M. LE SHERIF JOSEPH-AUGUSTE QUESNEL
JOSEPH-AUGUSTE QUESNEL^ premier shérif du district d'Arthabaska, naquit à St-Jean d'Iberville, le 24 mai 1829. Le 25 mai 1850, il épousa, à Bécancour, sa cousine, Marie-Mélanie Quesnel, décédée à Arthabaska, le 26 mai 1879. Après son mariage, M. Quesnel s'établit d'abord à Stanfold, puis à Warwick et à Arthabaska.
En 1858, il fut nommé shérif, charge qu'il occupa jusqu'en 1887. D'une intelligence remarquable, sans autre professeur que celle qu'il avait choisie pour compagne, il se fit une instruction solide. Il prit une part active et prépondérante à toutes les luttes politiques dont le comté d' Arthabaska a été le théâtre à cette époque. Il parut fréquemment sur les hustings, où sa parole ardente souleva plus d'un orage.
Devenu possesseur d'une fortune considérable, il fut généreux et charitable et prodigua largement son argent en bonnes œuvres. C'est certainement à lui que revient l'honneur et le mérite de la pensée d'avoir à Arthabaska un Hôtel-Dieu tenu par les Hospitatlières de St-Joseph de Montréal. C'est sous son toît qu'elles reçurent l'hospitalité.
De 1884 à Tautomne 1885, les Sœurs logèrent dans la maison occupée par M. Auguste Quesnel.
A l'automne de 188S, elles entrèrent dans la maison même du shérif Quesnel.
Cette maison avait été construite vers 1848, par M. F. -Xavier Beaudet. En 1858, M. Quesnel Tacheta, la fit éloigner du chemin et lambrisser en briques. Les Sœurs Toccupèrent jusqu'à leur entrée dans le véritable Hôtel- Dieu, ce qui eut lieu dans le cours de 1886.
Par un décret en date du 22 août 1884, Mgr Laflèche, évêque des Trois-Rivières, avait érigé canoniquement THôtel-Dieu d'Arthabaska.
La première supérieure fut la très révérende Mère Page, de 1884 à 1890.
Ici, comme en maints endroits, les opinions sont partagées au sujet du titre de fondateur de cette maison. Les uns proclament M. Quesnel le fondateur, d'autres sont pour la négative.
Par une étude attentive des pièces justificatives, on parviendra sans doute, à faire la lumière sur ce point assez important de l'histoire de l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska.
M. Quesnel vécut à Arthabaska jusqu'au 15 septembre 1889, jour oii il partit pour l'Hôtel-Dieu de Montréal.
Depuis quelques années, les déboires, les malheurs ne l'avaient pas épargné.
Bien que le sentiment religieux lui fît supporter avec calme les épreuves que Dieu lui envoyait, sa constitution était vraiment ébranlée. Si l'ardeur de ses convictions et
rextreme franchise de son caractère ont pu lui susciter quelques inimitiés, son cœur généreux, par contre, lui attira des amis qui lui sont restés fidèles et qui savent ce qu'il a souffert. Encore fut-il, avec eux, d'une discrétion admirable et montra-t-il une résignation qu'il n'a puisée que dans sa foi sincère et robuste.
^ Quelques jours après son arrivée à Montréal, M. Auguste Quesnel rendait son âme à Dieu, le i5 septembre - t i889.
Sa dépouille mortelle fut transportée à Arthabaska et inhumée dans l'église paroissiale, le 30 septembre, près des cendres de son épouse.
M. Quesnel était allié aux familles Cherrier et Coursol, de Montréal.
EUGENE CREPEAU, AVOCAT, C. R.
M. Crépeau naquit à la Baie du Fèbvre, le 19 février 1843. Après un brillant cours d'études au séminaire de Nicolet, il suivit son cours de droit et fut admis membre du barreau en 1867. Il vint dès les débuts de sa carrière pratiquer sa profession à Arthabaska, et quelques années plus tard il s'était fait une cliente enviable dans le dis trict.
Il fut le premier associé de Sir Wilfrid Laurier. En 1868, il épousait Mademoiselle Zélia Larivière, fille de M. François Larivière, marchand, dq St-Norbert d' Arthabaska, qu'il eut le malheur de perdre, le 22 mai 1899. Le
17 janvier 1905, il épousait mademoiselle Antoinette, troisième fille âe M. Auguste Côté, ancien propriétaire du " Journal " de Québec.
Nommé conseil du roi en 1880, il était appelé à faire partie du conseil de l'Instruction Publique en 1885, sur la demande du regretté évêque de Nicolet, Monseigneur Gravel, qui voyait en lui un précieux auxiliaire pour l'œuvre que le conseil poursuivait. M. Crépeau eut de son premier mariage douze enfants, dont deux seulement lui survivent : Louis-Philippe, qui pratiqua pendant quatorze ans avec son père et exerce maintenant sa profession à Montréal, et Demoiselle Béatrice, qui épousa, en 1907, M. Henri Jodoin, avocat, à Montréal.
M. Crépeau fut un des avocats les plus brillants du Barreau d'Arthabaska et l'un de ses citoyens les plus distingués. Il mourut le 22 juin 1908. Sa dépouille mortelle repose dans le cimetière de St-Christophe.