L'ARTICLE-PROGRAMMÉ DE ^'L'UNION DES CANTONS DE L'EST ", IL Y A 50 ANS
Depuis quelques années, on désirait avoir, dans le district d'Arthabaska, une feuille périodique française qui, tout en encourageant l'agriculture et la colonisation, répandrait parmi les habitants de cette importante portion du pays qu'on appelle les Cantons de l'Est de bons principes et de saintes doctrines.
Persuadés nous-mêmes de l'utilité pour ne pas dire de la nécessité d'un journal de ce genre, nous avons résolu de prendre l'initiative, après avoir reçu l'approbation d'un grand nombre de personnes sages et éclairées.
Catholique et conservateur, nous professons un grand respect pour l'autorité religieuse et civile ; et fermement appuyé sur nos convictions, nous combattrons de toutes nos forces, et sans relâche, ies doctrines funestes et les
maximes fallacieuses des ennemis avoués ou déguisés de la vérité, de la justice et du bien.
Nous tiendrons nos lecteurs au courant des grands événements qui s'accomplissent, de nos jours, en Europe et en Amérique. Nous attirerons surtout leur attention jsur le Canada, le Mexique et l'Italie. Le Canada passe maintenant par une des phases les plus importantes de son histoire ; le Mexique est en lutte contre le désordre et J'anarchie ; Tltalie, entraînée par le vertige des révolutions, .'et méconnaissant les premiers éléments de la justice et du ♦droit, voudrait mettre le comble à son ingratitude et à son impiété, en posant une main sacrilège sur la Ville Eternelle, où règne l'Immortel Pie IX, et dépouiller l'Eglise fde sa doctrine et de son gouvernement.
Nous nous occuperons, comme tous les autres journaux, de politique, de science et de littérature ; mais nous serons surtout dévoué, pour le plus grand avantage des cultivateurs, aux intérêts de l'agriculture et de la colonisation. Ayant été élevé à la campagne, étant fils de cultivateur, et ayant même cultivé le sol, nous sommes en état de connaître les besoins du peuple des campagnes.
Nous ferons tout ce qui sera en notre pouvoir pour remplir un de nos principaux objets, qui sera le défrichement des terres incultes, et pour faire apprécier à l'homme des champs les plus grands avantages de sa situation, et le persuader qu'il ne saurait trouver nulle part ailleurs que dans l'exercice de sa noble profession une plus grande somme de santé, d'indépendance et de bonheur véritable. Aussi, nous efforcerons-nous de convaincre les jeunes gens de la campagne qu'ils sont dans une erreur capitale
lorsqu'ils s'imaginent que leur patrie est trop petite pour les contenir, et trop pauvre pour les nourir, et qu'il leur faut abandonner le beau ciel du Canada, pour aller dans une terre étrangère, manger dans la misère et les larmes, îe pain noir de l'exil.
Nous savons la responsabilité que nous assumons en prenant la rédaction d'un journal, et le lourd fardeau que nous imposons à nos faibles épaules ; néanmoins fort de notre cause et de nos intentions, nous avons bon espoir, persuadé comme nous le sommes, avec le grand Fénélon, que " la hardiesse et le travail surmontent les plus grands obstacles, et qu'il n'y a rien d'impossible à ceux qui savent voser et souffrir ".
En dépit des difficultés que nous nous attendons de rencontrer dans l'accomplissement de notre œuvre, nous marcherons toujours avec fermeté et courage, comptant beaucoup sur le patronage du public en général et des habitants des Cantons de l'Est, en particulier, aux intérêts desquels ce journal est spécialement dévoué.
14 décembre 1866.
Lorsque M. P.-L. Tousignant devint rédacteur en chef de '' l'Union des Cantons de l'Est ", en mars 1868, il publia l'article suivant :