‹ Les Bois-Francs (volume 3)Chapitre 92 sur 127 · IN MEMORIAM · texte numérisé non relu

IN MEMORIAM

Hélas ! c'en est donc fait ! et le drap funéraire

Que sur ses yeux l'on a jeté A voilé pour toujours cette figure chère Au pauvre qui connut sa tendre charité.

Cette main délicate, ouverte à l'indigence,

Est immobile désormais.

Et sa bouche muette, ô suprême silence ! Emporte le secret de ses nombreux bienfaits.

Mais ceux qu'elle a nourris et vêtus se souviennent

De ses bienfaits de tous les jours.

Et troupe d'orphelins, au lit de mort, ils viennent. D'une prière ardente, offrir le doux secours.

Autour d'elle jamais on ne vit d'indigence ; Partout où se posaient ses pas, La misère fuyait et la reconnaissance L'accompagnait toujours, la bénissant tout bas.

Elle eut pitié du pauvre^, à donner toujours pr^te,

Et s'épuisant à ce labeur.

Sans jamais épuiser dans son œuvre discrète. L'immense charité qui consumait son cœur.

Elle n'a pas compté ses nombreuses aumônes,

Mais le ciel pour elle a compté.

Et la pare aujourd'hui de deux riches couronnes, Pour sa foi toujours vive et pour sa charité.

(29 mai 1879)

" Par A. POISSON "

Monsieur J. A. Quesnel est décédé à l'Hôtel-Dieu de Montréal, le 26 septembre 1889. Ses restes mortels furent transportés à Arthabaska et inhumés dans Téglise paroissiale près des cendres de son épouse.

Trop souvent le temps relègue dans l'oubli les hommes et leurs actes. L'histoire doit remédier à ce malheur. Que la génération actuelle le sache bien, que les anciens s'en

rappellent : c'est grâce à l'initiative, au zèle, aux multiples démarches faites par le Shérif Joseph Auguste Quesnel, si la ville d'Arthabaska est dotée d'un Hôtel-Dieu. Sans l'énergie, sans la persévérance qu'il a déployées dans l'exécution de son pieux et charitable projet, cette Institution de charité ne serait probablement pas ici, mais dans un autre endroit des Bois-Francs.

Sans doute, nos premières actions de grâces sont dues au Souverain Maître qui dispose, dirige les hommes et les événements dans l'accomplissement de ses décrets éternels ; mais n'oublions pas de rendre au Shérif J.-Auguste Quesnel le tribut d'honneur, de mérites et de reconnaissance auquel il a pleinement droit pour la part active qu'il a prise dans l'œuvre de la fondation de l'Hôtel-Dieu de Saint-Christophe.

L'histoire de la fondation de l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska, quelles que soient les épreuves et les phases diverses qu'ait traversées cette Institution, n'en reste pas moins liée au nom du Shérif J.-A. Quesnel, et elle peut presque se résumer en trois mots : Le Shérif Joseph Auguste Quesnel a planté, l'Hôtel-Dieu de Montréal a arrosé, le Divin Maître a donné l'accroissement.

L'arbuste, planté au pied du Mont Saint-Michel le 2 octobre 1884, par le Shérif Joseph Auguste Quesnel, et bénit par Sa Grandeur Monseigneur Louis François Laflèche, est aujourd'hui un grand arbre. Il répand ses rameaux bienfaisants sur toute la région des Bois-Francs. L'histoire nous apprend que cet arbre a été assailli de violentes tempêtes, qu'à un moment donné il a failli être complètement déraciné. La Maison de Charité ouverte à Arthabaska,

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