AUX ANCIENNES ELEVES DE NOTRE ALMA MATER
Mesdames, Mesdemoiselles,
ou mieux encore,
Bien chères sœurs aînées.
Quelle heureuse idée vous avez eue de couronner ainsi notre fête jubilaire ! Sans l'heure d'intimité qui va la clore, elle se serait éteinte suivie des regrets des anciennes, des larmes peut-être des plus jeunes ; car disons-le, pour la bonne écolière, rien n'est beau comme son couvent, comme pour la famille, rien n'est plus doux que son foyer.
Après avoir reçu la bénédiction de Jésus qui nous dispense les meilleures jouissances de la vie, nous venons les savourer ensemble dans l'atmosphère si pure et si radieuse qui nous environne, atmosphère où, sous le regard de la Vierge de mai, l'on respire avec délices l'amour maternel, fait de bonté, de dévouement, se mêlant à la piété filiale, faite de confiance et d'abandon.
Soyez donc de nouveau, les bienvenues, Mesdames et nous vous resterons deux fois reconnaissantes. A vous de dire, mieux que nous n'avons su le faire, tout ce que nos cœurs ressentent de joie et de gratitude en présence de la révérende Mère Supérieure Générale. A son tour cette bonne Mère vous dira, Mesdames, comme nous avons été charmées de tout ce que vous avez su faire dans une parfaite
union de cœur et de volonté pour la réussite de notre noce d'or.
Oue la Mère et ses vaillantes filles en soient à jamais bénies et que des courts instants passés sous notre toit il leur reste un souvenir qui les repose de leurs fatigues et les engage à se rencontrer souvent par la pensée à nos trois centres de réunion ! L'Eglise, THôtel-de-Viile, l'Aima Mater.
L'église, c'est le matin des noces, l'Aima Mater en est le soir ; le chant de l'aurore : Dieu soit béni, est encore celui du crépuscule. Qu'il soit béni de tout, aujourd'hui, demain et toujours !
A la fin de la soirée, Madame Adélard Ficher, présidente du comité d'organisation du cinquantenaire, adressa les paroles suivantes à la Révérende Mère Supérieure Générale, aux Révérendes Mères, aux Dames et à ses chères compagnes :
Tout a été dit aujourd'hui, et si bien dit que ce serait témérité de ma part de penser que je pourrais ajouter quelque chose d'intéressant à ce concert de louanges que nous avons entendu et dont la mélodie résonne encore à nos oreilles charmées. Je ne l'oserais pas, il y a longtemps que je ne cultive pas les fleurs de rhétorique, je me contenterai de dire deux mots seulement : merci et adieu !
lin octobre dernier, quand, à l'invitation de ia Rvde Mère Supérieure, les ancietmes élèves se sont réunies au Couvent, j'ai été nommée présidente du comité d'organisa-
tion des fêtes du cinquantenaire comme étant la plus ancienne élève présente ; c'était mon seul titre, mais combien cher ! J'ai eu beau m'en défendre, alléguer mon incapacité, mon âge, j'ai dû, les larmes aux yeux, accepter, avec reconnaissance tout de même, la charge et l'honneur.
La première a été facile et douce, qui consiste à seconder l'esprit d'initiative des dévoués membres du comité, surtout de Mesdemoiselles les sécrétai res,à qui je dois bien cette mention spéciale qu'elles me pardonneront.
L'honneur est celui de vous adresser la parole ce soir pour offrir à notre Aima Mater un souvenir tangible de son jubilé d'or. Notre cœur a battu bien fort tout le jour et, s'il est large et voudrait avoir fait plus, nos bourses sont bien restreintes.
Vous l'agréerez tout de même ce modeste cadeau, chère Mère Supérieure, avec l'assurance des sentiments de gratitude des anciennes élèves et des amis de la maison.
Je veux remercier la Rvde Mère Sup. Générale d'avoir bien voulu descendre à Arthabaska avec ses dignes compagnes. Nous saluons en sa personne toute la phalange de nos anciennes maîtresses presque toutes retournées au Ciel suivies, je l'espère, par celles à qui elles en ont montré le chemin et si nombreuses elles aussi, les chères disparues 1
L'honneur est aussi de remercier,en général, si vous voulez bien, les détails seraient trop longs, tous ceux et celles qui ont contribué par une large part dans l'éclat de nos belles fêtes qui vont finir, trop tôt hélas ! parce qu'elle est bien terminée la fête de notre couvent ; finis les rendezvous pour causer du cinquantenaire au parloir de Mère Su-
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périeure, où nous retrouvions le même sympathique accueil d'autrefois dans celui des religieuses actuelles, si simplement bonnes toujours, quand à leur appel, nous accourons au couvent.
