L. UNDSAY, Ptre
Accueil fait au tome premier de V Histoire des Bois-Francs, par '' U Action Catholique " .
" Nous regrettons de n'avoir pu présenter plus tôt à nos lecteurs '' Les Bois-Francs ", le fort volume que M. l'abbé Charles-Edouard Mailhot vient de consacrer à l'histoire d'un des coins les plus intéressants de la province de Québec. Mais la faute en est un peu à l'auteur lui-même qui a mis dans son livre tant d'intérêt, qu'il est difficile de s'empêcher de le lire jusqu'au bout quand on en a parcouru les premières pages. Et l'on sait que les journalistes ont peu de loisirs.
Ce qu'est cette histoire des Bois-Francs, l'auteur le dit
lui-même dans sa préface avec une clarté et une franchise qui obligent à emprunter ses propres paroles, car on ne saurait dire mieux ni plus juste.
" L'ouvrage que je présente au public canadien ", écrit M. Tabbé Mailhot, " est un recueil d'écrits laissés par les premiers historiens, des documents collectionnés pendant plus de vingt-cinq ans. C'est le récit des faits et gestes accomplis par nos pères, sur ce beau coin de terre canadienne, aux jours de sa glorieuse découverte. Ce sont les traditions de nos ancêtres qui menacent de disparaître (car ils sont rares aujourd'hui les anciens pionniers que nous pouvons consulter), que j'ai essayé de sauver de i'oubli.
*' C'est le fruit d'études, de recherches nombreuses et attentives, faites dans les archives religieuses et civiles dispersées ça et là.
" Je me suis fait un devoir de les réunir, de les coordonner, et aujourd'hui j'en fais part à mes lecteurs, espérant leur être utile et agréable,
" C'est pour sauver et populariser les précieux travaux de ces écrivains, — MM. les abbés Charles Trudelle et Chs- F. Baillargeon, Mgr P. H. Suzor. MM. Antoine Gérin-Lajoie et Hyacinthe St-Germain, — que je me fais, non pas le père, mais le parrain de l'histoire des Bois-Francs ".
Il faut convenir que M. l'abbé Mailhot est un parrain dont le dévouement est aussi fécond qu'éclairé, car bien peu de pères savent rendre leurs fils aussi agréables et aussi utiles qu'il l'a fait de son filleul.
A une époque où la nécessité du retour à la terre apparaît plus éclatante que jamais, c'est faire œuvre essentielle-
ment nationale que de rappeler l'héroïque courage des pionniers qui conquirent pour leur race la terre fertile des Bois- Francs. '' Ces défricheurs n'étaient pas des hommes ordinaires. Animés d'un grand esprit chrétien et patriotique, pleins de vaillance et de dévouement, guidés, soutenus et encouragés par des prêtres pieux et zélés, ils enduraient de bon cœur des privations sans nombre pour pouvoir s'emparer d'un sol que les autorités semblaient vouloir léguer à un élément étranger.
La manière dont leur histoire est racontée rendra leur exemple plus fécond en même temps qu'elle fera goûter à plusieurs le charme si vivifiant des vieilles coutumes canadiennes si bien décrites dans l'histoire générale des Bois- FrancSjOU l'esquisse historique des paroisses de cette localité qui forme la seconde partie du volume.
M. l'abbé Mailhot, comme tant d'autres membres du clergé canadien qui cultivent fructueusement le champ de notre histoire nationale, a droit à la reconnaissance des Canadiens-français, car son livre est une bonne œuvre.
Nous souhaitons qu'il soit lu et relu et qu'il prenne la place à laquelle il a droit parmi les livres qui sont distribués à la jeunesse de nos écoles aux jours des récompenses ".
Du " Bulletin des Recherches Historiques " par M, P,-G. Roy.
