‹ Les Bois-Francs (volume 4)Chapitre 87 sur 145 · LOUIS-EDOUARD PACAUD, PREMIER AVOCAT DES BOIS-FRANCS · texte numérisé non relu

LOUIS-EDOUARD PACAUD, PREMIER AVOCAT DES BOIS-FRANCS

Voici un résumé de cette conférence.

"M. Edouard Pacaud fut le premier avocat de cette partie de la province de Québec qu'on appelle '' Les Bois- Francs ".

Comme avocat, c'était un travailleur, un consciencieux disciple de Thémis. Lorsqu'il avait pris en mains la cause d'un client, il la défendait envers et contre tous, allant jusqu'à soutenir, souvent avec succès, des théories assez hasardeuses. C'était un brillant orateur.

Comme citoyen, c'était un patriote et un homme de

cœur. On ne connaissait pas de limites à sa générosité et à son esprit d'hospitalité. Sa résidence, tous les soirs, était le rendez-vous de Télite de la société d'Arthabaska. On se réunissait chez lui pour jouir du charme de sa conversation et de ses causeries toujours spirituelles.

Comme politicien, c'était un orateur de haute volée, de grande envergure. Il a été deux fois candidat pour la législature. Il était battu la première fois par une majorité de v30 voix, et la deuxième fois il avait à lutter contre un adversaire qui était Tun de ses amis politiques, C. Télesphore Fournier. Cette lutte pour ainsi dire fratricide avait malheureusement pour résultat la division des amis du parti libéral, et par conséquent l'élection de leur commun adversaire.

Appelé au conseil législatif en 1888, il ne put faire qu'une session, et conséquemment ne put donner la mesure de ses capacités exceptionnelles, de ses rares dispositions naturelles, à cause de la funeste maladie qui le minait déjà et qui finit par le conduire au tombeau.

Si Edouard Pacaud eût été appelé au conseil législatif une dizaine d'années plus tôt, c'est-à-dire à l'époque oii il était dans toute sa vigueur, la ville de Québec se serait précipitée dans les salles d'ordinaire si tranquilles, si calmes, si paisibles du conseil législatif, pour aller l'entendre.

C'était un esprit jovial, un gai compagnon, et cette jovialité, cette gaieté naturelle ne l'ont pas quitté un seul

instant.

Pendant qu'il était cloué sur son lit par la maladie

douloureuse qui a fini par lui être fatale, j'allai le voir bien souvent.

Un jour, il me tend la main en me disant : '' Mon cher Laurier, je ne pourrai plus m'occuper de chasse et de pêche ".

Il plaidait un jour dans une cause contre la corporation du comté d'Arthabaska. Il soutenait que la corporation était responsable des actes de son secrétaire-trésorier.

A Tappui de ses prétentions il donna un argument d'une originalité assez piquante. Le voici:

" Notre-Seigneur, dit-il, étant interrogé un jour par les Pharisiens, prit une pièce de monnaie et, leur montrant Teffigie de César, leur dit : '' Remettez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu ". " Prenez ce document-ci, dit-il, n'y voyez-vous pas le sceau de la corporation du comté d'Arthabaska ? Cela signifie que vous devez rendre à la corporation du comté d'Arthabaska ce qui appartient à la corporation du comté d'Arthabaska ".

L'honorable Edouard Pacaud fut un bienfaiteur insigne de l'église de St-Christophe. Il lui fit don du maître autel.

L'honorable Edouard-Louis Pacaud était né à Batiscan, le 19 janvier 1815. Il était le fils de Joseph Pacaud, négociant, et de Angélique Braun. Il décéda à Arthabaska le 28 novembre 1889. Il avait été nommé conseiller législatif pour la division de Kennebec, en 1888.

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