LES TRAVAUX A FAIRE
Le gouvernement veut dépenser cette somme de cinq millions à la mise en valeur des cantons déjà ouverts et de nouveaux cantons en y faisant des travaux qui en faciliteront l'accès et le développement.
Parmi ces travaux, je mentionnerai au premier rang l'ouverture et la construction de nouveaux chemins faits à travers des terrains propres à la culture ; la construction de ponts partout où nécessaire, et la construction d'écoles dans les régions de colonisation.
; Chemins, ponts, écoles sont des choses nécessaires et essentielles au succès de la colonisation.
Dans mes voyages au lac St-Jean et dans l'Abitibi, j'ai interrogé les colons, les nouveaux arrivés, ceux qui commençaient à défricher leur lot, de même que les plus anciens colons établis depuis quelques années en ces endroits. Tous m'ont dit d'un commun accord : " Donnez-nous des chemins, des écoles et le reste ira bien ".
L'enquête que j'ai poursuivie ailleurs m'a également convaincu que nous devions tendre nos efforts vers la construction de nouveaux chemins.
Les chemins de fer et les bonnes routes déterminent le mouvement colonisateur. Les bonnes routes sont nécessaires afin de mettre les régions nouvelles en communication avec les centres d'approvisionnement et les gares de chemins de fer, afin de faire communiquer entre eux les cantons et les rangs voisins, et permettre aux colons de se rendre sur leur lot. Aussi, nous proposons-nous d'affecter la plus grande partie de ce subside à la construction de bons chemins. Ils seront construits dans les missions, établissements et paroisses en voie de développement et dont une partie reste encore à coloniser. Nous avons environ 150 de ces établissements, dont 60 environ ouverts depuis moins de 20 ans, et les autres depuis au-delà de 20 ans. Ils sont disséminés dans toutes les régions de colonisation.
Des chemins de pénétration dans la forêt seront aussi faits à travers les cantons propres à la culture et avoisinant ceux déjà établis, et ce dans toutes les régions de colonisation : Vous connaissez ces régions : La Gaspcsie,
comté de Gaspé et de Bonaventure. La péninsule Gaspésienne est sans contredit Tune des plus belles parties de la province. Le long de la Baie des Chaleurs se trouve une large zone dont la richesse du sol et de la forêt est incomparable. Ajoutez cette autre richesse que constituent déjà ses pêcheries et les mines qui y abondent.
La vallée de la Matapédia, partie sud-ouest du comté de Matane et partie ouest du comté de Bonaventure.
Régions de Rimouski et Témiscouata : au sud de ces deux comtés il existe une étendue de terre propre à la culture d'environ un million d'acres. Un fort courant de colonisation se dirige vers les lacs Squateck, dans Témiscouata.
Régions sud-est et sud-ouest de Québec: elles comprennent l'arrière partie des comtés de Kamouraska, l'Islet, Montmagny, Bellechasse, Dorchester, et certaines parties des comtés de Beauce, Mégantic, Nicolet, Lotbinière.
Région du lac St-Jean et de Chicoutimi. Nous nous proposons de faire des travaux dans plusieurs cantons. Cette région est l'une des plus intéressantes de la province au point de vue industriel et de colonisation. L'œuvre de la colonisation s'y poursuit activement. La société de colonisation de Chicoutimi a présentement douze cents demandes de lots.
Ce qui m'a fait plaisir de constater lors de la récente visite que j'y ai faite, et j'en puis dire autant de l'Abitibi, c'est le travail, l'amour de la terre, chez toute cette population,le courage,rélan et la foi en l'œuvre de la colonisation. Cette région est sans contredit appelée à un très grand développement.
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Région de TAbitibi : Je vous en ai déjà dit un mot. C'est une grande zone de glaise de 400 milles de longueur sur cent milles de largeur, les deux tiers appartiennent à l'Ontario, et l'autre tiers à Québec. Elle contient autant de bonnes terres que le Manitoba. Elle était déserte il y a sept ans, elle compte aujourd'hui 16 paroisses organisées, et dans quelque temps 9 autres le seront. Elle contient déjà des centres d'activité agricoles et industriels très importants. La dernière année agricole a été bonne ; l'industrie forestière prime cependant encore l'agriculture car l'on est en pleine période de déboisement. La production forestière a atteint,en 1919,50 millions de pieds de bois. Les colons ont aussi vendu de 80,000 à cent milles cordes de bois de pulpe, et tout ce bois a rapporté, d'après les rapports que je viens de recevoir, environ 2 millions de dollars. Cette industrie vient puissamment aider les colons. Joignez-y les mines, la fchasse et la pêche qui ont rapporté l'an dernier cent mille dollars. Nous y continuerons les travaux de chemins commencés et nous ])énètrerons dans de nouveaux cantons, e La Mattavinie : elle s'étend sur l'arrière partie des comtés de Joliette, Berthier, et Maskinongé.
La région Labelle ou le nord-ouest de Montréal.
La vallée de la Gatineau et enfin le Xémiscamingue, (jui a la réi)utation d'être l'une des riches parties de notre province. Avant qu'il ne soit bien longtemps un chemin de fer sillonnera cette contrée de Keepawa au lac des Quinze, assurant ainsi le développement des cantons qu'il traversera et les cantons voisins, et livrant à la colonisation les fertiles cantons (lui avoisinent le lac (]v<> Quinze et le lac Expanse.
Ces lacs constituent d'excellentes voies de communication car ils sont navigables.
Nous construirons des chemins dans toutes les régions L^on comprend facilement qu'il serait trop long de donner ici tous les détails quant aux endroits où nous avons l'intention de les construire.
Ces travaux seront exécutés en vertu d'un plan que les ingénieurs du département de la colonisation prépareront.
Au printemps, chaque territoire où des travaux doivent être faits sera visité par l'ingénieur, qui jugera de l'importance et de la nécessité de ces travaux.
Des inspecteurs employés par le département dirigeront et surveilleront les travaux.