" Voilà un livre, " Les Bois-Francs ", que devraient lire non seulement les habitants des Bois-Francs mais tous ceux qui s'intéressent à notre histoire. Les journaux sont
remplis des exploits héroïques de ceux qui là-bas se battent contre les Allemands. On s'explique que la chaleur du combat, Tentraînement ambiant, le bruit du canon et des balles qui sifflent poussent pour ainsi dire à accomplir des actions héroïques. Mais il y avait de l'héroïsme chez les Canadiens- Français qui s'enfoncèrent dans les Bois-Francs pour défricher cette belle partie de notre pays. Et ces braves avaient d'autant plus de mérite qu'ils ne songeaient pas à laisser leurs noms à la postérité. C'est l'histoire de tous ces héroïques pionniers que M. l'abbé Mailhot nous fait connaître dans son beau livre ".
Du " Bien Public " , par M. l'abbé Joseph G. Gélinas, préfet des Etudes au séminaire des Trois-Rivières.
"L'abbé Mailhot est un travailleur patient, infatigable, que le souvenir des anciens a séduit. Il s'est dit, comme Mgr Laflèche et bien d'autres, que l'héroïsme obscur des défricheurs, des colons de chez nous, ne saurait être trop chanté par nos historiens, nos orateurs et nos poètes. Depuis des années il feuillette les registres poudreux, fait parler les ** vieux et recueillie pieusement les miettes d'histoire de la petite patrie qui s'appelle les '' Bois-Francs ".
Le volume que nous donne aujourd'hui l'abbé Mailhot est magnifiquement illustré, et compte, 444 pages. Ces pages comprennent une notice sur Saint-Ferdinand et ses premiers missionnaires, l'histoire détaillée de Sainte-Victoire d'Arthabaska, une esquisse de Saint-Paul de Chester,
des notes sur la paroisse de Sainte-Hélène, de très belles pages sur les " Pionniers des Bois-Francs et la race acadienne ". A travers tout cela se trouvent des généalogies nombreuses, des anecdotes émouvantes de précieuses biographies.
Bref, Touvrage de M. Tabbé Mailhot devrait avoir sa place dans toutes les bibliothèques canadiennes françaises, surtout dans les petites bibliothèques de famille. Comme ils sont pâles et insignifiants les héros et les héroïnes de romans à côté des vaillants pionniers de chez nous ! ''
Lettre de M. Benjamin Suite, en date du 30 décembre 1920.
Cher Monsieur Mailhot,
J'ai repris, hier, la lecture du Tome II de vos " Bois-Francs " et je vous en fais mes compliments. Nous avons là des pages à méditer et de bons souvenirs à classer dans notre mémoire. Les ''Bois-Francs" c'est un second Canada. Et dire qu'il s'est formé durant ma vie, commençant lorsque je suis venu au monde ! Il serait oublié en 1940 si vous ne l'aviez pas fait revivre. Le voilà dans nos annales bien nettement dessiné et il restera dans l'esprit de nos gens, de génération en génération. Vous l'avez sauvé de l'oubli : c'est une belle œuvre nationale.
Du '' Canadien " de Thetford, par M. Camille Duguay.
" Benjamin Suite, Tinfatigable chercheur, appelé un jour à dire ce qu'il pensait de ceux qui écrivaient la généologie des familles, déclarait : Retrouver et publier la lignée de nos familles, c'est décerner à celle-ci un titre de noblesse moderne et c'est en même temps une oeuvre '' patriotique ". Ce brevet élogieux peut être décerné, à tout aussi juste titre à ceux qui écrivent l'histoire de nos belles paroisses canadiennes en y intercalant la biographie des principaux fondateurs.
C'est justement, après quelques autres, le bel exemple que nous a donné, depuis quelques années, M. l'abbé Chs-Ed. Mailhot, prêtre retiré à l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska. Jamais un ministre de Dieu ne peut couronner une féconde carrière par un acte plus utile, plus méritoire, que celui de " ramasser les miettes " éparses de l'histoire paroissiale, de les classifier et enfin de les publier ; car elles seront plus tard autant de pierres précieuses qui serviront à édifier le splendide monument que sera l'histoire nationale.
