EDOUARD RICHARD, AVOCAT
Edouard Richard était le fils de Thonorable Louis Richard, conseiller législatif pour la division de Kennebec, et de Hermine Prince.
Dans une lettre adressée à M. Placide Gaudet, d'Ottawa, en date du 18 avril 1896, Edouard Richard raconte sa vie de 1848 à 1896 :
" Je suis né à Stanfold, le 14 mars 1844.
Je fis mon cours classique au Collège de Nicolet et mon cours de droit à Laval pour deux ans, et à McGill pour une année.
Après mon cours, je fis un séjour de huit mois à Paris (1867), après quoi je vins me fixer à Arthabaskaville.
Trois mois plus tard, l'excès d'étude donna lieu à une congestion célébrale, bientôt suivie par la dyspepsie, la maladie du foie, etc., etc.
J'avais tout lieu d'espérer une belle carrière, elle fut brisée du coup, car pendant vingt-trois ans il me fut impossible de lire un seul volume. C'est à peine si je pouvais lire cinq minutes à la fois, et toujours avec beaucoup de fatigue.
Tout de même, en avril 1868, je fus reçu avocat, et entrai peu de temps après en société avec M. Laurier, qui pratiquait à Arthabaskaville depuis environ un an, en société avec M. Eugène Crépeau.
De fait, la société ne fut jamais que nominale.
Ma maladie étant alors toute récente, nous espérions
qu'avec quelques mois de repos rien n'y paraîtrait, et alors la société deviendrait réelle. Il n'en fut rien ; tout de même, je restai nominalement son associé durant sept ans.
M. Laurier n'ayant pas d'enfants resta pendant dix ans en pension avec moi chez un de mes oncles, le Dr Poisson.
En 1872, malgré mon défaut de santé, je fus élu pour le comté voisin (Mégantic). De nouveau en 1874, et refusai une élection par acclamation en 1878.
L'économie politique était ma meilleure spécialité et avec l'amour du travail qui me possédait, j'aurais pu espérer une belle carrière dans la politique.
La persistance de la maladie me fit voir que je n'avais rien à espérer de ce côté et je partis pour Winnipeg en
Je fus nommé peu de temps après shérif des Territoires et allai résider à Battleford.
En 1881 Régina devint la capitale du Nord-Ouest,» mais comme il fallait attendre l'arrivée du chemin de fer pour se procurer les matériaux de construction, j'obtins de demeurer à Winnipeg en attendant.
Pour occuper mon temps, je me livrai à la spéculation ^. de terrains. Mes succès furent tels que neuf mois après je -.valais environ $250,000.
Sur ces entrefaites je tombai gravement malade et 5-Testai alité pendant quatre ans.
La santé ou plutôt un peu de santé me revint, mais alors j'étais financièrement ruiné, sans position et incapable de tenir bureau.
LES BOIvS-FRANCS 305
En 1891 ma santé devint meiileure. Je m'empressai de lire Rameau, Casgrain, Parkman, Le Canada-Français. Ces lectures firent sur moi une impression profonde, si profonde que dès lors je songeai à écrire quelque chose. Je ne croyais pas qu'il me fût possible de rien ajouter aux travaux de Rameau et de Casgrain. D'ailleurs ma santé était encore un obstacle sérieux et je n'avais pas les Ressources nécessaires pour consacrer deux ou trois années en recherches à Londres, Halifax, Boston et ailleurs.
J'étais convaincu que Parkman avait faussé l'histoire et je brillais du désir de mettre sous les yeux du peuple anglais et américain le fruit des travaux de Rameau et de Casgrain et en même temps les pichonneries de Parkman. Je songeai bien à écrire dans les Revues américaines, mais je ne croyais pas être assez maître de l'anglais pour cela.
J'en étais là de mes décisions, quand un article de l'historien Stevens Pierce Hamilton, publié dans le Week de Toronto, me fit prendre la plume pour lui répondre. (Voir note page 179, Vol., 1 Acadie), (Version anglaise, fet note 10, Vol. 1, page 280, version française).
J'écrivis d'abord en anglais, mais comme ma plume glissait trop lentement, je continuai en français. Les pages s'ajoutaient aux pages et bientôt je vis clairement que j'avais trop de matière pour un article ou même pour une série d'articles.
A tout instant j'étais arrêté par le besoin de références. Il fallait voir et lire Murdoch, Hannay, le volume des Archives, Smith, etc., etc. Où prendre cela ? J'écrivais à Halifax. Impossible de me procurer là le volume des
Archives (compilé par Akins). Je le trouvai enfin à la (bibliothèque du Parlement de Manitoba. Je trouvai aussi ^adresse de Smith et j'achetai de lui son ouvrage.
