ERECTION DU CANTON DE BULSTRODE
Le 1 1 juin, 1792, un nommé Patrick Longan et plusieurs associés.de Montréal, demandèrent au gouvernement de leur concéder le canton de Bulstrode. Le 3 aoiàt suivant, ordre fut donné d'en faire l'arpentage, lequel fut terminé
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le 8 mars 1803. (1) L'étendue de ce canton était de 34,251 acres, dont 4,894 acres réservés au gouvernement et 4,894 acres en faveur du clergé protestant.
En 1791, le gouvernement du Canada décréta qu^un septième de toutes les terres incultes de la couronne qui seraient concédées à l'avenir serait réservé pour rétablissement et l'entretien du clergé protestant. Rien pour le clergé catholique. Quel bel esprit de justice !
En 1854, ces biens furent sécularisés dans le Bas et le Haut Canada. (2)
Rorbert Prescott, gouverneur du Canada de 1797 à 1807, était opposé aux octrois d'immenses terrains à la même personne ou aux amis du pouvoir. Sa politique fut mal vue à Londres et il fut rappelé après deux années d'administration, tout en conservant son titre de gouverneur jusqu'en 1807.
De 1788 à 1805 le pays fut administré par Robert Shore Milnes, un autocrate, un ennemi des canadiens^ C'était un partisan des grands octrois de terrain. Il fut remplacé comme administrateur par l'honorable Thomas. Dunn qui se montra assez sympathique aux canadiens. En 1807 arrivait le trop fameux James Craig,qui fut gouverneur du Canada jusqu'en 1811. Il fut l'un des gouverneurs des plus hostiles aux Canadiens.
Le 27 mai 1803, Milnes émit des lettres patentes (créant et octroyant le canton de Bulstrode à Patrick )ngan.
(1) Archives d'Ottawa.
(2) Recherches Historiques, vol. 7, page 188.
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Ce fut aussi Milnes qui octroya un quart d'Artha- / baska à John Gregary, Warwick à Siendry Persons, y Somerset à des officiers et soldats anglais, un quart d'Halifax à J. Benjamin Jobert, de Montréal, un quart de Chester à Siméon McTavish et James Godel, de Montréal. La moitié de Stanfold fut concédée à Jenkin Williams par l'administrateur, Thomas Dunn.
On espérait par là empêcher les canadiens établis sur les bords du St-Laurent de venir coloniser ces cantons, qu'on voulait exclusivement anglais et protestants.
Mais la divine Providence en avait décidé autrement. Ils devinrent canadiens-français et catholiques ; mais hélas ! au prix de quels sacrifices, de quelles tracasseries !
En 1831, La Minerve, àt Montréal appréciait de la manière suivante la politique de favoritisme pour les uns et d'ostracisme pour les autres, pratiquée par Milnes, Craig et autres du même acabit.
'' Il y a peu d'années, dit-elle, des spéculateurs ayant divisé, du fond des bureaux du gouvernement de Québec, V toute la surface non habitée du pays, aux moyens de lignes '' imaginaires, se partagèrent sans honte, pour se métaphorser en aristocratie, un sol qui devait être l'héritage de cultivateurs propriétaires et non l'habitation passagère de l'esclave. On donna gratuitement des lots de 25,000 acres à un grand nombre d'individus qui n'avaient d'autre mérite que de porter un nom anglais et d'être les ennemis des Canadiens ".
(La Minenfc, 1.1 Juillet 1831.)