M. l'abbé Chs-Ed. Mailhot a publié deux volumes assez considérables sur " Les Bois-Francs ". Il a écrit avec un grand souci de la vérité, une simplicité qui n'est pas étrangère à l'élégance du style, ce qui fait de ses récits une attraction complète pour l'intelligence, un charme discret pour le cœur et l'esprit.
En présentant nos félicitations et nos vœux de succès à M. l'abbé Chs-Ed Mailhot, nous conseillons fortement à nos lecteurs de se procurer l'intéressant ouvrage de ce
prêtre historien. Ils y trouveront une fructueuse distraction et des exemples de courage et de persévérance propres à alimenter leur foi et leur patriotisme.
M. Tabbé Mailhot vient de signer un petit monument qui assurera la survivance de son nom parmi ceux des bienfaiteurs de la race, parce que, pour en avoir relaté quelques traits caractéristiques, il aura bien mérité d'elle.
Il faut sans doute avoir une notion aussi exacte que possible de Thistoire universelle, mais avant de laisser voguer notre imagination aux régions de Tencyclopédie, commençons par donner notre cœur à l'étude de Thistoire du Canada, celle de nos paroisses et de nos familles, afin qui, captés par les beautés et les traits d'héroïques vertus que nous trouvons à chaque page, nous restions unis par l'amour des traditions, bien canadiens, fervents catholiques et sincères patriotes, mentalité nécessaire pour faire la nation grande et fière ".
Des nombreuses lettres reçues de mes compatriotes des Bois-Francs, pour qui cette œuvre a un attrait tout parti :U" lier, je n'en mentionnerai que deux.
Le 18 septembre 1914, M. l'abbé L. A. Côté, curé d'Arthabaska, écrivait :
" J'ai déjà lu une bonne partie de votre volume et avec beaucoup d'intérêt.
Recevez mes humbles mais sincères félicitations pour votre beau travail ".
Le 13 octobre 1920, M. L.-R. Lavergne, avocat, ancien rédacteur de '' L'Union des Cantons de TEst ", s'exprimait dans les termes suivants :
'' Nous des Bois-Francs, nous ne pourrons jamais vous Hre trop reconnaissants pour le travail beau, mais ardu que vous faites aujourd'hui, afin de sauver de Toubli les mœurs, les coutumes, les travaux, les vertus de nos pères et même leurs défauts, et de nous faire connaître et apprécier cette partie du pays où nous vivons.
Arthabaska a produit beaucoup d'hommes remarquables : des politiques, des poètes, des sculpteurs, des peintres, des musiciens et des compositeurs ; il lui manquait son historien. Et, vous voilà, M. l'abbé, qui dites : Présent !
Vous êtes bien des nôtres ; il y a longtemps que nous vous réclamons comme tel, que nous vous estimons et honorons. Votre nom est et sera la propriété de nous tous, citoyens d'Arthabaska, à côté de ceux des Laurier, des Poisson, des Suzor-Côté, etc. "
Dans la Revue Nationale de décembre 1920, M. l'abbé Henri Beaudet (Henri d'Arles), a bien voulu consacrer une page pour nous communiquer les impressions qu'a fait naître en son âme la lecture de l'Histoire des Bois-Francs, son pays natal.
" Les Bois-Francs sont ma petite patrie, profondé- ' tient aimée. C'est là que j'ai eu mon berceau, au pied des montagnes, près des grands bois d'érables, où, enfant, je
suis souvent allé " aux sucres ". Là que dorment mes morts dans la bonne terre maternelle. Quand je veux me reposer vraiment, oublier tout ce que la vie, les absences lointaines, les contacts avec tant de figures étrangères, ont déposé en mon âme de sentiments superficiels et de choses acquises, c'est là que je reviens. J*y reviens pour me retrouver. Et alors s'opère en moi comme une suppression des années vécues en dehors de cette ambiance saine, la seule qui s'harmonise vraiment avec l'être intime. Les souvenirs s'y lèvent de partout, jeunes, frais, étonnamment réels. Le Cardinal du Bellay ,écrivant de son ambassade d'Italie au Roi de France, le suppliait de lui donner un long congé, car "j'ai besoin, disait-il, d'aller respirer l'air de ma naissance ". L*air de ma naissance, — je le savoure parmi les collines natales, dans les vallées gracieuses, le long de la rivière Nicolet restée la même dans le perpétuel écoulement de ses eaux ; et quelle ivresse calme j'en reçois ! La nature, bonne gardienne des impressions d'enfance que je lui ai confiées, me les rend neuves, entières, me redonne mon âme des premiers jours.