Enfin je parvins à me procurer à peu près l'essentiel à Québec et à Ottawa, où j'allai dans ce but.
Arrivé à ce point, je comptais tout renfermer dans une brochure de deux cents pages que je traduirais moimême ou que je ferais traduire. Bientôt cependant les deux cents pages furent dépassées, avec le résultat final que vous connaissez.
Mettant de côté les trois mois de mon voyage à Québec, la première ébauche, y compris la refonte complète du premier volume, n'a occupé que quinze mois de mon temps, mais j'ai dû donner une année additionnelle à la correction des détails.
La traduction était pour moi un obstacle formidable. 11 est si difficile de trouver un bon traducteur ! Et sans une excellente traduction je ne pouvais espérer aucun succès. Heureusement cette difficulté a été résolue à ma plus entière satisfaction.
Le Père Drummond, professeur au collège des Jésuites de St-Boniface, à qui je lus une partie de mon manuscrit, s'offrit à traduire l'ouvrage. Je ne pouvais mieux tomber : ce monsieur, dont la mère était canadienne-française, possède à fond les deux langues, et il jest en même temps un des hommes les plus érudits et un •des meilleurs littérateurs de l'Amérique. Sa bête noire était Parkman et, dans les conférences publiques qu'il donnait de temps à autres à Montréal, à Winnipeg, et aux
Etats-Unis, il ne manquait jamais de lui décocher ses traits les plus acérés.
Il s'est tellement identifié avec mon ouvrage, il y porta un tel intérêt, que nous en parlions toujours entre nous comme notre ouvrage. Cependant, la traduction est tout à fait littérale ; il ne s'est permis aucun changement, aucune addition si ce n'est l'alinéa au bas de la page 170, Vol. Il, (édition américaine). Craignant que sa qualité de Jésuite pût soulever les préjugés de mes lecteurs, il a préféré garder l'incognito comme traducteur ".
Edouard Richard composa son ouvrage sur l'Acadie en français et la publia en anglais. Son cousin l'abbé Henri d'Arles vient d'en publier une édition française fort remarquable.
" Acadia ", par Edouard Richard, est un factum logique et serré contre Parkman, Harvey et quelques autres historiens qui avaient tenté d'attribuer à la mauvaise conduite des Acadiens leur persécution par le gouverneur Lawrence.
Descendant lui-même des persécutés de 1755, M. Richard a consacré plusieurs années de sa vie à étudier cette brûlante question afin de rétablir les faits et de bien placer leurs responsabilités.
Dans un style vigoureux et catégorique, l'auteur a dévoilé les fraudes des écrivains peu scrupuleux ou mal renseignés et a flagellé justement la canaille qui a dévasté les hameaux français de la baie Sainte-Marie.
Ce livre est un monument impérissable à la mémoire de M. Richard.
En 1897, Edouard Richard fut nommé, par le cabinet fédéral, archiviste canadien auprès du gouvernement français.
Il demeura à Paris jusqu'en 1903.
Pendant son séjour à Paris, Edouard Richard fit une révision très élaborée de nos archives. Il compila un grand nombre de documents et en fit deux volumes, qui sont une mine des plus précieuses pour l'histoire du Canada, sous l'ancien régime.
Ekiouard Richard était un homme de caractère affable et sympathique. C'était un penseur, un philosophe et une intelligence supérieure. Sa santé n'a pas toujours été très bonne, ce qui avait beaucoup attristé son état d'âme.
En décembre 1901, il écrivait de Paris à l'un de ses amis de Montréal : '' d'ailleurs, ma vie est toujours la même, triste et monotone ; je vis dans cette belle et charmante ville que vous aimez comme si j'habitais dans les déserts du Nord-Ouest. Il les aimait ces déserts avec leur grande nature et leur vivifiant climat. Il fallait à cet esprit d'élite de l'espace pour satisfaire ses penchants de philosophe. Et c'est peut-être avec un pressentiment de sa fin, qu'il s'y est rendu, un an avant sa mort.
Edouard Richard était docteur ès-lettres de l'Université Laval et membre de la Société Royale du Canada. Il mourut à Battleford. Saskatchewan, en mars 1904.
LTIONORABLE JUGE MARC-AURELE PLAMONDON
Monsieur Arthur Cannon nous a fait connaître Plamondon comme orateur. Une esquisse biographique, due à la plume du poète Louis Fréchette, va nous dire ce qu*il était comme avocat et écrivain.
