DES ECOLES
Si nous voulons créer un mouvement de colonisation de quelque envergure, qui ait quelque succès, il faut que les colons soient assurés que leurs enfants pourront recevoir dans les nouveaux établissements les bienfaits de l'instruction. Aussi, nous proposons- nous d'y aider à la construction des écoles.
Le département de la colonisation viendra au secours des colons de diverses autres façons. Autant que possible nous verrons à ce que les colons soient groupés afin de centraliser nos travaux et empêcher l'isolement des défricheurs. Nous nous tiendrons en contact avec les groupes de colons par des visites régulières que leur feront les officiers du département. Le groupement rendra plus fa-
cile et plus rapide rorg-anisation paroissiale, municipale et scolaire, et favorisera la formation de sociétés coopératives. De concert avec le département de l'agriculture, nous pourrons mettre des agronomes à la disposition des colons afin de les instruire chez eux, de leur apprendre à économiser leurs peines, à activer la production agricole et obtenir du sol nouvellement défriché meilleur rendement. La situation du colon en deviendrait plus tôt moins précaire, et en peu d'années sa terre lui fournirait sa subsistance et celle de sa famille. Entre temps, il pourrait continuer de retirer de l'industrie forestière un revenu qui de nos jours aide beaucoup aux colons.
Un colon actif et travailleur peut, aujourd'hui mieux iqu'autref ois, se créer en peu d'années une convenable situation. C'est à l'améliorer davantage, c'est à solidifier cet établissement, en diminuer les difficultés qui y sont inhérentes que nous voulons travailler, accomplissant ainsi, il nous semble, l'une des tâches les plus fécondes dont puisse bénéficier notre province.
Mon ministère a mis précisément à l'étude d'autres moyens encore afin d'aider les recrues des terres neuves et les municipalités en voie de formation.
Jetez les yeux sur une carte du Québec. Relisez son histoire, comptez notamment les progrès obtenus depuis 1867 : quel champ ouvert à nos activités que ce territoire d'une superficie de 703,653 mille milles carrés et où tiendraient à l'aise la France, l'Allemagne et l'Espagne réunies. 11 s'étend des solitudes du Labrador aux rives du lac Témiscamingue, de la chaîne des Alleghanys aux terres que dominent les Laurentides. Quand, en 1867, les hommes d'Etat
canadiens voulurent donner aux possessions britanniques du nord de TAmérique un régime politique plus stable et qui fût propre à assurer leur harmonieux développement, ils comprirent qu'un gouvernement unique, central, aurait peine à bien administrer chacune des parties de cet immense pays. Occupant la moitié septentrionale de l'Amérique du Nord, couvrant plus de trois millions de milles carrés — deux fois l'étendue de l'Inde — , baigné par trois océans, avec des régions nettement divisées — terres découpées de l'Atlantique, bassin du St-Laurent, plaines centrales, versant des Rocheuses, littoral du Pacifique,— avec un climat aussi varié, des races aussi différentes, le Canada pouvait-il atteindre à son plein développement sans des pouvoirs locaux, appliqués dans leur sphère respective à hâter la venue du progrès général ?