‹ Les Bois-Francs (volume 4)Chapitre 94 sur 145 · L.-O. PEPIN · texte numérisé non relu

L.-O. PEPIN

ancien marchand, à Arthabaska.

Né à Gentilly, le 9 novembre 1840. Décédé à Arthabaska, le 20 juin 1901.

Du nombre de ses enfants, mentionnons, le Rév. P. Eug. Pépin, O. M. L, d'Ottawa qui lui donna une dernière bénédiction.

M. Pépin, dont nous avons à retracer en quelques

mots la carrière, est né à Gentilly, le neuf novembre 1840, d'une brave famille de cultivateurs. Il passa quelques années au séminaire de Nicolet, où il fit ses éléments avec succès, mais il montra bientôt une préférence marquée pour le commerce, et renonçait peu après à ses classes pour se livrer entièrement à la vocation où il devait si bien réussir.

A VkgQ de vingt ans, il était commis chez M. Solman, marchand de ce village, et six ans plus tard, il avait son comptoir à lui, acquis avec le fruit de ses épargnes, de ses économies. Ce petit pécule fut le noyau de la belle fortune jque notre ami sut se créer par son amour du travail, son (génie des affaires et son esprit d'économie.

Une fois à son compte, il marcha de succès en succès. Son seul appui fut le public dont il sut conquérir les sympathies et le plus libéral encouragement. Son caractère franc

et loyal, de même que sa conduite et son intégrité en affaires, unies à sa grande bonté d'âme, lui gagnaient l'estime et la confiance de tous ceux qui transigeaient avec lui et qui ne pouvaient que continuer à lui accorder un patronage si bien mérité.

Disons de suite qu'il fut bien secondé dans ses entreprises par la femme distinguée et pleine de courage qu'il s'était associée en septembre 1868, et qui lui survit.

Dé son mariage avec Mademoiselle Louise McArthur,

naquirent treize enfants, dont deux seulement ont été enlevés à la famille, privilégiée sous tous les rapports, et qui fait aujourd'hui Thonneur de notre société.

\ Notre regretté ami était un catholique sincère et pratiquant. Il était surtout un homme juste que rien ne faisait dévier. A ce titre et à tant d'autres, il possédait toute la confiance de ses concitoyens. Par deux fois, il fut choisi à la candidature parlementaire, mais toujours crut devoir décliner Thonneur, ne se sentant aucun attrait pour la vie politique.

Cependant, la confiance populaire sut Thonorer d'une autre manière en le choisissant à plusieurs reprises comme préfet du comté, maire du village et conseiller municipal. Il fut aussi longtemps président des écoles. Dans toutes ces charges, avec un grand tact et comme tous les esprits pacifiques, il avait le don de concilier les divers intérêts, de satisfaire son monde, d'arranger les choses, d'éviter les contestations, en un mot de faire son devoir, sans froisser personne.

Maintenant il n'est plus, mais sa mémoire restera vivace dans l'esprit de notre population. Sa mémoire ne périra pas, car le Seigneur l'a promis : In memoria aeterna erit justus.

Nous offrons à la famille éplorée, dans le malheur incommensurable qui vient de l'atteindre, nos plus sincères et vives sympathies, et l'assurons que tous pleurent avec elle, que tous partagent son deuil profond et regrettent le bon père de famille, le brave et intègre citoyen, l'ami fidèle

que la Providence, dans ses décrets impénétrables, nous a trop tôt enlevé !

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