'' Marc-Aurèle Plamondon, dont Téloquence et Tesprit sont restés légendaires dans les tribunaux criminels de Québec, vient de laisser tomber son manteau d'hermine sur les épaules de François-Xavier Lemieux, son gendre, son rival dans les luttes du '' forum " et l'héritier de sa réputation dans les annales de nos cours d'assises.
L'un descend du banc judiciaire d'Arthabaska, pour y laisser monter l'autre ; et, bien qu'une différence d'âge de vingt-cinq années au moins eût dû les séparer sur le chemin de la vie, leur carrière finira, comme elle s'est déroulée depuis trente ans passés, à la manière d'un chaînon de même aloi, de même métal, de même forme et de même puissance.
Rien de touchant et de charmant comme cette alliance dans le talent, dans la parenté, dans la destinée et dans l'affection.
J'eus cette bonne fortune d'être jeté entre les deux : entre les deux par l'âge, par les circonstances de la vie, — ce dont je ne saurais trop me féliciter, tenant à l'un et à l'autre par les liens d'une amitié qui ne s'est jamais démentie.
Leur intelligence si vive et si primesautière, leur tempérament tout de vaillance et d'activité, l'exubé-
rance de leur nature pleine de fougue, tout cela me captivait singulièrement. J'ajouterai que nulle poignée de main plus loyale et plus chaleureuse que la leur ne m'a remué rame, et que les plus francs éclats de rire peut-être qui se soient échappés de mes lèvres, je les dois à leur spirituelle et intarissable gaieté.
Qu'on me laisse feuilleter un peu les pages des vieux souvenirs !
J'ai connu Marc-Aurèle Plamondon, en sortant du collège, le jour où j'allai subir mon examen pour l'étude du droit ; il était l'un des examinateurs devant lesquels il me fallait exhiber mon léger bagage de connaissances scientifiques et littéraires.
Mon nom ne lui était pas tout à fait inconnu ; j'avais déjà publié quelques bluettes poétiques dans les journaux, et, en fidèle amateur des lettres qu'il a toujours été, il avait, par hasard, honoré de quelque attention mes humbles efforts de collégien en rupture de consigne.
Quand il eût entendu prononcer mon nom :
— Pour la forme ! dit-il à ses collègues, avec cet air d'autorité jovial et bon enfant que je retrouve encore sur sa sympathique figtire,où l'âge a mis son auréole argenté ; je réponds de celui-là !
C'était la première fois que je me trouvais en présence de Plamondon, mais il était à l'apogée de la gloire, comme avocat, et comme orateur populaire ; nul autre — si ce n'est peut-être son grand ami Fournier — ne commandait autant de prestige dans le district de Québec ; un tel certificat de sa part me valait plus qu'une médaille, et cette bonne parole me conquit pour la vie.
Je fis mes études légales sous la direction de Thonorable Frs Lemieux, député de Lévis, l'oncle du nouveau juge. Presque tous les soirs, les chefs libéraux se réunissaient dans son salon de célibataire. Plamondon y était Tun des plus assidus ; et, je ne sais trop comment cela se fit — une conséquence sans doute de son extrême affabilité, envers tous les jeunes gens qui faisaient preuve d'un certain talent, quelques semaines après notre première rencontre nous étions à " tu " et à " toi ", comme de vieux camarades.
Plamondon — tout le monde ne le sait peut-être pas — était un écrivain de race. S'il se fût livré aux lettres, jpersonne n'eût été son supérieur dans le pays.
Les quelques odes patriotiques que lui inspirèrent les premières célébrations de la St-Jean-Baptiste à Québec, et que nous a transmises le " Répertoire National " de Huston, sont là pour attester son puissant tempérament poétique. Ce ne sont encore, il est vrai, que des coups d'ailes, mais ce sont des coups d'ailes d'une envergure superbe et du plus vivant lyrisme.
Au Barreau était-il un grand avocat dans l'acception la plus complète du mot ? Je ne sais — il tenait toujours d'autres fers au feu — ^mais c'était certainement un grand criminaliste.
En a-t-il rendu des chenapans à la société !
En revanche, il a sauvé bien des innocents que les circonstances, les préjugés ou les haines poussent vers le bagne ou l'échafaud. J'en sais qu'il a arraché au bourreau pour ainsi dire par les cheveux, malgré la preuve, malgré les juges et j'oserais dire — dans une circonstance au moins — malgré le jury.
Je Tai entendu plaider plusieurs causes capitales — il a eu entre les mains la vie de vingt-et-un malheureux prévenus de meurtre, au premier chef — et ceux qui Tont vu à Tœuvre le disent, comme moi — il était irrésistible.
