucis que causait alors à son bien-aimé père l'avenir de sa chère famille, lui manifesta, un jour, simplement et résolument son désir de se mettre en état de gagner sa vie. L'enfant avait de l'attrait pour le commerce, aussi fut-il bientôt placé chez un marchand, leur voisin et ami. De bonne heure, Joseph Auguste connut ainsi la vie sous son vrai
jour et dut marcher dans les seuls sentiers battus de l'honneur et de l'équité pour se créer, par un énergique et constant labeur, une position d'abord simple et honnête, qui fit bientôt place à une situation honorable et lucrative. Il fut l'artisan de sa vie et chacun de ses jours porte l'empreinte du courage, de la hardiesse et de l'esprit d'entreprise qui forment le fonds de son caractère.
Dès le début, le jeune J.-Auguste fit preuve d'énergie, de bonne volonté et s'acquitta consciencieusement de ses modestes fonctions. Deux ans plus tard, il entrait comme commis dans un magasin plus important de sa même paroisse natale. Toujours il se montra actif, travailleur autant que déférent envers ses patrons, courtois et bienveillant pour tout le monde. Après quelques années d'expérience et de persévérante économie, il put prendre un magasin à son compte. Toutefois, il avait soif d'instruction et de même qu'il l'avait fait, alors qu'il n'était que simple commis, il consacrait tous ses moments libres à l'étude du français et de l'anglais. Le 25 mai 1850, il épousa, à Bécancour, sa cousine, Marie Mélanie Quesnel.
Les jeunes époux vinrent asseoir leur foyer dans nos chers Bois-Francs, suivant en cela l'élan général qui, à cette date, dirigeait nombre de familles de toutes conditions vers cette région fortunée que, dit M. l'abbé Trudelle, dans un ouvrage paru en 1852, l'on regardait comme la Californie du temps ou encore les bords enchanteurs de l'Eldorado. A vrai dire, ce n'était réellement ni l'un ni l'autre , du moins les Cantons de l'Est offraient de réels avantages au commerce et à l'industrie, et la fertilité des terres rendait cent et plus pour un au colon infatigable, penché tout le jour sur la glèbe féconde ou défrichant, sans merci, d'un
bras musculaire et nerveux, le sol qui lui promettait pour demain, Taisance et la sécurité d'une vie paisible et heureuse.
M. J. A. Quesnel habita d'abord la paroisse de Saint- Médard de Warwick, continuant, avec succès, à s'occuper du commerce et y ajoutant même certaine branche d'industrie par la construction d'un moulin à farine et à scie ; puis St-Eusèbe de Stanfold, où il ajouta aux soucis du commerce la charge de surveillant des chemins publics. Son épouse, qui possédait une instruction complète, s'imposa la tâche douce et facile, sans doute, pour son cœur aimant de se constituer son institutrice, afin de compléter les connaissances déjà acquises. Sa brillante intelligence sut si bien en profiter que, nommé Shérif du district d'Arthabaska en 1858, il remplit avec honneur cette charge pendant près de trente (30) ans ; de plus, le 3 novembre 1862, il obtenait du Barreau du Bas-Canada, Section du District des Trois-Rivières, un diplôme signé par Mtre Thomas Burn et contresigné par trois secrétaires, portant que : '' après une cléricature régulière, tel que prescrit par la Loi, J.-A. Quesnel subit devant quatre examinateurs l'examen requis pour être admis dans l'Ordre des Avocats, et que d'après cet examen, il a été trouvé digne et qualifié sous tous rapports à obtenir cette admission et le diplôme présentement donné et octroyé lui confère le droit de pratiquer comme Avocat, Conseil du Roi, Solliciteur et Praticien en Loi dans toutes les Cours de Justice du Bas- Canada." (1)
(1) Province du Canada,
District des Trois-Rivières.
A tous ceux que ces Présentes verront, Salut :
Nous, soussigné. Bâtonnier du Barreau du Bas-Canada, Section du District des Trois-Rivières, conformément aux dispositions du soixante-
Ses qualités morales ne le cédaient en rien aux avantages intellectuels. Chrétien au fond de l'âme, sa piété était simple mais forte, sa foi saine et robuste, sa charité encouragée, surpassée par celle de son épouse, sincère et exemplaire. Aucune question politique, civile ou religieuse lie trouvait son âme indifférente et quand, une fois, il s'était fait le champion d'une cause quelconque, il savait déployer une virile ardeur pour soutenir ses convictions. Cette qualité, précieuse à son heure, ne fut cependant pas sans conséquence aux jours de revers politique, bien que son affabilité et sa générosité d'ailleurs lui eussent attiré des amis à jamais fidèles.
Madame J.-A. Quesnel mourut le 26 mai 1879, laissant, dit son biographe du jour, un nom indissolublement attaché à toutes les bonnes œuvres de la région et le souvenir d'une foi, d'une piété vraiment évangéliques. La
douzième chapitre des Statuts Refondus pour le Bas-Canada, vu le Certificat à nous délivré par quatre examinateurs de la dite Section, en date du troisième jour de novembre mil huit cent soixante et deux, constatant que Auguste Quesnel, écuyer, natif de au désir , du dit Acte, après une cléricature réglilière, tel que prescrit par la Loi, a subi devant eux, le troisième jour de novembre courant, l'examen requis pour être admis dans l'Ordre des Avocats, et que d'après cet examen il a été trouvé digne et qualifié sous tous les rapports, à obtenir cette admission, nous lui avons doiiné et octroyé, et par le présent lui donnons et octroyons, aux termes du dit Acte, le Présent Diplôme, lui conférant le droit de pratiquer comme Avocat, Conseil, Procureur, Solliciteur et Praticien en Loi dans toutes les Cours de Justice du Bas-Canada.
Donné en la Cité des Trois-Rivières, sous notre seing et le sceau de la Section et le contreseing de notre secrétaire, le troisième jour de novembre en l'an de Notre-Seigneur, mil huit cent soixante et deux.