Maintenant, il faut dire adieu ! nous sommes au soir d'un jour qu'on ne vit pas deux fois, tant désiré pour tout, il aura été réconfortant inoubliable, mais si court !
A la génération nouvelle dont les paroles aimables nous ont bien touchées, nous, les grand'mamans, laissons, avec une confiante sécurité, le soin de fêter le Centenaire de notre commun Aima Mater, guidées qu'elles seront, nos chères petites-filles, par les mêmes parfaites éducatrices que sont depuis toujours les Religieuses de la Vénérable Marguerite Bourgeois.
Qu'elles soient remerciées mille fois ces bonnes Mères ; elles nous ont fait revivre le temps lointain du pensionnat, allégeant nos épaules de cinquante années, que nous retrouverons, malheureusement, à la porte, en sortant. C'est pourquoi je prie avec instance la Rvde Mère Supérieure Générale d'accorder un congé aux élèves actuelles, et un pet^'t quart à celles de 1870.
La petite fille de madame A. Ficher, enfant de M. Gustave Ficher, présenta aux Dames de la Congrégation une bourse contenant la souscription des anciennes élèves et des citoyens d'Arthabaska,au montant de $2,348.00.Nous répétons que le jubilé fut un brillant succès.
Nous félicitons M. l'abbé L.-A. Côté de son initiative et du travail qu'il a fait pour conduire à une aussi bonne fin cette fête qui a réuni les anciennes élèves et qui a réjoui les
citoyens de cette paroisse. Nous devons aussi féliciter la communauté des Dames de la Congrégation qui se compose des révérendes Sœurs Ste-Adolphine, supérieure, St-Aimé des Anges, Ste-Gaétane, Ste-Marie de Gethsémani, Ste- Marie Léonie, St-Paul de Césarée et de Ste-Marie-Anne.
Qu'ils nous soit permis d'offrir nos plus sincères remerciements aux Dames de la Congrégation pour l'hospitalité charmante et généreuse qu'elles ont offerte à leurs anciennes élèves et à tous les invités à cette fête.
Nous félicitons les élèves du succès qu'elles ont remporté à la séance de l'après-midi.
Arthabaska est fier de son couvent, qui a rendu dans le passé d'immenses services et qui continuera de préparer l'avenir.
Nous souhaitons aux Dames de la Congrégation tous les succès possibles, les assurant qu'elles peuvent toujours compter sur la sympathie profonde de notre population. Nous nous joignons à tous les orateurs de jeudi pour les remercier de leur dévouement à la cause de l'éducation, les féliciter de l'œuvre si profondément catholique et chrétienne qu'elles accomplissent au milieu de nous.
La Vierge d'Arthabaska avait souri à sa famille d'autrefois et lui avait donné un jour du ciel, moins la durée ; car il était fini. On se dit adieu en promettant de toujours se souvenir du vingt-sept mai mil neuf cent-vingt.
lies Eglises du MoQt (Xt^risto
L'église actuelle de St-Christophe d'Arthabaska fut bâtie du temps de M. P. -H. Suzor, premier curé de cette paroisse. Cette église, qui a un cachet de beauté et de régularité tout à fait remarquable, est l'œuvre la plus importante, Tceuvre qui domine toutes les autres, accomplies par AI. P.- H. Suzor, pendant son séjour à Arthabaska. Aujourd'hui, ave son aspect un peu antique, qui ne la rend que plus vénérable, elle est encore une de nos plus belles églises des Bois- Francs. Du scmmet de la colline où elle est assise elle domine toute la gracieuse vallée de la rivière Nicolet.
Ce fut le 30 janvier 1869 que Mgr Thomas Cooke, évêque des Trois-Rivières, émit un décret permettant la construction d'une nouvelle église.
Monsieur Suzor, qui aimait à faire grand et beau, rencontra certains obstacles, mais il sut heureusem.ent les vaincre. Toutes difficultés étant aplanies, les travaux préléminaires commencèrent en 1872.
Le 23 septembre 1873, Mgr L.-F. Laflèche, second évêque des Trois-Rivières, fit la bénédiction de la pierre angulaire de l'église.
Le 15 juillet 1875, les travaux étant terminés, Mgr Laflèche en fit la bénédiction solennelle. Elle a 144 pieds de longueur et 63 de largeur, avec transept de 75 pieds et une sacristie très vaste.