ï D*un côté, s'il faisait pleurer les jurés, il faisait bien l'ire les juges quelquefois ; et quand les juges riaient — les ^uges toujours si sévères d'ordinaire — il ne faut pas se demander si la galerie se tordait.
Plamondon plaidait souvent à la Cour de Circuit. Si tôt qu'il entamait une cause, n'importe laquelle, chacun se tenait les côtés. Oh ! les pauvres témoins récalcitrants !. . .
Il n'était jamais blessant ni discourtois, cependant ; kon sarcasme badin n'allait pas jusqu'à la causticité mafligne, et s'alliait chez lui à une bienveillance de cœur trop profonde pour qu'il piàt faire de la peine à quelqu'un volontairement.
Son cœur, parlons-en.
Plamondon n'a jamais été riche — on pourrait même dire : au contraire, — et bien, je ne crois pas qu'il ait existé dans tout Québec un homme qui ait mis plus souvent que lui la main dans sa poche pour aider un confrère dans le besoin, ou un ami décavé, ou un jeune homme sans fortune. Et puis, quelle bonne et large hospitalité chez lui !
Et dans sa famille, au foyer domestique, quel père î (luel mari !
On respirait là comme une atmosphère d'affection débordante, de cordiale sincérité.
Marc-Aurèle Plamondon s'était marié jeune. Il avait rencontré une femme belle, spirituelle et douce, qui fut
une épouse incomparable et une mère sublime, une de ces femmes d'élite qui font plus que le bonheur d'une famille, qui font l'honneur d'un pays. Tous deux s'aimèrent comme deux cœurs de vingt ans, jusqu'au jour, encore récent, 011 la plus cruelle des épreuves est venue les séparer, après un demi siècle de félicité sur laquelle le plus léger nuage n'avait pas jeté l'ombre d'une ombre. La maison de Plamondon avait été jusque-là patriarcale, l'intérieur d'un sage, d'un citoyen modèle, d'un travailleur consciencieux et d'un homme heureux.
Hélas ! le foyer était devenu désert pour lui. Il dit à sa fille, Mme Lemieux : '' Je suis vieux, je suis seul, que ton mari devienne le chef de la famille, et je coulerai les jours qui me restent à vivre entre l'amour de mes petitsenfants et le souvenir de celle qui me les a donnés ".
NOTES NECROLOGIQUES
L'honorable Marc-Aurèle Plamondon est mort à midi, le 4 août 1900.
Cette nouvelle, attendue depuis quelque temps déjà, a causé dans notre village d'Arthabaska une profonde tristesse.
Vingt-cinq ans nous l'avaient fait apprécier et aimer !
Son grand cœur, son esprit et sa charité, qui ne connaissait pas de bornes, font que sa perte est vivement ressentie par toutes les classes de la société. C'est l'une des plus intéressantes figures de la vieille génération qui s'en va.
Marc-Auèle Plamondon fut une personnalité remar-
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quable par son beau talent, par son intelligence élevée, par sa carrière laborieuse comme avocat, comme politicien, comme magistrat. Au barreau, il eut des succès retentissants, dans la politique et dans la presse il soutint d'ardents icombats, dans la magistrature il déploya un grand savoir ^et fut la probité même.
C'était un vieux de l'ancienne garde, un de l'élite ; dans la région de Québec, où s'exerça jadis son influence, son nom était universellement aimé et respecté. A Montréal, il était aussi très apprécié.
Marc-Aurèle Plamondon fut un homme à convictions profondes ; il fit les luttes à cette époque lointaine oii l'on apportait dans la mêlée tant de sincérité, tant d'ardeur et tant de patriotiques aspirations, où l'on se battait pour les doctrines, pour les grandes réformes. C'était un libéral dans toute la force du mot.
Après une vie de dur labeur, il avait pris sa retraite et vivait retiré, entouré des vieux souvenirs de sa vie militante — souvenirs qu'il aimait tant à rappeler aux jeunes surtout — et de ses nombreux amis dont il a possédé l'estime jusqu'à la mort.
Sur la tombe de cet intègre et savant magistrat, de cet ancien chef du vieux parti libéral, de cet ami, nous déposons l'hommage de nos plus vives sympathies.
Que sa famille veuille bien accepter toutes nos condoléances.