Aussi ai-je lu avec un particulier intérêt le grand ouvrage que M. l'abbé Chs-Edouard Mailhot a consacré à cette région largement découpée à même les Cantons de l'Est, et qu'il a intitulé précisément les Bois-Francs. Ce nom pittoresque apparait officiellement pour la première fois dans la lettre de l'Archevêque de Québec en date de septembre 1838, à l'abbé Denis Marcoux, vicaire à Saint-François-du-Lac, le nommant vicaire à Gentilly, avec ordre de visiter les colons des " Bois-Francs ". Mais il s'était déjà introduit dans le langage populaire. Le peuple est créateur de mots. Les hardis défricheurs, qui s'étaient les premiers
aventurés loin des rangs du " bord-de-l'eau ", à la recherche de terres nouvelles, frappés du caractère forestier qui régnait ici — érables — frênes — noyers — merisiers-hêtres donnèrent à ces immenses domaines l'appellation qui leur convenait et qui leur est restée. Elle est très belle, au surplus, dans sa figure de vérité.
C'est donc des " Bois-Francs " que M. Mailhot s'est fait l'historien. Il faut croire que cette terre, si riche en essences variées et résistantes, ne l'est pas moins de traditions humaines, car deux volumes relatent son passé de vie, et je crois savoir qu'un autre suivra. Abondante matière.où les traits des missionnaires et des premiers curés voisinent avec ceux des colons qui ouvrirent à la race ces nouveaux débouchés et furent les semeurs d'avenir. Combien ces volumes, dont le premier a paru en 1914 — et l'autre en 1920, représentent de recherches patientes à travers les Archives des Greffes, les souvenirs de familles, les traditions locales, combien l'auteur a déployé de travail à colliger des documents épars, à reconstituer de nombreuses généalogies d'ancêtres, et à rassembler tant de menus faits qui ont signalé l'origine de nos paroisses, je n'essaierai pas de le dire. Il faut être du métier pour le comprendre. Quiconque lira son ouvrage, s'il est natif des Bois-Francs, y prendra plaisir extrême ; s'il est d'ailleurs, il sera émerveillé de voir la place méritée que notre *' petite patrie " tient dans la grande. L'histoire des Bois-Francs est une page de plus ajoutée à celle que nos pères ont écrite partout où les ont portés leur esprit de foi, leur divination de nos destinées, leur amour du sol canadien. La croix, la hache et la charrue, c'est la sublime trilogie de mots qui résume et enferme tout
ce que nos temps primitifs ont inspiré d'actes de religion, de courage au labeur, d'espérance invincible en la vertu de la terre '\
En outre des ces paroles bien réconfortantes et d'un encouragement tout à fait inattendu, puisque l'édition du tome premier, paru en 1914, est épuisée, celle du deuxième, paru en 1920 touche à sa fin ; — quelques-uns m'avaient prédit un tout autre sort — n'était-ce pas pour moi, un véritable bonheur de constater la joie des anciens des Bois- Francs en entendant le récit de la vaillance de leurs pères ? C'était pour eux tout un monde de souvenirs qui remuaient profondément leurs cœurs ; c'était le mémorial de la vie vécue par leurs ancêtres à l'aurore des Bois-Francs. Ils y reconnaissaient leurs premiers feux.
Puisse des souvenirs la tradition sainte.
En régnant dans leurs cœurs garder de toute atteinte
Et leur langue et leur foi.
Interroga patrem tuum et anmmtiabit tibi ; majores îuos et die eut tibi.
Interroge ton père, et il t'instruira ; tes aïeux, et ils te le diront.