L. TRAHAN, Pire, Miss, de Shipton
N, LECLERG, Ptre, Miss, de Lambton.
P. DeVILLERS, Ptre, Miss. d'Arthabaska. JER. SASSEVILLE, Ptre, Miss, de Kiiigsey. J. MELC. BERNIER, Ptre, Vicaire d'HaUfax.
La hache du biicheron fut la grande ouvrière de notre histoire. Ce que ne put faire le soldat en 1759, le colon canadien le fit : il garda le sol et le garda français.
Nulle part on n'a mieux compris, nulle part on n'a fait plus de sacrifices pour avancer la colonisation, le défrichement des forêts, que dans les Bois-Francs.
Sans doute, ici comme ailleurs, le faux brillant des villes et des usines en ont illusionné, en ces derniers temps, un certain nombre ; mais nombreux sont ceux qui sont restés fidèles aux traditions ancestrales, à l'amour de la terre. La plupart ont marché sur les traces de leurs pères, iqui furent des amis du sol canadien, des défricheurs et /des colonisateurs inlassables. Ils ont continué à labourer, 'à ensemencer le sol arrosé par les sueurs des aieux. Si ceux-ci revenaient, ne pourraient-ils pas dire : " Nous reconnaissons la trace de nos premiers feux ?" Les pionniers des Bois-Francs peuvent être cités comme des modèles de courage, d'endurance et de patriotisme.
Aujourd'hui, il n'y a relativement plus de défrichement à faire dans nos Bois-Francs, mais il faut maintenir, consolider l'œuvre si bien commencée, si bien soutenue par les valeureux bûcherons de jadis. Il faut continuer â faire produire la terre, à engendrer des imitateurs, à conserver à la grande œuvre de la colonisation les cœurs et les bras des canadiens-français.
Il semble vraiment que les Bois-Francs ont une mission colonisatrice à accomplir. Après avoir donné l'exemple du travail et de l'amour du sol, voilà qu'une voix des Bois- Francs va donner l'encouragement, la protection à la noble cause de la culture de la terre.
N'appartenait-il pas, en effet, aux Bois-Francs, de voir un de leurs citoyens élevé à l'honneur de Ministre de la Colonisation ?
6o LES BOIS-FRANCS
Nul doute que l'honorable J.-E. Perrault, connaissant ce qu'ont fait, dans le passé, nos vaillants colons et nos dévoués missionnaires pour Tavancement de la colonisation, mettra au service de cette noble et grande cause tout son talent, toute sa bonne volonté, toute son énergie. Il saura maintenir dans toute son intégrité et dans tout son éclat les brillantes traditions qui font la gloire des anciens pionniers des Bois-Francs.
L'Honorable J.-E. Perrault, dans un discours à Péribonca, le 17 septembre 1919, et dans son discours au Parlement, le 3 février 1920, nous a fait connaître, lui-même, le désir qu'il avait de promouvoir, de favoriser l'œuvre de la colonisation. Ces deux discours renferment tout son programme.
" Il faut, a-t-il dit à Péribonca, que l'infatigable, la triomphante marche en avant du défricheur se continue. Si son geste s'arrêtait, il manquerait un élément à notre progrès économique. La colonisation fut l'œuvre du passé. Elle reste celle de l'avenir. L'heure est propice. Les événements des dernières années nous ont enseigné, une fois de plus, qu'il nous faut surtout compter sur nous-mêmes et que la première condition de notre force est l'enracinement profond au sol de la province. Cette terre est notre gardienne. Des signes indiquent que les esprits comprennent cette vérité et que les volontés sont prêtes aux sacrifices nécessaires.
Certes, le succès de la colonisation dépendra toujours, et en premier lieu, du courage de ses défricheurs. Toute concjuête repose, en ce monde, sur un acte de volonté. Mais combien nécessaire est ce ressort intérieur à qui veut
L'HONORABLE J.-ED. PERRAULT, Ministre de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries.
LES BOIS-FRANCS 6l
s'adonner à la vie difficile du colon ! Que du moins ses actions utiles, loin d'être contrecarrées, soient soutenues et secondées !
Que rintelligente sympathie du public, que l'aide actif et généreux des pouvoirs s'allient à l'inlassable bravoure des pionniers de la forêt et enrichissent ainsi le domaine de la province de Québec ".