L'honorable Marc-Aurèle Plamondon était le fils de feu Pierre Plamondon et de Aimée Mondion, sa femme, tous deux de la cité de Québec. Il est né à Québec, le 16
octobre 1823, a reçu son éducation au Séminaire de Québec et fut admis au Barreau en 1846. Il pratiqua dans sa ville natale et durant plusieurs années fut le seul Canadienfrançais retenu dans les causes criminelles importantes du district. Il a été longtemps un des chefs du parti libéral dans sa section du pays et fit beaucoup dans l'intérêt de son parti, non-seulement comme organisateur et orateur, mais aussi comme écrivain dans la presse. En 1842, il publia r Artisan, journal politique. L'année suivante, il fonda le Ménestrel, revue littéraire et musicale hebdomadaire, et plus tard, le Courrier Commercial. Il fut aussi, en 1855, l'un des fondateurs du National, un organe important du parti de la Réforme., dans la province du Bas-Canada. Par deux fois, il a brigué sans succès les honneurs parlementaires dans la Cité de Québec. En 1848, il fonda rinstitut Canadien de Québec, dont il fut le premier président.
Il fut élevé au banc judiciaire comme juge puîné de la Cour Supérieure de la province de Québec, par lord Dufferin, le 9 septembre 1874. Il a pris sa retraite avec une pension en novembre 1897.
Le cinquantième anniversaire de son admission au barreau a été célébré par les membres de la profession légale à Québec, en 1896. En 1859, il épousa Mlle Mathilde TEcuyer, de Québec. Madame Plamondon mourut en 1897.
Les funérailles du regretté juge ont eu lieu mardi, 7 août, à Arthabaska.
Nombreuse était la foule des citoyens qui ont accompagné à sa demeure dernière celui dont nous pleurons tous la mort.
3l6 LES BOIS-FRANCS
II était dix heures quand le cortège funèbre se mit en marche vers Téglise.
Les petits-enfants du défunt précédaient le corbillard portant des couronnes de fleurs.
Le deuil était conduit par MM. Marc-Aurèle et Raoul Plamondon, fils du défunt ; Thon, juge F.-X. Lemieux, MM. P.-H. Côté, C. R., A. Gagnon, A. Quesnel, ses gendres ; F.-X. Lemieux et Aurèle Lemieux, petits-fils.
Sir Wilfrid Laurier, les honorables juges Bourgeois, Lavergne, Choquette, M. M. Louis Lavergne, M. P. et T. jCôté, notaire, portaient les coins du poêle.
Au chœur, il y avait un nombreux clergé : MM. les abbés F.-X. Lessard, curé de St-Christophe ; Mailhot, de
St-Paul de Chester ; Désaulniers, de Stanf old ; Buisson. de St-Norbert ; Tessier, de Victoriaville ; Edge, chapelain, de Victoriaville ; Bourbeau, ExcL, Victoriaville ; Provancher, vicaire de St-Christophe ; Lahaye et Boisvert, chapelains ; A. Leblanc, Arthabaskaville ; le Rvd Frère Julius, directeur du collège, etc.
Le Rvd M. Tessier a fait la levée du corps, et le Rvd M. Buisson a célébré le service divin, assisté des Rvds Lahaye et Provancher, comme diacre et sous-diacre.
Sous la direction de notre excellent organiste, M. Roméo Poisson, un chœur puissant a donné une belle messe harmonisée.
A l'offertoire, M. N. Laliberté a chanté le cantique suivant, spécialement composé pour la circonstance par notre poète, M. J.-A. Poisson :
Il n'est plus I il n'est plus I Dans sa tombe il repose, Son œil éteint tourné vers la splendeur des cieux. Aux Hymnes d'ici-bas sa lèvre déjà close Murmure de Sion les cantiques joyeux.
Il n'est plus ! Parmi nous la mort a fait un vide. En vain nous accourons auprès de son cercueil Disputer au trépas sa dépouille livide ; Des parvis éternels il entrevoit le seuil.
Pourquoi nous affliger ? Pourquoi cette tristesse ? Celui que nous pleurons, amis, ne voudrait pas Echanger de Sion l'éternelle allégresse Pour la joie éphémère et les maux d'ici-bas.
Nous, ses amis, sur sa poussière Que l'amitié couvre de fleurs.
Jetons une ardente prière.
Avec nos regrets et nos pleurs.
La musique est l'œuvre de M. Roméo Poisson.
A rEIévation, MM. J.-A. Poisson et Roméo Poisson ont rendu un O Salutaris.
C'est le Rvd M. Maguire, curé de Sillery, Québec, qui a prononcé Tabsoute.
La dépouille mortelle a été déposée dans le terrain de la famille Plamondon, où reposera à jamais le grand cœur, l'homme d'esprit, le citoyen honnête et charitable qu'était Marc-Aurèle Plamondon, à l'ombre de ce beau mausolée élevé par le défunt lui-même à la mémoire de sa digne compagne qu'il n'a cessé de pleurer jusqu'à la dernière heure de sa vie.
3l8 JLES BOIS-FRANCS