‹ Les Bois-Francs (volume 4)Chapitre 50 sur 145 · NOTICE SUR LA PAROISSE DU ST-ROSAIRIC · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LA PAROISSE DU ST-ROSAIRIC

Le 6 septembre 1887, Mgr Gravel, évêque de Nicolet, délégua M. Edouard Brunel ,curé de St-Valère, pour aller planter une croix sur un terrain donné à la corporation épiscopale de Nicolet, le 29 août 1887, par MM. Lazare et Eugène Desharnais. Ce terrain était une partie des 6c et 7e lots du 6e rang de Bulstrode.

Le 22 du même mois, fête de St-Thomas de Villeneuve, M. Brunel alla fixer la place où on devait planter cette croix. Il y avait à cet endroit trois ou quatre colons. Le défrichement était à peine commencé. Le 2Z octobre 1893, Mgr Gravel émit un décret érigeant en paroisse canonique, sous le vocable du St-Rosaire, une certaine partie des cantons de Bulstrode et de Stanfold.

Cette paroisse devait comprendre les neuf premiers ;lots des rangs 9 et 8, les dix-sept premiers lots des rangs

7, 6, 5 et 4, les quatorze premiers lots des rangs 4 et 3 du canton de Bulstrode, et les trois derniers lots des rangs 9,

8, 7, 6, 5, 4 et 3 du canton de Stanfold. La première mission au St-Rosaire eut lieu le dimanche, 28 mai 1893. Ce fut M. Tabbé A. Désaulniers, curé de Stanfold, qui fit cette mission.

A l'automne de 1893, M. Alfred Manseau, vicaire à Arthabaska, fut nommé curé du St-Rosaire. Il y avait alors au St-Rosaire, une quarantaine de familles.

Le 25 février 1894, eut lieu la bénédiction d'un che-

min de croix. M. Baillargeon, ancien curé de Stanfold, fut le prédicateur de circonstance.

Pendant Tété de 1894, on bâtit un presbytère de 35 pieds par 30, avec une cuisine de dix-huit pieds par vingt.

Au recensement de décembre 1894, la paroisse du St-Rosaire comptait quatre-vingt-dix familles, donnant quatre cent soixante-dix communiants et trois cent deux non communiants.

A l'automne de 1898, M. Manseau fut remplacé par M. Omer Melançon, qui desservit la paroisse pendant dix ans.

Dans son premier recensem.ent, en 1899, M. Melançon trouva dans se paroisse cent soixante cinq familles, 772 âmes, 470 communiants et 302 non communiants.

En 1908, la paroisse du St-Rosaire fut confiée à M. J.-Bte Durocher, le curé actuel.

Le 29 octobre 1916, un incendie consuma complètement le presbytère. Tous les documents relatifs à la paroisse furent brûlés. On me dit que M. Manseau et M. X Melançon avaient consigné beaucoup de choses dans le cahier des documents à conserver.

L'histoire des commencements de cette paroisse pourrait peut-être être reconstituée en consultant les deux premiers curés et les vieux paroissiens. Que Ton ne retarde pas trop, car les traditions tombent vite dans l'oubli.

Et il est très important que les origines d'une paroisse soient bien conservées.

Les quelques notes que je donne ici ont été puisées, en grande partie, dans les anciens numéros de " l'Union des Cantons de l'Est ".

L'ABBE BOSAIBE CBOCHETIEBE,

capitaine-aumônier, du 22e bataillon canadien-français,

tombé glorieusement en terre française,

le 2 avril 1918.

Uq yépos des Bois^Pt^a^cs

M. L'ABBE ROSAIRE CROCHETIERE, AUMONIER MILI- TAIRE DU 22e BATAILLON CANADIEN.

ABBE Rosaire Crochetière naquit à Arthabaskaville, le 20 juillet 1878, de Alphonse Crochetière, imprimeur, et de Joséphine Cormier. Il fut ordonné à Nicolet le 9 juillet 1905. Décédé en France le 2 avril 1918. A la mémoire de l'abbé Rosaire Crochetière ( 1 ) C'est rame remplie à la fois d'un regret sincère et d'une espérance réconfortante, que l'Aima Mater veut honorer la mémoire d'un de ses plus nobles fils, par l'expression vive et sympathique d'une profonde admiration.

C'est uniquement pour obéir au désir de son évêque et par amour des âmes que l'abbé Crochetière est allé sur les champs de bataille. Avant de partir, il avait offert à Dieu le sacrifice de sa vie pour le bien de ces âmes et de la patrie canadienne. Son sacrifice a été accepté, trop tôt, selon la sagesse humaine. Car le passé de ce jeune prêtre était pour l'avenir le gage d'un ministère des plus féconds.