Cette église est la deuxième bâtie au pied du Mont Christo. Avant de parler de la première église, disons de suite que Monsieur J. N. Héroux, deuxième curé, fit ins-
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Eglise actuelle de Saint-Christophe d'Arthabaska.
taller, le 12 janvier 1882, un orgue : ce fut le premier L orgue dans les Bois-Francs.
Le troisième curé, M. Edmond Buisson, fit, en 1888, restaurer l'intérieur de Téglise.
Monsieur Edmond Grenier, le quatrième curé, ornementa le clocher, qui s'élève à la hauteur de 190 pieds, d'un magnifique carillon de quatre cloches dont les sons harmonieux charment les oreilles de tous ceux qui les entendent. Ces cloches furent payées par une souscription volontaire.
Lors des fêtes de la bénédiction des cloches,notre poète, M. A. Poisson, composa un magnifique cantique qui fut harmonisé par son frère, Roméo. J'aurais voulu le publier ; malheureusement, je n'ai pu me le procurer.
Le cinquième curé, M. F.-X. Lessard, compléta le décor intérieur de l'égiise par l'installation de la lumière électrique.
M. L. A. Côté, le curé actuel, s'est chargé de solder les dettes existantes et de thésauriser pour réaliser son désir de faire une nouvelle toilette à ce temple qui bientôt célébrera son premier cinquantenaire.
La première église au pied du Mont Christo (1) fut bâtie à l'été de 1851, sous la surveillance de M. Paul de Vil'ers, missionnaire résidant à St-Norbert. L'entrepreneur fut J.-Bte Laroche, paroissien de St-Christophe. Cette église avait 75 pieds de longueur et 40 de largeur. L'entrepreneur devait la lambrisser, la couvrir en planches et en bardeau, faire un plancher à volonté, un solage en cèdre, ^ quatre châssis dans les longs pans et des bancs. Il n'était question ni de sacristie ni de clocher.
(1) Voir tome 1 page 335, et tome 11 page 433.
Au ccmmencement d'octobre 1851, M. Antoine Racine, curé de Stanfold, fit la bénédiction de cette église.
En 1854, M. P. H. Suzor la fit terminer, ainsi que la sacristie et le presbytère, bâti par M. Moïse Duguay, en
Si l'église bâtie en 1851 fut la première au pied du Mont Christo, elle ne fut pas le premier temple élevé au Seigneur dans la partie du canton d'Arthabaska destinée à devenir la paroisse de St-Christophe, érigée canoniquement en 1851.
En 1843, M. Clovis Gagnon, missionnaire de tous les Bois-Francs, fit construire, par M. Paul Beaudet-Ducap, une chapelle, dans le 4e rang d'Arthabaska, appelé, *' Rang des Bras de la rivière Nicolet ".
Aucun document ne nous fait connaître les dimensions de cette chapelle. M. Gagnon en fit la bénédiction à la St- Michel 1843. Cette chapelle fut démolie en 1852 et le bois de charpente servit à la construction de la sacristie de la première église du Mont Christo. Cette chapelle dite ''des Bras " est donc la première érigée sur le territoire primitif de la paroisse de St-Christophe. Eile a même existé un an encore après l'érection canonique, n'ayant été démolie qu'en 1852. En 1863, M. C. Marquis, curé de St-Célestin, et grand promoteur de la colonisation, fit ériger canoniquement la paroisse de Sainte-Victoire.
Comme le rang des '' Bras " fut enclavé dans cette nouvelle paroisse, nous pouvons et nous devons dire que la première chapelle érigée sur le territoire de la paroisse de -Ste-Victoire a été et est la chapelle des " Bras ".
Pendant près de 24 ans, les offices religieux pour les paroissiens de St-Christophe se firent dans la première église de la Montagne. En 1875, Téglise neuve étant ouverte au culte, on commença le démolissement de l'ancienne et, en 1876, il n'en restait plus que le solage, fait en 1854.
En feuilletant les quelques vieux numéros de '' L'Union des Cantons de L'Est " que j'ai en mains, grâce à M. l'avocat Renaud Lavergne, il m'est tombé sous les yeux un document historique, au sujet de la première église de St-Christophe, dont peu de personnes connaissent l'existence et la teneur.
En outre des renseignements sur la première église de St-Christophe, dont peu de personnes connaissent l'existence et la teneur.
En outre les renseignements sur la première église, 110US y trouvons tout un recensement des contribuables ou habitants de St-Christophe en 1854.
Voici ce document historique tel que nous le lisons dans les colonnes de '* L'Union des Cantons de L'Est " du 26 octobre 1876.