(1) Extrait de l'annuaire du séminaire de Nicolet.

Mais qui dira la valeur du sacrifice d'une vie devant Dieu !

Il est mort victime du devoir et du dévouement, après avoir passé une nuit entière à assister les mourants. Il était 6.33 heures du matin ; il devait offrir bientôt le Saint Sacrifice de la Messe. Ce jour-là, il fut lui-même la victime offerte sur Tautel de son amour pour Dieu et pour ses chers gars. On Ta trouvé à genoux, blessé mortellement au cœur, à Tépaule et à la cuisse. Il avait le sourire aux lèvres et paraissait très heureux. Il est mort en consolant un blessé.

Une lettre, écrite par le sergent Boiteau, de Québec, le jour même de sa mort, nous dit éloquemment quel fut son apostolat parmi les soldats de son bataillon. Nous en citons une partie : ■' Chers parents, vous ne saurez croire comme tous les officiers, sous-officiers et soldats déplorent une si grande perte, car c'était un saint homme et son dévouement pour nous était illimité. Il nous appelait ses amis, nous traitait en frères et nous rendait, en autant qu'il était en son pouvoir, la vie de soldat, qu'il appelait une vie misérable, aussi douce que possible. Principalement moi, chers parents, sa mort m'affecte beaucoup, car il était mon seul et vrai ami au bataillon ; et comme il me comprenait bien et savait me consoler ! Pauvre Père, je lui dois beaucoup pour le bien qu'il m'a fait et les services rendus.

" Aussi, veuillez, avec mon argent, lui faire chantci une grand'messe et préparer, si possible, un bouquet spirituel. De mon côté, ici, son pieux souvenir ne me quittera jamais et je continuerai de lui parler tout comme s'il

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vivait, car, pour moi personnellement il n'est pas mort : il vivra toujours dans ma pensée '\

Le capitaine aumônier qui a su provoquer une telle expression de regret et de reconnaissance, et elle n'est pas la seule, doit avoir aujourd'hui une belle récompense dans le ciel. Aussi, les cœurs que peuvent émouvoir les grands dévouements et les généreux renoncements, l'admirent et lui gardent, dans leur souvenir, une reconnaissance impérissable.

SERVICE SOLENNEL A LA MEMOIRE DE L'ABBE RO SAIRE CROCHETÎERE, AUMONIER MILITAIRE, TOM- BE AU CHAMP D'HONNEUR, EN FRANCE.

Un service des plus solennels a été chanté, ce matin, 18 avril 1918, à la cathédrale, pour le repos de Tâme de feu Rosaire Crochctière, de glorieuse et regrettée mémoire.

Jamais, depuis les funérailles de Sa Grandeur Mgr Elphège Gravel, premier évêque du diocèse, on n'avait vu, dans ce vaste et superbe temple, une foule aussi considérable ; et plus de cent prêtres, venus de toutes les parties du diocèse et des diocèses voisins, assistaient au chœur.

Les Cadets du Séminaire — " La Garde de Salabery " — dont le défunt a été autrefois le commandant, montaient la garde d'honneur autour du catafalque et présentèrent les armes à l'élévation.

Sa Grandeur Mgr J.-S.-H. Brunault, évêque du dio-

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cèse, a officié pontificalement et des messes basses de requiem ont été dites durant le service, aux 6 chapelles latérales, par des confrères de classe du défunt.

Les élèves du Séminaire et leurs professeurs, les RR. SS. de TAssomption et leur Communauté, les RR. SS. de THôtel-Dieu et leurs orphelins ainsi que les RR. FF. des Ecoles Chrétiennes et leurs élèves, assistaient à la cérémonie.

Les choeurs de chant de la Cathédrale, du Séminaire et de TAcadémie Commerciale, composés de plus de 200 voix, exécutèrent, sous la direction du notaire Henri-R. Dufresne, la superbe messe requiert de F. Boissière, ainsi que le " Dies Irae " et le " Libéra ", de Lavallée- Smith. A rOf fertoire, le '' Domine Jesu ", de A. Duval, a été rendu avec le plus grand effet.

L'orgue était tenu par M. Edouard de Châtillon.

M. l'abbé Alcide Pellerin, professeur de Philosophie morale au Séminaire, dans un panég}Tique de haute envolée littéraire, qui a profondément impressionné Tassistance, a prononcé l'éloge funèbre de ce vaillant prêtre, mort si glorieusement au champ d'honneur pour la patrie et victime de son devoir, de son zèle et de son affection pour ses chers soldats.

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